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Infrastructures : la facture salée des routes

Le gouvernement envisage de prendre des mesures idoines pour réduire les dépenses en construction d’infrastructures routières.

Ce n’est pas un secret. Le coût du bitumage des routes au Cameroun reste exorbitant par rapport à la moyenne africaine. Ce qui fait généralement grincer les dents. Le gouvernement camerounais entend mettre en œuvre des actions visant à réduire les coûts des travaux routiers.

Interpellé, le ministre des Travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi, a rappelé aux députés les facteurs qui peuvent influencer le coût des travaux de construction des routes à savoir : les caractéristiques du projet, la rigueur dans les coûts prévisionnels, le système de passation des marchés, l’environnement économique global et le climat des affaires, la disponibilité de l’assiette des travaux et le suivi.

Face à ces considérations, des mesures ont été prises pour réduire de manière significative le coût du bitumage. De la bonne estimation des coûts prévisionnels à la maturation complète du projet avant sa mise en marche, le ministre a rappelé également la « disponibilité des équipements du génie civil et le rééquipement du parc matériel national du génie civil participe de cette quête ».

Depuis 2017, on note une tendance baissière du coût de construction des routes avec notamment la production des granulats, le recours à la fourchette des prix mis en place au Mintp et le respect du dimensionnement dans la typologie de la route, a rassuré Emmanuel Nganou Djoumessi.

Une étude est d’ailleurs en cours de finalisation au niveau du ministère des Mines, de l’Industrie et du développement technologique pour la construction d’une usine de production de bitume. La disponibilité du site pour son érection a été confirmée par les autorités portuaires de Kribi. Cette usine en gestation permettra de réduire de manière significative le coût des constructions des routes.

Projets inefficaces

Pour rappel, depuis plusieurs années, le Cameroun a la réputation d’avoir les routes parmi les plus chères en Afrique. Pour preuve, en 2013, au cours d’une réunion des points focaux du Conseil national de la route (Conaroute), il avait été révélé que le prix moyen du kilomètre de route bitumée au Cameroun est estimé à environ 205 millions F, contre une moyenne africaine de 100 millions F.

Et dans un rapport publié en 2018, la Banque mondiale, estime également que certaines infrastructures routières du Cameroun sont 2 à 6 fois plus coûteuses que des projets africains de même acabit. Afin d’infléchir cette cour- be, le gouvernement avait annoncé la construction de quatre centrales de concassage à 10 milliards F, à l’effet d’obtenir des granulats à moindre coût.

Les granulats, faut-il le rappeler, représentent souvent jusqu’à 25% du coût de construction d’une route. Au demeurant, ce projet, dont les autorités n’ont plus beaucoup parlé ces dernières années, n’a visiblement pas réussi à réduire le coût des constructions des routes dans le pays. Notons par ailleurs que le réseau routier camerounais est long de 121.873 km au 31 décembre 2021. Environ 80% sont en terre et 9.133 km sont bitumés.

Le Messager

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