Cameroun : le prix du carton de maquereau passe de 25 000 à 32 000 FCFA

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Le premier importateur de poisson congelé du pays redoute des étals vides d’ici la fin novembre. Lors d’un point de presse le 15 octobre, son responsable de la communication, Joseph Flavien Kankeu, a expliqué que les stocks étaient épuisés après sept mois. Il a aussi dénoncé des pressions fiscales et des harcèlements, et appelé les autorités à agir.

Selon l’entreprise, le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales a ramené son quota d’importation de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026. Ses entrepôts de Douala, d’une capacité de 104 000 tonnes, sont vides.

Une demande de 100 000 tonnes supplémentaires, déposée le 18 septembre, n’a obtenu qu’une autorisation de 30 000 tonnes, qui pourrait être écoulée en deux mois. Or, entre l’autorisation et la livraison, il faut compter jusqu’à trois mois.

Congelcam, qui assure environ 80 % des importations, prévoit des tensions jusqu’en mars 2027. Des détaillants signalent déjà un carton de maquereau passé de 25 000 à 32 000 FCFA. Le ministère n’a, pour l’heure, fait aucune communication officielle.

POINT DE PRESSE DU JEUDI 15 OCTOBRE 2026 – PROPOS LIMINAIRE DE M. Joseph Flavien KANKEU
Responsable de la Communication de CONGELCAM S.A.

Mesdames et Messieurs les représentants de la presse nationale et internationale,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, avant toute chose, vous souhaiter une chaleureuse bienvenue et vous remercier d’avoir répondu à notre invitation.
Si CONGELCAM S.A. a souhaité vous rencontrer aujourd’hui, c’est parce qu’il est devenu indispensable de rétablir les faits, de dissiper les contrevérités et d’apporter à l’opinion publique des éclairages précis sur la réalité de notre entreprise, son fonctionnement et les difficultés auxquelles elle est confrontée.

Depuis plusieurs années, notre entreprise fait l’objet d’accusations récurrentes, de rumeurs persistantes et de prises de position qui, trop souvent, donnent de la réalité une image profondément déformée. Face à cette situation, nous avons choisi de parler clairement, chiffres à l’appui, afin que nul ne puisse continuer à confondre les faits avec les rumeurs, ni la réalité avec les procès d’intention.

Notre intervention portera sur quatre questions essentielles :

– Le prétendu monopole de CONGELCAM S.A. sur le marché camerounais du poisson ;
– L’allégation selon laquelle CONGELCAM S.A. serait une création des pouvoirs publics ;
– Les pressions administratives, fiscales et portuaires auxquelles notre entreprise affirme être confrontée depuis plusieurs années ;
– Enfin, la situation préoccupante du marché national du poisson et les risques de pénurie qui se profilent à l’horizon des fêtes de fin d’année.

Notre ambition est simple : rétablir la vérité, éclairer l’opinion et alerter les pouvoirs publics sur les conséquences potentielles de certaines décisions.

I. SUR LE PRÉTENDU MONOPOLE DE CONGELCAM S.A. : UNE ALLÉGATION NON FONDÉE

Mesdames et Messieurs,

Depuis quelque temps, une affirmation est entretenue dans l’opinion publique, au Cameroun comme à l’étranger : CONGELCAM S.A. détiendrait un monopole sur le marché de l’importation et de la distribution du poisson.

Nous tenons à le dire avec la plus grande fermeté : cette accusation ne correspond pas à la réalité du marché camerounais.

Comment peut-on sérieusement parler de monopole alors que, selon les déclarations du ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales devant le Parlement, son département ministériel a délivré des avis techniques d’importation à environ 34 opérateurs agréés dans le secteur du poisson et des produits halieutiques ?

Ces autorisations démontrent qu’il existe plusieurs acteurs habilités à intervenir sur ce marché. La véritable question n’est donc pas de savoir si CONGELCAM est seule sur le marché, mais plutôt de comprendre pourquoi les capacités opérationnelles de certains importateurs demeurent limitées, voire inexistantes pour certains, alors même qu’ils disposent d’autorisations d’importation.

