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Douala: du poulet à la portée de toutes les bourses

Les habitants de la ville se ruent dans les marchés depuis plusieurs jours pour profiter de cette aubaine offerte par les restrictions gouvernementales de lutte contre le coronavirus.

Certains hôtels et restaurants ont fermé boutique. Ces gros consommateurs de poulets ont réduit à néant leurs demandes aux aviculteurs qui n’avaient pas arrêté leurs productions. La balance est très déséquilibrée, et ce sont les aviculteurs qui sont les principales victimes collatérales.

A chacun de trouver le moyen de ne pas tomber en faillite. Mathurin Nomdeu a réfléchi autrement pour éviter le piège de la grande perte. Il vend son poulet à 2000 francs cfa : « Dans les conditions normales, le poulet coûterait entre 2500 et 2800 francs Cfa. Les produits utilisés pour les nourrir (la provende) n’ont pas changé de prix. Les coûts de production sont restés les mêmes, mais les prix de vente ont drastiquement chuté. Nous sommes obligés de sortir comme ça et de liquider à 2000 Fcfa ».

Une situation dans laquelle se trouvent les aviculteurs, à cause de certaines des mesures édictées par le gouvernement pour éviter la propagation de la maladie : « Nous vendons moins cher parce que les poulets sont bloqués à la ferme. Les restaurants et les hôtels qui sont nos clients ne consomment plus, il n’y a plus de fêtes de célébrations comme les mariages, les anniversaires, et même les deuils qui permettaient l’achat par certains, de grands nombres de poulets sont désormais réduits à un stricte minimum ».

Pour ce travailleur du secteur depuis plus d’une décennie, il n’avait pas encore été confronté à ce genre de situation, même lors de la grippe aviaire. Avec ses collaborateurs, ils ont transporté leurs cargaisons dans deux voitures qu’ils ont stationnées au carrefour du Point Kilométrique (PK) 15 au lieu-dit barrière, non loin du marché de PK 14 où sa clientèle de fortune se ravitaille : « Pour cette sortie, nous sommes venus avec 400 poulets dans les deux voitures que vous voyez-là. On essaye d’évacuer pour ne pas perdre totalement. Comme le prix est favorable, nous ne trouvons pas d’autres difficultés à les écouler à ce prix. Même au moment de la grippe aviaire, les restaurants n’étaient pas fermés, il y avait des établissements qui venaient se ravitailler. Aujourd’hui, c’est terrible ».

Ceux qui se frottent les mains, ce sont les ménages. Gervais Yimele, un passant, n’a pas raté l’occasion de faire des heureux dans son foyer: « Je n’avais pas prévu de faire des achats, encore moins d’acheter des poulets. Mais quand j’ai entendu le prix que criait le vendeur, je me suis arrêté pour voir si c’était vrai, et j’en ai profité pour faire des emplettes. C’est mon épouse qui sera fière, ce sont les effets positifs du confinement ».

La conséquence directe de cet écoulement à vil prix du poulet sur le marché, risque, selon les spécialistes, aboutir sur une prochaine pénurie des poulets et de la surenchère au moment où tous les établissements grands consommateurs reviendront à l’activité normale.

Source: Le Jour

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