Dans une publication, le journaliste Martin Camus Mimb revient sur les déboires de l’artiste liés à son engagement politique et qui lui a valu des représailles.
« N’y va pas pour chanter. Vas-y pour leur dire que simplement parce que tu étais allé au tribunal soutenir Pius Njawé et Célestin Monga, arrêtés pour avoir publié dans le N• 209 du 27 décembre 1990 une lettre ouverte au Chef de l’État intitulée « La démocratie truquée », simplement parce que tu t’es rendu au tribunal, tu as été arrêté, conduit au GMI, tabassé, déshabillé, humilié et enfermé« , écrit Martin Camus Mimb.
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« TRÈS CHER BEN DECCA Officiel
Ma relation avec toi est un mélange d’admiration que j’ai pour toi, un régal de respect que tu as pour moi, un torrent d’amour qui nous lie. Je sais combien tu as ressenti des douleurs vives à chacune de mes meurtrissures. Tu sais combien de fois je suis monté au filet pour le smash du manque de respect que parfois on a essayé de t’opposer.
Que ce soit pour tes 30 ans de carrière à Douala et Yaoundé où les supposés annonceurs aux intérêts d’accompagnement villageois des événements voulaient trouver le prétexte du contexte pour cacher leur forfaiture, que ce soit lors d’un événement villageois dans un bar à Yaoundé où on voulait te mettre en première partie d’un jeune artiste congolais, que ce soit lors d’un boycott à l’étranger où je rappelais à chacun l’histoire de ton engagement politique qui t’a valu, en son époque, des représailles policières. Mon smash était à la hauteur de l’homme et de la carrière que tu représentes.
Je me suis toujours engagé à tes côtés, pour espérer des moments comme ceux-ci, ceux du 4 mai prochain à l’Olympia de Paris. N’y va pas pour chanter. Vas-y pour leur dire que simplement parce que tu étais allé au tribunal soutenir Pius Njawé et Célestin Monga, arrêtés pour avoir publié dans le N• 209 du 27 décembre 1990 une lettre ouverte au Chef de l’État intitulée « La démocratie truquée », simplement parce que tu t’es rendu au tribunal, tu as été arrêté, conduit au GMI, tabassé, déshabillé, humilié et enfermé. Vas-y pour leur chanter le titre né de cette barbarie « GMI ».
C’est pourquoi ton concert du 4 mai est important. Enseigner aux nouveaux savants, aux nouveaux patriotes, l’histoire de l’engagement politique par la musique. Leur dire qu’ils n’inventent pas le fil à couper le beurre et que les cicatrices de ton engagement restent intactes et l’écho de ta dénonciation retentit encore dans l’esprit de ceux qui savent.
Très cher Ben, tu ne peux pas faire l’Olympia comme les autres. Tu dois enseigner. Tu es le prof qui peut parler à tous les acteurs avec classe et arguments. Ce concert est donc le livre d’histoire où les mélodies seront des phrases chantées et les pages feuilletées seront autant de chapitres de l’histoire oubliée ou poussée à l’oubli. Ne fais pas l’Olympia comme un artiste ordinaire. Parce que tu es extraordinaire. Bonne fête.
Martin Camus MIMB ».
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