C’est ce qui ressort du rapport annuel qu’ont présenté les Organisations de la société civile hier, 09 février 2022 aux médias.
La situation des droits de l’homme est depuis plusieurs années, très inconfortable. Lé pays de Paul Biya, ne brille malheureusement pas par l’exemplarité en la matière. De violations en violations, les citoyens souffrent du non-respect de leurs droits même les plus fondamentaux au quotidien.
La promotion de ceux-ci n’est devenue qu’un leurre. Car la plupart du temps, bien que contenu dans les textes juridiques en vigueur, les lois qui promeuvent ces droits ne sont pas appliquées. Conséquence, chaque année, les droits sont de plus en plus bafoués.
L’année 2021 n’a pas échappé. Elle a été marquée par une forte multiplication des cas de violences et de violations des droits de l’homme au Cameroun. Des actes qui peuvent être attribués à l’Etat du Cameroun et aux groupes armés non-gouvernementaux (groupes sécessionnistes et groupe Boko Haram).
Les travaux effectués par un groupe de travail constitué de Nouveaux droits de l’homme (Ndlr), Un monde Avenir, et le mouvement Stand up for Cameroon et dont les résultats ont été présentés hier, aux femmes et hommes des médias, font état des données quantitatives de ces cas de violations, il en ressort qu’il y a eu environ 1759 cas de violences et de violations des droits humains au Cameroun durant l’année écoulée.
Il s’agit de 1336 cas de violation des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels et d’au moins 423 autres cas de violences y compris les violences basées sur le genre.
De façon spécifique, 897 cas de meurtres parmi lesquels 542 ont été enregistrés dans les régions du Nord-ouest et du Sud- ouest, 339 dans la région de l’Extrême- nord et 16 dans les autres régions du Cameroun. 277 cas d’enlèvements entre autres, 133 au Nord-ouest et Sud-ouest, 137 dans l’Extrême-nord et 07 dans les autres régions du Cameroun. 162 cas d’incendies dont 142 cas dans le Nord-ouest et Sud-ouest, 17 dans l’Extrême-nord et 03 dans les autres régions camerounaises. 423 autres types de violences en l’occurrence 119 cas dans 1e Nord-ouest et Sud-ouest, 75 dans l’Extrême-nord et 229 dans les autres régions camerounaises.
Recommandations
Face à cette situation, le groupe de travail a formulé des recommandations à l’endroit du gouvernement pour redorer le blason de la situation des droits de l’homme.
Il faut entre autres :
- libérer toutes les personnes non violentes arrêtées et détenues dans le cadre des crises que connaît le Cameroun (Crise anglophone, lutte contre Boko Haram, tensions sociopolitiques post élection présidentielle 2018) ;
- initier des dialogues réguliers à tous les niveaux (local et national) pour rechercher les voies et moyens de résoudre les différents problèmes suscités par les différentes situations de crise ;
- renforcer davantage les capacités des acteurs publics sur les questions des droits de l’homme et droit humanitaire ;
- autoriser les organisations non gouvernementales à enquêter et 4e déployer en toute liberté dans les zones où les violations des droits humains ou les violences ont été commises ;
- procéder à des sanctions systématiques lorsqu’il y a des manquements et rendre publiques les sanctions ;
- renforcer les mécanismes de surveillance des pratiques dans les lieux de détention en facilitant des inspections des organisations non gouvernementales dans ces lieux ;
- augmenter les capacités d’accueil en construisant de nouvelles chambres de sûreté et de prisons ; améliorer les conditions d’alimentation et de soins au sein des prisons.
Par ailleurs, il faut renforcer les mécanismes de dénonciation des abus commis par le personnel pénitentiaire et des pratiques de racket sur les prisonniers ; modifier les textes qui organisent le Conseil supérieur de la magistrature pour renforcer l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis du pouvoir exécutif.
Mais aussi, « éviter d’attraire les citoyens ayant participé à des activités de manifestation pacifique et non violente devant les tribunaux militaires et enfin, rendre effectivement indépendante la Commission des droits de l’homme du Cameroun au niveau financier et dans sa latitude à produire des rapports qui ne soient pas politiquement censurés ».
Le Messager
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