Deux journalistes camerounais ont signalé avoir reçu des menaces de mort en lien avec leur travail, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).
Le 2 octobre, un rapport intitulé « Le Cameroun renforce la censure des médias à l’approche des élections de 2025 » a révélé que deux journalistes d’Equinoxe TV ont été menacés d’arrestation et de mort en raison de leurs reportages. L’identité des journalistes reste cachée par crainte d’une escalade des attaques.
Le rapport du CPJ met en évidence la censure et l’intimidation croissantes des médias par les autorités camerounaises, notamment par l’intermédiaire du Conseil national de la communication (CNC). Le CPJ considère la répression comme une stratégie pour contrôler les médias à l’approche des élections présidentielles de 2025. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, envisage de briguer un autre mandat de sept ans.
L’émission populaire Droit de Réponse sur Equinoxe TV a été censurée lorsqu’elle a été suspendue pendant un mois. La station a lancé Le Débat 237 après que l’émission ait été sanctionnée, mais elle a rapidement fait l’objet de sanctions similaires de la part du NCC.
Au-delà de ces mesures officielles, le CPJ a noté que plusieurs journalistes d’Equinox vivent désormais cachés, craignant pour leur vie alors que les menaces contre la presse s’intensifient.
Augmentation des attaques à l’approche des élections de 2025
« Les attaques contre la presse se sont intensifiées alors que le Cameroun se prépare aux élections de 2025 qui pourraient voir Biya, l’un des présidents les plus anciens au monde, remporter un autre mandat de sept ans », a déclaré le CPJ, ajoutant que le report des élections parlementaires et locales à 2026 a accru les tensions, les figures de l’opposition craignant que cela ne renforce la position de Biya dans la course à la présidentielle.
L’atmosphère de peur a également forcé les médias à l’autocensure. Le CPJ a enregistré une vague de répression contre les journalistes du 8 août au 4 septembre, les autorités arrêtant, frappant et suspendant les reporters de leurs fonctions.
« En raison de ces attaques, les propriétaires de médias obligent désormais les journalistes à s’autocensurer », a rapporté le CPJ, évoquant la pression exercée au sein des organes de presse pour éviter les sujets sensibles.
Ces dernières semaines, des responsables gouvernementaux, notamment des officiers supérieurs de division et des ministres, ont publiquement critiqué les journalistes non seulement pour leurs reportages, mais aussi pour les invités qu’ils invitent à leurs programmes.
Cette répression continue de la liberté de la presse suscite de graves inquiétudes quant à l’état de l’indépendance des médias au Cameroun à l’approche des élections de 2025.
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