Il est essentiel de distinguer deux réalités : disposer d’une autorisation administrative d’importer n’est pas la même chose que disposer des moyens financiers, logistiques et commerciaux nécessaires pour approvisionner effectivement le marché.

La position de CONGELCAM S.A. sur le marché ne saurait donc, à elle seule, être assimilée à une situation de monopole. Elle doit aussi être appréciée au regard des investissements consentis, des capacités de stockage mobilisées et des volumes effectivement mis à la disposition des consommateurs.

Nous invitons par conséquent chacun à privilégier les faits, les chiffres et les données vérifiables plutôt que les affirmations répétées sans examen contradictoire.

II. CONGELCAM S.A. N’EST PAS UNE CRÉATION DES POUVOIRS PUBLICS, MAIS LE FRUIT D’UN ENGAGEMENT ENTREPRENEURIAL PERSONNEL DE M. NGOUCHINGHE SYLVESTRE

Mesdames et Messieurs,

À l’accusation de monopole s’ajoute une autre allégation, tout aussi persistante : CONGELCAM S.A. serait une entreprise fabriquée ou imposée par les pouvoirs publics et bénéficierait, de ce fait, de privilèges particuliers. Là encore, nous tenons à rétablir les faits.
CONGELCAM S.A. est le fruit du travail, de la persévérance et de la vision d’un entrepreneur camerounais indépendant qui a cru en son pays, le Cameroun : le sénateur Sylvestre NGOUCHINGHE, engagé dans ce secteur depuis 1982.

Derrière le développement de cette entreprise, il y a des années d’efforts, de prises de risques, d’investissements et de sacrifices. Il y a surtout la conviction qu’un entrepreneur camerounais peut bâtir, dans son propre pays, une entreprise capable de contribuer durablement à l’approvisionnement des populations.

Réduire cette trajectoire entrepreneuriale à une prétendue fabrication des pouvoirs publics revient à occulter le travail accompli et à nier les efforts qui ont permis à l’entreprise de se développer.

Nous contestons également l’idée selon laquelle CONGELCAM S.A. bénéficierait automatiquement d’avantages particuliers du seul fait de ses relations supposées avec les institutions publiques.

Nous affirmons que la réussite de CONGELCAM S.A. doit d’abord être comprise à la lumière de son histoire entrepreneuriale, de ses investissements et de ses capacités opérationnelles.

Si des allégations d’avantages indus sont formulées, elles doivent être étayées par des éléments précis et vérifiables. Elles ne sauraient tenir lieu de vérité simplement parce qu’elles sont répétées.

III. LE PARADOXE : CONGELCAM S.A. SUBIT SANS CESSE DES PRESSIONS ADMINISTRATIVES, DES REDRESSEMENTS FISCAUX ET DES PERTES MASSIVES

Mesdames et Messieurs,

Voici le paradoxe que nous souhaitons porter à votre connaissance. Alors que CONGELCAM S.A. est régulièrement présentée comme une entreprise bénéficiant de la faveur des pouvoirs publics, elle est confrontée, depuis près d’une décennie, à une succession de procédures administratives, de redressements fiscaux et de décisions ayant eu de lourdes conséquences financières sur ses activités.

Nous ne sommes pas ici pour substituer une accusation à une autre. Nous sommes ici pour exposer une chronologie, présenter des chiffres et demander que les faits soient examinés avec rigueur.

1. L’affaire des 32 milliards de FCFA : des accusations toujours en attente d’un examen judiciaire

En 2018, la Commission nationale anticorruption (CONAC) a publié un rapport faisant état d’un prétendu non-paiement, par CONGELCAM S.A., de droits de douane à hauteur de 32 milliards de FCFA au titre de l’année 2014.

