Drame au Collège de La Salle de Douala : le père d’Ozanne Moukoko évoque de graves constatations médicales et réclame une enquête approfondie

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Henri Moukoko, père d’Ozanne Moukoko, une élève de 11 ans décédée le 18 septembre au terme d’une prise en charge après un malaise au Collège de La Salle de Douala, a demandé mardi que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de sa fille, notamment à travers l’exploitation des images de vidéosurveillance de l’établissement.

Dans une communication rendue publique le 29 septembre, Henri Moukoko affirme vouloir présenter les éléments dont il dispose, tout en précisant que des procédures judiciaires sont en cours.

Lire la communication d’Henri Moukoko :

COMMUNICATION DE M. HENRI MOUKOKO, PÈRE DE OZANNE MOUKOKO, DÉCÉDÉE LE VENDREDI 18 SEPTEMBRE AU COLLÈGE DE LA SALLE DE DOUALA

Douala, le 29 Septembre 2026

• C’est avec une profonde douleur et une grande tristesse que je souhaite porter à l’attention de la communauté nationale les éléments dont j’ai connaissance à ce jour, relatifs au décès de ma fille Ozanne Moukoko, âgée de 11 ans 11 mois et élève en classe de 5è A au Collège De La Salle de Douala.

• Ces éléments ont déjà été transmis à Madame le Ministre des Enseignements Secondaires, lors de sa visite de condoléances à la famille.

• Cette prise de parole a pour objet de retracer, avec responsabilité et dans le respect des procédures judiciaires en cours, la chronologie des faits tels que vécus personnellement.

• Au matin du vendredi 18 septembre dernier, comme à l’accoutumée, ma fille s’est rendue au Collège De La Salle de Douala. Elle était en parfait état de santé quand elle a rejoint sa salle de classe.

• Aux environs de 17H07 ce même vendredi, j’ai reçu un appel téléphonique du professeur titulaire de ma fille. Celui-ci m’a informé d’un malaise qu’elle aurait eu et pour lequel elle avait été transportée à l’Hôpital Laquintinie de Douala pour une prise en charge médicale.

• Au cours de cet échange, l’enseignant a précisé qu’il n’avait pas été présent dans l’établissement au moment des faits, mais qu’il avait été chargé par sa hiérarchie de m’en informer.

• Profondément inquiet, j’ai immédiatement pris la direction de l’Hôpital Laquintinie. Alors que j’étais en chemin, j’ai également contacté le préfet des études de ce collège, qui m’a confirmé que : « elle est vivante » et m’a demandé de me rendre sans délai à l’hôpital pour « avis ».

• À mon arrivée à l’Hôpital Laquintinie de Douala, je me suis rendu au service des urgences pédiatriques, où Ozanne avait été transportée. C’est sur place que le préfet des études m’informe de son décès, par ces mots : « elle est passée », à l’extérieur des urgences.

• Ensuite, le personnel médical de l’Hôpital Laquintinie, venu à ma rencontre, m’a soumis un document à signer. Ce document précisait clairement que ma fille, à son arrivée à l’hôpital, était décédée. Ce qui ne laisse la place qu’à deux hypothèses : soit elle est décédée dans l’enceinte de l’école, soit elle est décédée sur le trajet la conduisant à l’hôpital. Mais en tout état de cause, les faits ayant conduit à son décès se sont déroulés dans l’enceinte du Collège de la Salle. Pour clarifier cette hypothèse, nous avons sollicité une autopsie, qui viendra déterminer de manière précise l’ensemble de ces éléments.

• Par la suite, des échanges eus avec le responsable médical ayant examiné le corps de mon enfant ont conduit à la révélation selon laquelle du sperme frais a été retrouvé sur son corps, lequel présentait également des traces d’agressions vaginale et anale. Bien plus, il m’a été révélé que de forts soupçons d’intoxication à des substances psychotropes émergent de l’examen de la dépouille. Je tiens à apporter une précision essentielle sur les conditions dans lesquelles ces informations m’ont été communiquées.

