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« Libérer 60 mineurs, ce n’est pas justice, c’est diversion » : Me Hippolyte Meli charge Paul Atanga Nji

L’éminent avocat des droits de l’homme, Me Hippolyte BT Meli, a vivement critiqué le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, l’accusant, ainsi que le régime qu’il représente, de tenter de tromper l’opinion publique avec ce qu’il qualifie de libération « cosmétique et sélective » de détenus suite à la récente répression post-électorale.

Ces propos de l’avocat font suite à l’annonce par M. Atanga Nji de la libération d’une soixantaine de mineurs arrêtés lors des manifestations à Ngoundéré. Alors que le gouvernement a présenté cette mesure comme un geste de réconciliation, Me Meli l’a qualifiée de simple opération de relations publiques, destinée à créer l’illusion du progrès alors que des centaines d’autres personnes demeurent illégalement détenues, portées disparues ou décédées.

« Et les autres ? », a interrogé Me Meli, sur un ton qui traduit la frustration croissante des défenseurs des droits humains. Il a affirmé que le silence du gouvernement quant au nombre réel de personnes arrêtées, détenues ou disparues prouve qu’il continue d’agir en toute impunité et au mépris de l’État de droit.

Me Hippolyte BT Meli a accusé Atanga Nji d’être le cerveau et le principal instigateur des violations massives des droits humains commises avant, pendant et après l’élection présidentielle du 12 octobre. Il a affirmé que le ministre avait directement supervisé et encouragé des arrestations arbitraires massives, des détentions secrètes et le recours à la force meurtrière contre des manifestants pacifiques – des exactions qui, selon l’avocat, ont été systématiquement dissimulées par des tribunaux militaires et des arrêtés administratifs.

Le défenseur des droits humains a exigé un bilan complet et public de tous les détenus, y compris ceux qui sont portés disparus ou tués, et a réclamé des excuses officielles, une indemnisation pour les victimes et la sanction de tous ceux qui ont ordonné ou perpétré ces exactions. Il a insisté sur le fait que la crédibilité du gouvernement, tant au niveau national qu’international, repose sur sa volonté de reconnaître ses torts et de garantir qu’ils ne se reproduiront pas.

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Pour Meli, la libération de 60 mineurs ne saurait être présentée comme un acte de clémence ou une réforme dans un contexte où des familles entières sont toujours à la recherche de leurs proches. Il a souligné que la répression continue de la dissidence ne fera qu’aggraver la méfiance et l’instabilité dans tout le pays.

« La solution n’est pas militaire ; elle est politique et juridique », a-t-il déclaré. « Libérer quelques détenus n’est pas justice, c’est une diversion. Le Cameroun a besoin de vérité, de transparence et du courage d’affronter ses propres échecs. »

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