Notre entreprise a contesté ces accusations, estimant qu’elles ne tenaient pas compte du régime douanier applicable au poisson durant la période concernée. Selon les éléments avancés par CONGELCAM S.A., le poisson bénéficiait d’une exonération totale des droits de douane entre 2008 et 2016. Considérant que ces accusations portaient gravement atteinte à sa réputation et à celle de son propriétaire, l’entreprise a saisi la justice afin que la vérité soit établie.

Or, à ce jour, selon les informations dont nous disposons, cette procédure n’a toujours pas connu d’issue judiciaire. Une question demeure donc entière : comment une accusation d’une telle gravité peut-elle continuer à peser sur l’image d’une entreprise sans qu’une décision judiciaire définitive ne vienne éclairer l’opinion publique ?

Nous demandons que cette affaire puisse connaître un dénouement permettant d’établir clairement les responsabilités et de mettre fin à la controverse.

2. Des redressements fiscaux successifs : une pression financière croissante

À cette affaire se sont ajoutés plusieurs redressements fiscaux qui ont lourdement pesé sur les finances de l’entreprise. Les montants dont nous faisons état sont les suivants :

– En 2020 : un redressement fiscal de 2,2 milliards de FCFA ;
– En 2022 : un redressement de 3,2 milliards de FCFA ;
– En 2024 : un nouveau redressement de 6 milliards de FCFA.

Ces procédures successives ont mobilisé des ressources financières considérables, alors même que l’entreprise devait continuer à assurer ses opérations d’importation, de stockage et de distribution.

Nous considérons que cette succession de redressements, par leur ampleur et leur répétition, soulève de sérieuses interrogations sur les conditions dans lesquelles notre entreprise exerce ses activités.

Nous insistons sur un point : toute entreprise est tenue de respecter ses obligations fiscales. Mais cette exigence doit s’accompagner d’une administration prévisible, transparente et équitable, appliquant les mêmes règles à tous les opérateurs.

Le respect des obligations fiscales ne saurait justifier un traitement disproportionné, pas plus que la puissance économique d’une entreprise ne devrait en faire une cible privilégiée.

3. L’affaire des 510 conteneurs au Port autonome de Douala : près de 13 milliards de FCFA de pertes alléguées

L’année 2023 a constitué un autre épisode particulièrement lourd de conséquences pour CONGELCAM S.A.
Cette année-là, 510 conteneurs de poisson appartenant à notre entreprise ont été débranchés au Port autonome de Douala, dans des circonstances dont nous affirmons ne pas avoir obtenu, à ce jour, d’explications satisfaisantes. Les conséquences ont été considérables : selon nos estimations, la destruction des marchandises concernées a occasionné une perte d’environ 13 milliards de FCFA.

Il ne s’agit pas d’un simple incident logistique. Il s’agit de marchandises destinées à l’approvisionnement du marché national, d’investissements immobilisés et de pertes qui ont affecté directement les capacités financières de l’entreprise.

Face à cette situation, CONGELCAM S.A. a saisi la justice afin d’obtenir réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis.

À ce jour, selon les informations dont nous disposons, cette procédure n’a pas connu d’évolution significative, alors que l’entreprise indique avoir déjà versé plus d’un milliard de FCFA au titre de la consignation auprès du Tribunal de grande instance de Douala.

Nous posons donc publiquement la question : pourquoi une affaire portant sur des pertes aussi importantes tarde-t-elle à connaître une évolution permettant aux parties d’obtenir des réponses et, le cas échéant, réparation ?

Nous demandons que cette procédure puisse avancer dans le respect des règles de droit et que les circonstances de cette affaire soient pleinement éclaircies.

4. Des conséquences bancaires et financières qui se prolongent

Les conséquences de l’épisode portuaire de 2023 ne sont pas limitées aux pertes de marchandises.