Le médecin qui m’a appelé m’a reçu dans une salle, en présence de plusieurs témoins, notamment des agents de police, des gendarmes, d’autres médecins et des infirmiers. C’est devant eux, et non en aparté ni dans l’ombre, que ce médecin m’a donné les détails précis des observations faites sur le corps de ma fille : la présence de sperme frais, les traces d’agressions vaginale et anale, ainsi que les forts soupçons d’intoxication à des substances psychotropes. Ces révélations ont donc été faites de manière ouverte, devant des témoins identifiables, ce qui confère à ces éléments un caractère difficilement contestable.

• Je tiens également à préciser qu’au moment où je suis arrivé à l’Hôpital Laquintinie, le corps d’une autre jeune fille, sensiblement du même âge, était dans la même salle. Cette jeune fille et la mienne n’ont jamais été examinées ensemble. J’insiste sur ce point parce que j’ai personnellement conditionné l’examen de ma fille par l’arrivée d’une parente à moi, médecin au sein de l’Hôpital Laquintinie.

• Les constatations que j’évoque ci-dessus ont donc bel et bien été faites sur ma fille. Prétendre à une confusion, comme tente malhonnêtement de le faire l’école, qui privilégie visiblement sa clientèle à la vie de ma fille, est simplement cruel, surtout venant de la part de religieux.

• J’ai saisi les autorités compétentes, dont certaines m’ont fait l’amitié d’une visite de réconfort. Je les en remercie, mais ce que j’attends plus que tout, c’est qu’elles fassent leur travail, en recherchant et en punissant les auteurs de ce crime abominable. Cela ne doit pas arriver à un autre enfant dans notre pays.

• En tant que parent, je ne peux m’empêcher de penser à cette jeune fille, dans cette salle. La mort de ma fille ne doit pas être un fait divers. Toutefois, j’adresse mes condoléances les plus attristées à cette famille.

• Aux parents d’élèves, le drame a eu lieu au sein du Collège de la Salle. Le sperme retrouvé sur ma fille a été prélevé et conservé pour les besoins de l’enquête. Je m’adresse à vous pour coopérer avec la justice, lorsque les prélèvements d’ADN se feront au sein de l’établissement pour la manifestation de la vérité. Accompagnez au besoin vos enfants pour se soumettre aux examens.

Le même appel est lancé en direction du Collège de la Salle, dont nous espérons, en dépit de son manque d’empathie et de solidarité, une franche collaboration afin que l’évangile qu’il entend professer se matérialise dans les actes. Que son personnel, tout son personnel, se mette à la disposition de la justice le moment venu.

• Sans préjuger des intentions de quiconque ni tirer de conclusions prématurées, ma famille et moi-même prions toutes les personnes de trouver ici l’expression de nos remerciements pour ce soutien décisif au cœur de cette épreuve. Je voudrais simplement prier celles et ceux qui traitent de cette actualité de le faire dans le respect de la dignité de ma fille et en ayant à l’esprit la douleur qu’il nous appartient désormais de porter.

Les insinuations regrettables de quelques personnes, tendant à accuser la famille d’avoir été achetée par le Gouvernement, sont inappropriées et irrespectueuses de la douleur qui nous accable. Là où pour certains il y a un buzz de plus, pour nous et particulièrement pour moi, il y a une montagne de questionnements avec lesquels je dois vivre.

• Je demande que les circonstances exactes de la prise en charge d’Ozanne, depuis l’établissement scolaire jusqu’à son admission à l’hôpital, soient établies avec précision par les autorités compétentes.

• Je souhaite notamment que soient vérifiés les horaires, les conditions de son transport, les personnes intervenues dans sa prise en charge ainsi que la nature des informations communiquées à la famille.

• Je demande expressément que le contenu des caméras de surveillance de l’école soit visionné par des experts et les enquêteurs, afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame. Aucune image, aucune séquence, aucun enregistrement ne doit être soustrait à l’examen des autorités. La vérité doit être établie à partir de tous les éléments disponibles, y compris les images de vidéosurveillance du Collège de la Salle.

• En demeurant confiant dans la capacité de nos autorités à mener sereinement les enquêtes, qui se poursuivent tant au sein de la gendarmerie que de la police judiciaire, je réaffirme ma détermination à me battre de toutes mes forces, à ne rien céder ni laisser, tant que la vérité sur l’assassinat de ma fille ne sera pas révélée.

MOUKOKO Henri
Le père d’ozanne

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