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Gaëlle Moudio : « comment j’ai été choisie pour commenter les matches de la CAN féminine 2022 »

Lorsqu’on lui pose la question d’où lui est venu cette passion pour le sport et le football en général, la journaliste Gaëlle Moudio réfléchit puis répond “ franchement je ne sais pas, j’ai toujours aimé le sport” peut-être que cela est dû à son tempérament, la Camerounaise a de l’énergie à revendre. “Durant mon enfance j’ai pratiqué tellement de sports : du handball, du football, du karaté, du tennis et j’en passe”.

Une appétence sportive freinée par une expérience malheureuse “ ma mère était une sportive durant ses études. C’était difficile pour elle. Elle était une des meilleures de sa génération, mais la gestion entre le sport et les études a été dure. A chaque fois qu’elle participait à un tournoi, de retour à l’école, elle prenait du retard sur ses leçons. Elle ne voulait pas que je me lance dans le milieu du sport. A chaque fois qu’elle entendait que j’avais participé à une compétition, elle me punissait sévèrement ».

Enfant obéissante, la jeune Gaëlle décide d’arrêter la pratique du sport, mais trouve une autre voie pour rester proche de ce milieu qu’elle affectionne tant. Elle devient journaliste. “J’aime être dans un stade, sur terrain, dans un gymnase, que cela soit pour le travail ou pas”.

Affûtant ses armes à la CRTV, l’organisme public camerounais de l’audiovisuel. En 2002, elle débute dans le service culture à la radio. “J’ai attendu les opportunités”. Une attente qui sera récompensée en 2016 : Le Cameroun accueille la Coupe d’Afrique des Nations féminine. A l’initiative de Charles Ndongo, le directeur général de la CRTV, Gaëlle Moudio est propulsé aux commentaires des matches. “Une expérience magnifique. Ce que je garderai en souvenir avant tout de cette édition 2016 de la CAN est la reconnaissance de mes paires. Charles Ndongo, à la fin de la compétition m’avait écrite une lettre de félicitations.J’ai apprécié le geste mais surtout la discrétion du geste”.

Le commentaire des match, un exercice bien particulier “je ne sais pas si les gens se rendent compte à quel point, on est seul, de la solitude de cet aspect du métier qu’est le journalisme sportif. Il n’y a pas un regroupement de commentateurs de match comme on peut le voir pour nos autres confrères.”

Six ans plus tard, c’est au tour de la Confédération africaine de football de s’adjuger ses services. “J’étais au meeting d’athlétisme de Douala, lorsque j’ai reçu un message de l’instance faîtière du football africain, me demandant d’envoyer mon CV et aussi des vidéos des matches que j’ai commenté. 48 heures plus tard, je reçois à nouveau un message de la CAF, me disant qu’elle m’avait choisie pour cette belle aventure qu’est la Coupe d’Afrique des Nations Féminine Maroc 2022.”

Depuis, la journaliste travaille sur chaque match avec minutie : “je ne commence jamais une journée de travail sans une séance de sport. Pendant, une heure j’ai ce besoin de m’oxygéner car la journée va être longue. Ensuite, je bosse sur mes fiches cela me prend généralement trois heures. Puis, je m’apprête, je me maquille, je mets mes plus beaux apparats, j’ai besoin d’être coquette, être féminine au moment où je vais m’asseoir dans ma cabine pour commenter les matchs”.

Porte-drapeau de la féminisation du commentaire sportif sur le continent, Gaëlle Moudio salue la compétence de ses consoeurs “on a juste besoin de plus d’opportunités sur le continent. Regardez des femmes qui commentent des matchs cela se fait maintenant partout dans le monde. Nous apportons quelque chose de différent par rapport à nos collègues masculins, car notre regard, notre approche du jeu est différent. C’est bien qu’il ait des voix des femmes, cela ramène de l’équilibre. Il faut qu’il y ait des femmes pour parler de la perception d’une femme.

Avant que je me mette aux commentaires sportifs, j’avais beaucoup entendu de la part des confreres qu’une femme ne pouvait pas commenter les matchs car elles n’avaient pas de l’”égotrip”. Il faut être égocentré pour commenter et que l’on est pas assez.Ce n’est pas vrai”.

La Camerounaise savoure chaque instant de cette compétition que cela soit dans sa cabine ou en dehors “ avec les autres commentateurs et les consultantes, l’ambiance est vraiment bonne. J’aime l’esprit de ce tournoi, je n’ai pas cette impression de travailler. C’est une ambiance d’internat : on rigole beaucoup et surtout on apprend beaucoup des uns sur les autres”, conclut -elle avec nostalgie, se rappelant que la CAN Maroc 2022 s’apprête à vivre sa dernière semaine. “C’est passé trop vite”.

CAF

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