Sécurité : le patron d’INTERPOL chez Paul Biya à Yaoundé

Cameroun Actuel
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Le contrôleur général Lucas Philippe, président de l’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL), a été reçu ce lundi 19 octobre 2026 au Palais de l’Unité à Yaoundé.

Au nom du chef de l’État, Paul Biya, le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, s’est entretenu avec le patron de la police mondiale.

Au cœur des échanges : le renforcement de la coopération policière face aux grands enjeux sécuritaires du moment et la nécessité de faire front commun contre le crime organisé transnational, le terrorisme et la cybercriminalité.

En visite de travail au Cameroun du 18 au 21 octobre 2026, Lucas Philippe avait été accueilli dimanche à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen par le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguele.

Lucas Philippe, 54 ans, a été nommé, le 27 novembre 2025, président d’Interpol. Il est le troisième Français à diriger Interpol depuis sa création, il y a 102 ans. Marié et père de deux filles, il travaillait déjà depuis un an au sein de l’institution basée à Lyon en tant que délégué pour l’Europe au comité exécutif.

Le commissaire Lucas Philippe est un pur produit de la police judiciaire. Il y a entamé sa carrière en 1995 en tant que lieutenant. Ce qui le distingue par rapport aux autres peut être son côté volubile.

Comme il l’a expliqué au média 360 son profil « interpolien », un terme qu’il emploie lui-même, « Je suis asiatique parce que j’ai vécu en Asie, je suis africain parce que j’aime l’Afrique et que j’y ai aussi des intérêts personnels. Je suis aussi américain par l’énergie que les Américains m’ont donnée et je suis européen de naissance et fier de faire la synthèse de toutes ces nuances ».

En effet, le commissaire coche de nombreuses cases. Lucas Philippe est passé par la section criminelle ainsi que la section antiterroriste, l’OFAST, l’office antistupéfiant, à Paris, aux Antilles, à Marseille, en Libye également, entre 2011 et 2013, en pleine guerre civile. Il a été attaché de sécurité intérieure près de l’ambassadeur de France puis à Singapour, une région qui lui a beaucoup plu. Entre 2017 et 2020, il a même émis une demande de mise en disponibilité pour monter là-bas une société spécialisée.

Le CV bien rempli de Lucas Philippe ne l’a pas dispensé de devoir faire campagne pour cette élection à la tête d’Interpol. Ces derniers mois ont été intenses pour lui, n’ayant pas eu le temps de s’adonner à ses passe-temps favoris, la lecture, mais aussi la cuisine. Avec lui, il n’y a pas que les suspects qui passent sur le grill.

Il a également parcouru de nombreux pays pour faire passer sa vision d’Interpol. « Ce qui est important pour moi, c’est qu’Interpol devienne encore plus opérationnel. Et donc moi, je vois mon rôle vraiment comme un rôle de pont entre les cultures, entre les traditions, la modernité et entre le public et le privé aussi », résume-t-il.

Son investissement a payé, bien que le rôle de président soit surtout honorifique. Le vrai patron opérationnel de l’organisation est le secrétaire général, le Brésilien Valdecy Urquiza. Même si le rôle de Lucas Philippe est davantage institutionnel et diplomatique, il a la réputation d’être tenace, pour ne pas dire têtu. Il compte bien laisser son empreinte en faisant briller la devise d’Interpol : « Relier les polices pour un monde plus sûr ».

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