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Infrastructures Can 2021 : critiques à l’intérieur et ovations à l’étranger

La fête du football continental qui se déroule au Cameroun bat toutes les audiences en termes de l’implication de l’opinion dans l’évaluation de l’organisation globale et des infrastructures sportives et hôtelières.

Le Cameroun a tenu à placer la barre très haute dans l’organisation réussie de 1a plus grande compétition sportive africaine. Cinquante ans après, le pays de Paul Biya, après avoir construit une image de marque à travers 1a planète footballistique -cinq trophées remportés et deux finales perdues de la Can- est sur la sellette. Sur le plan sportif, toutes les 23 délégations qui arrivent au Cameroun sont animées par un désir inextinguible de griller la politesse aux Lions indomptables, en soulevant le trophée au soir du 6 février 2022.

Paul Biya, dans son adresse à 1a Nation le 31 décembre dernier n’a pas manqué de glisser subrepticement à ses compatriotes et à l’équipe nationale en particulier, que cette Can doit se terminer dans l’apothéose, certainement avec le trophée en main. Il est donc question pour tout un pays de montrer qu’il est un grand peuple. Ça, c’est la vision stratégique au sommet de l’Etat.

Comment se comporte le pays en réponse à cette attente ? Sur le terrain, si les Lions indomptables semblent tenir 1e bon bout, il n’en va pas toujours de tous les Camerounais, fidèles à leurs habitudes de critiquer abondamment au moindre Couac.

Trois faits qui viennent envenimer la critique, ou exciter tes citoyens à tirer dans leur propre camp au moment où le chorus africain est fier de repartir de Yaoundé avec le trophée, comme l’a souvent fait le pays de Roger Milia dans d’autres pays, suscitant humiliations, déceptions et rancœurs.

Il y a d’abord la pelouse de Japoma, le joyau architectural que l’Afrique entière et le monde ont découvert médusés lors du Championnat d’Afrique des Nations de football (Chan) joué au Cameroun du 16 janvier au 7 février 2021. Un an après jour pour jour, on se demande comment la pelouse de stade a pu se dégrader aussi rapidement au point où les équipes nationales et surtout les Camerounais se divisent à ce sujet en mondovision.

Aux dernières nouvelles, il était même prévu de délocaliser la suite des matchs qui devaient s’y dérouler vers d’autres sites. Qu’est-ce qui s’est passé ? Devant cette fierté nationale entamée, les autorités gardent le silence, laissant l’opinion aller à toutes les dérives. Ce jeudi 20 janvier 2022, la pelouse est en pleine réfection pour accueillir deux matchs en soirée, dont le sublime Algérie-Côte d’ivoire.

Le deuxième faisceau de critiques vient des détournements des deniers publics qui ont entaché la construction des infrastructures, et surtout le stade ou le complexe d’Olembe. La promesse de sanctions de ceux qui s’amusent avec 1a fortune publique est venue tempérer les critiques acerbes des uns et des autres mais sans créer une certaine union sacrée des Camerounais autour de la Can pour une victoire attendue.

Ovation des commodités camerounaises à l’étranger

Si au pays l’opinion est plongée dans une critique nourrie pour un moindre rien, ceci amplifiée par les nombreuses frasques de détournements au sein de l’appareillage gouvernemental, tel n’est pas le cas des nombreux internautes et téléspectateurs qui découvrent le Cameroun à travers la Can 2021.

Sur les réseaux sociaux et sur les différents plateaux de télévision qui diffusent les matchs, les commentaires des uns et des autres dans l’ensemble confortent un bond qualitatif avoué du Cameroun dans son positionnement en tant que pays majeur en matière de football.

Même la crainte des exactions sécessionnistes comme cela avait été le cas dans l’enclave du Cabinda en Angola lors de la Can 2010-est dissipée par les Forces de sécurité qui veillent aux grains. Les pays ont même souhaité que La poule de Japoma soit délocalisée à Limbe. C’est tout dire. Bien plus, on a vu le public de cette ville balnéaire demander à cors et à cris que les Lions indomptables viennent jouer dans leur cité.

C’est dire combien cette Can peut polir aussi l’image sécuritaire du Cameroun à l’étranger. L’autre point qui vient faire l’unanimité surtout à l’extérieur est que le pays de Samuel Eto’o draine les foules dans les stades. Ce n’est pas seulement les Lions indomptables qui attirent les foules dans les stades, mais toutes les équipes engagées. Plus on avance dans la compétition, mieux il y a affluence dans les stades. Ce qui au demeurant ne s’est pas encore observé ailleurs. On peut polémiquer à longueur de journée sur ce fait mais cela n’entache en rien cette réputation

qui se conforte au jour 1e jour. Un autre élément que le Cameroun a innové dans l’organisation de cette Can est l’utilisation à bon escient de la Var, disponible dès le premier match et applaudi par tous. On a vu des arbitres revenir sur des penaltys sifflés, aller par la suite consulter la Var et revenir sur leur décision sans que cela heurte le public. Bien au contraire, il s’agit d’un chemin à suivre dans le but bien compris de minorer les erreurs autant faire que cela se peut. Un autre point et non des moindres, est l’hospitalité légendaire des Camerounais.

On a vu dans la poule B à Bafoussam, les équipes du Sénégal et de La Guinée qui logent à Bangou et à Bana, conviées à partager les délices du terroir. Toujours sur le chapitre des innovations, l’une des touches du pays de Paul Biya, aura été le défi de faire loger les équipes d’une même poule dans plusieurs villes, sans anicroches.

Passées la cérémonie d’ouverture avec le lion virtuel, on attend encore 1a surprise de la cérémonie de clôture. C’est dire que le Cameroun est en train de mettre 1a barre très haute pour les autres Nations qui organiseront la Can dans les années à venir. La Côte d’ivoire devrait déjà se faire du sang à relever le défi d’une telle dimension.

Le Messager

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