CONGELCAM S.A. a perdu en 2025 son statut d’entreprise de grand standing auprès de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), ce qui a entraîné la perte de nombreuses facilités auprès de ses banques partenaires. Il a fallu consentir d’importants efforts financiers et opérationnels pour retrouver ce statut en 2026.

Cette situation illustre la manière dont une difficulté majeure peut produire des effets en chaîne : destruction de marchandises, pertes financières, fragilisation des relations bancaires et réduction des marges de manœuvre nécessaires à la poursuite des activités.

Lorsqu’une entreprise subit des pertes de cette ampleur, ce ne sont pas seulement ses comptes qui sont affectés : c’est aussi sa capacité à investir, à importer et à approvisionner le marché.

5. Des interrogations sur l’équité du traitement réservé aux différents importateurs

À ces difficultés s’ajoute une autre préoccupation majeure : celle de l’équité dans l’application des règles fiscales, douanières et administratives.

Selon les informations dont nous disposons, une trentaine d’autres opérateurs bénéficient d’autorisations leur permettant d’importer, au total, plus de 300 000 tonnes de poisson par an. Nous affirmons également que plusieurs de ces opérateurs bénéficieraient de décotes de droits de douane de l’ordre de 25 à 30 %, avantages dont CONGELCAM S.A. ne bénéficie pas dans les mêmes conditions.

Nous estimons qu’une telle situation mérite un examen approfondi. Si des avantages sont accordés à certains opérateurs, les critères d’attribution doivent être transparents, objectifs et accessibles à tous ceux qui remplissent les conditions requises. Il en va de la crédibilité de l’administration, de l’équité entre les entreprises et du bon fonctionnement du marché.

Autre point préoccupant : lors des cérémonies de récompense des meilleurs importateurs, les montants de droits de douane attribués à CONGELCAM S.A. ont été sous-évalués dans les chiffres rendus publics.

Pour l’exercice 2025, par exemple, un montant de 14 milliards de FCFA a été annoncé, alors que notre entreprise a effectivement payé 24 milliards de FCFA. De même, en 2024, nous avons payé 18 milliards de droits de douane. Mais ce sont des entreprises autres qui ont été félicitées avec des montants allant de 11 à 6 milliards. Nous avons assisté ahuris à ce cinéma.

Nous demandons que ces données puissent être vérifiées et, si nécessaire, rectifiées. La contribution réelle d’une entreprise aux recettes publiques ne devrait ni être minorée ni être présentée de manière inexacte.

Mesdames et Messieurs,

Mis bout à bout, ces différents épisodes nourrissent chez nous un sentiment profond d’incompréhension et soulèvent une interrogation légitime sur l’équité du traitement réservé à CONGELCAM S.A.

Nous ne prétendons pas que toutes ces situations relèvent nécessairement d’une intention concertée. Nous demandons toutefois que chacune d’entre elles soit examinée avec sérieux, que les responsabilités soient établies et que les règles de droit s’appliquent à tous avec la même rigueur.

Ce que nous réclamons n’est pas un privilège. C’est l’équité, la transparence, le respect du droit et la possibilité d’exercer nos activités dans un environnement prévisible.

IV. RELATIVEMENT AU MARCHÉ DU POISSON AU CAMEROUN : LE RISQUE D’UNE PÉNURIE À L’APPROCHE DES FÊTES DE FIN D’ANNÉE

Mesdames et Messieurs,

J’en viens à présent à la question qui touche directement les consommateurs camerounais : la disponibilité du poisson sur le marché national. Car, au-delà des difficultés auxquelles notre entreprise est confrontée, c’est l’approvisionnement du pays qui se trouve aujourd’hui au cœur de nos préoccupations.

1. Des quotas d’importation fortement réduits

En 2025, CONGELCAM S.A. a importé 200 000 tonnes de poisson. Pour l’année 2026, notre entreprise avait manifesté son intention de maintenir le même niveau d’approvisionnement. Pourtant, le quota qui lui a été accordé par le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales a été ramené à 100 000 tonnes.

