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Les brasseries au Cameroun réaménagent la ristourne/épargne commerciale en réponse aux défis économiques

Les brasseries au Cameroun, représentées par la Cameroon Alcohol Producers Association (CAPA), ont récemment annoncé leur décision de réaménager la ristourne/épargne commerciale retenue et reversée aux détaillants à partir du 1er octobre. Cette décision, qui vise à faire face aux défis économiques actuels, a été prise en concertation avec les syndicats des exploitants des débits de boissons.

Dans une correspondance commune adressée aux différents syndicats, les directeurs généraux des principales brasseries du pays, dont Boissons du Cameroun, l’Union camerounaise des brasseries (UCB), Guinness Cameroun S.A et Fermencam, ont annoncé qu’ils procéderont à un abattement de 50% de la ristourne/épargne, plutôt que de la supprimer complètement comme cela avait été envisagé initialement. Cette décision a été prise dans le but de permettre aux barmen de faire face à leurs charges fiscales et d’exploitation, qui ont augmenté au cours des derniers mois.

La CAPA souligne néanmoins que cette solution est temporaire et dépendra de la stabilité du contexte socio-économique et de l’absence d’une augmentation de la pression fiscale sur le secteur brassicole en 2024. En effet, si la pression fiscale devait augmenter, la CAPA pourrait être contrainte de supprimer définitivement la ristourne ou de revoir sa base de calcul.

Les sociétés brassicoles justifient leur décision en invoquant plusieurs facteurs. Tout d’abord, elles font face à un renforcement de la fiscalité, qui a entraîné une augmentation significative de leurs charges depuis 2019. De plus, la crise du Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne ont provoqué une crise inflationniste mondiale sans précédent, ce qui a également impacté les coûts des matières premières et des consommables utilisés par les brasseries.

Face à ces défis, les entreprises membres de la CAPA ont pris des mesures internes pour réduire leurs charges de fonctionnement. Cependant, malgré ces efforts, l’inflation persistante sur les principales matières premières telles que le malt (+50% par rapport à 2022), le gritz de maïs (+35% par rapport à 2022), l’alcool bon goût (+18% par rapport à 2022) et les énergies (+16% par rapport à 2022) les a contraintes à réaménager la ristourne/épargne commerciale retenue et reversée aux détaillants.

La décision de réaménager la ristourne/épargne a toutefois suscité des réactions de la part de la Synergie nationale des exploitants des débits de boissons du Cameroun (Synedebocam), qui la considère comme illégale. Selon ce syndicat, la ristourne en question est une épargne des détaillants prélevée à l’achat des boissons et ne peut être remise en cause.

Il est important de souligner que cette décision des brasseries au Cameroun est motivée par la nécessité de préserver leur modèle économique et social, qui bénéficie à l’ensemble de leur écosystème, y compris les distributeurs et les détaillants. Les brasseries font face à des défis économiques importants et cherchent des solutions pour maintenir leur rentabilité tout en assurant la continuité de leurs activités.

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