Cette réduction de moitié a eu des conséquences directes sur nos stocks. Au bout de sept mois, ceux-ci étaient épuisés, selon les données communiquées par notre entreprise.

Afin de continuer à répondre à la demande nationale, nous avons adressé, le 18 septembre 2026, une correspondance au ministre compétent pour solliciter un réajustement de notre quota à hauteur de 100 000 tonnes supplémentaires.

En réponse, un quota additionnel de seulement 30 000 tonnes nous a été accordé.

Trente mille tonnes : un volume qui nous paraît largement insuffisant au regard des besoins du marché, de nos capacités logistiques et du rythme de consommation du pays.

Nous estimons que ce volume pourrait être épuisé en deux mois environ. Cette perspective est d’autant plus préoccupante que, selon nos informations, certaines déclarations d’importation déjà expirées auraient été prises en compte par la Société générale de surveillance (SGS) dans le calcul du quota accordé. Nous demandons donc que les modalités de calcul de ce quota soient clarifiées et que les besoins réels du marché soient pleinement pris en considération.

2. Des capacités de stockage importantes, mais des autorisations insuffisantes

Il est important de souligner que CONGELCAM S.A. dispose d’infrastructures de stockage d’une capacité totale annoncée de 104 000 tonnes à Douala. À cela s’ajoutera prochainement un nouvel entrepôt d’une capacité de 10 000 tonnes au port de Kribi.

Ces investissements traduisent notre volonté de renforcer les capacités nationales de stockage et de contribuer durablement à la sécurité de l’approvisionnement en poisson.

Mais une réalité doit être comprise : disposer d’entrepôts capables de stocker des dizaines de milliers de tonnes ne suffit pas si les autorisations nécessaires pour importer les marchandises ne permettent pas de les approvisionner à temps.

Les infrastructures, les moyens logistiques et les capacités de distribution doivent pouvoir s’articuler avec une politique d’importation adaptée aux besoins effectifs du marché.

C’est pourquoi nous appelons les pouvoirs publics à réexaminer la situation à la lumière des données de consommation, des stocks disponibles, des délais d’approvisionnement et des capacités opérationnelles des importateurs.

3. Les fêtes de fin d’année en ligne de mire : une alerte que nous prenons au sérieux

Mesdames et Messieurs,

Nous souhaitons attirer solennellement l’attention de l’opinion publique et des pouvoirs publics sur les risques que cette situation pourrait entraîner. Si les conditions actuelles demeurent inchangées, nous estimons que les étals pourraient être fortement dégarnis dès la fin du mois de novembre 2026.

Les fêtes de fin d’année pourraient alors se dérouler dans un contexte de forte tension sur l’offre, avec un risque de pénurie et une hausse importante des prix du poisson.

Et le problème pourrait se prolonger jusqu’à la première moitié du mois de mars 2027.

Pourquoi ? Parce que l’importation du poisson ne se décrète pas du jour au lendemain. Une fois l’autorisation obtenue, il faut encore passer les commandes auprès des fournisseurs, organiser l’expédition et acheminer les marchandises jusqu’au Cameroun. Ce processus nécessite généralement un à trois mois, selon les pays d’origine, les conditions d’approvisionnement et de transport.

Autrement dit, chaque retard dans la délivrance des autorisations d’importation est susceptible de se répercuter directement sur la disponibilité du poisson dans les marchés.

Cette alerte n’a pas pour objectif de susciter la panique. Elle vise, au contraire, à prévenir une situation qui pourrait encore être évitée grâce à une anticipation appropriée et à des décisions adaptées. Notre préoccupation est celle de l’approvisionnement régulier des ménages camerounais, particulièrement à l’approche d’une période de forte consommation.

4. Un appel à la responsabilité et à l’anticipation

Face à ces risques, nous invitons les pouvoirs publics à prendre la pleine mesure de la situation. Nous sollicitons notamment :

– Un réexamen diligent du quota d’importation accordé à CONGELCAM S.A., au regard des besoins du marché et des volumes réellement disponibles ;
– Une clarification des modalités de calcul des quotas, notamment en ce qui concerne les déclarations d’importation arrivées à expiration ;
– Une meilleure anticipation des délais nécessaires à l’importation et à l’acheminement des marchandises ;
– Une application transparente et équitable des règles fiscales, douanières et administratives à l’ensemble des opérateurs ;
– Un dialogue constructif entre les autorités compétentes et les acteurs du secteur afin de prévenir toute rupture majeure de l’approvisionnement.

Nous sommes convaincus qu’une réponse rapide, concertée et pragmatique demeure possible.

L’enjeu dépasse les intérêts d’une entreprise. Il concerne les consommateurs, les commerçants, les distributeurs, les emplois liés à la filière et, plus largement, la stabilité de l’approvisionnement du marché national.

Nous tenons néanmoins à le préciser que CONGELCAM S.A. ne saurait être tenue pour responsable des conséquences qui résulteraient directement de décisions d’autorisation d’importation insuffisantes au regard des besoins du marché, dès lors que les conditions nécessaires à un approvisionnement adéquat ne seraient pas réunies.

Si une pénurie ou une flambée des prix devait survenir dans les prochaines semaines, il serait indispensable d’en examiner les causes de manière objective et de distinguer les responsabilités de chaque acteur.

Nous refusons que notre entreprise soit désignée à l’avance comme responsable d’une situation sur laquelle ses capacités d’action dépendent aussi des décisions administratives.

EN CONCLUSION, NOUS DEMANDONS DE RÉTABLIR LES FAITS, DE GARANTIR L’ÉQUITÉ ET DE PRÉSERVER L’APPROVISIONNEMENT DES CAMEROUNAIS

Mesdames et Messieurs les représentants de la presse,

Au terme de cette présentation, trois messages essentiels méritent d’être retenus.

Premièrement, CONGELCAM S.A. conteste fermement les accusations de monopole et de privilèges indus. Nous demandons que le débat public repose sur des faits vérifiables, des données transparentes et une appréciation objective de la réalité du marché.

Deuxièmement, notre entreprise demande que les difficultés administratives, fiscales, portuaires et judiciaires qu’elle affirme avoir subies soient examinées avec rigueur et impartialité. Nous ne réclamons aucune faveur, mais l’équité de traitement, le respect du droit et la possibilité de défendre nos intérêts dans un cadre institutionnel prévisible.

Troisièmement, nous lançons une alerte sur les risques pesant sur l’approvisionnement du marché camerounais en poisson. Les quotas actuellement disponibles, les délais d’importation et le rythme de consommation imposent, selon nous, une réaction rapide des autorités compétentes.

Notre démarche n’est ni une fuite devant nos responsabilités ni une volonté de confrontation avec les institutions de la République. Elle est un appel à la transparence, au dialogue et à la recherche de solutions concrètes.

Depuis 1982, l’aventure entrepreneuriale portée par le sénateur Sylvestre NGOUCHINGHE s’inscrit dans la durée. CONGELCAM S.A. entend poursuivre ses activités, préserver ses investissements et contribuer à l’approvisionnement régulier des marchés.

Mais aucune entreprise ne peut durablement remplir cette mission si elle ne dispose pas des conditions administratives, logistiques et réglementaires nécessaires à son fonctionnement.

Nous voulons que les règles soient claires, les décisions équitables et les responsabilités établies sur la base des faits.
C’est dans cet esprit que nous appelons les pouvoirs publics à prendre les mesures nécessaires pour prévenir les tensions annoncées sur le marché du poisson et garantir un approvisionnement régulier des populations.

Nous espérons que ce point de presse contribuera à rétablir les faits, à éclairer le débat public et à ouvrir la voie à des solutions responsables, dans l’intérêt de l’entreprise, des consommateurs et de la Nation tout entière.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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