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Crise anglophone : les enseignants dans des conditions périlleuses en pleine commémoration de la fête du Travail

Le 1er mai, au milieu des défis du conflit et des mauvaises conditions de travail, les travailleurs de la région du Nord-Ouest du Cameroun se joignent au monde pour commémorer la Journée internationale du travail, quoique sur une note sombre.

Avec des activités centrées au siège divisionnaire de la Région, la journée s’est déroulée sous le thème « Assurer la sécurité et la santé au travail dans un climat en changement ».

Contrairement à l’ambiance festive habituelle, la célébration de cette année est marquée par une faible participation, notamment de la part du secteur privé, en raison de la persistance de villes fantômes observées dans la plupart des régions de la région.

La ville fantôme, imposée par des combattants séparatistes armés d’Ambazonie, fait partie du conflit plus large dans les régions anglophones, où les séparatistes se battent pour créer un nouvel État.

Parmi ces défis, un groupe de travailleurs se révèle particulièrement vulnérable : les enseignants.

Les enseignants ont été victimes de menaces, d’enlèvements, d’assassinats, de suspensions de salaire et bien d’autres, de la part des combattants séparatistes et de leurs employeurs.

Ces éducateurs, dont l’objectif premier est de transmettre des connaissances aux jeunes Camerounais, se retrouvent pris entre deux feux entre l’administration et les rebelles séparatistes.

Les racines de cette crise remontent à 2016, lorsque des enseignants et des avocats anglophones ont soulevé des revendications corporatives concernant la francophonisation des systèmes juridiques et éducatifs anglais.

Cependant, ces revendications ont été détournées par des militants séparatistes, conduisant au conflit actuel.

Les enseignants du secteur privé ont perdu leur emploi en raison du non-fonctionnement des écoles dans les zones touchées par le conflit, tandis que ceux du secteur public ont vu leur salaire suspendu pour manquement à la ponctualité dans les écoles « fantômes ».

En 2022, plus de 1 400 enseignants dans la division de Ngoketunjia et un nombre important à Bui, dans le Nord-Ouest, ont vu leur salaire suspendu pour cette raison.

En avril de cette année, 200 enseignants de la région du Nord-Ouest ont subi le même sort.

Outre les sanctions gouvernementales, les enseignants subissent également des menaces de la part des combattants séparatistes et des soldats gouvernementaux.

« Nous avons tous changé de métier sur nos cartes d’identité. S’identifier comme enseignant lors d’un voyage à travers cette région, c’est comme se condamner à mort. On n’est en sécurité d’aucun côté », a déclaré anonymement un enseignant à MMI.

Des rapports révèlent que les séparatistes qualifient les enseignants de traîtres, tandis que les soldats les accusent d’être à l’origine de la crise. Ces étiquettes ont envoyé certains enseignants dans leurs premières tombes, leur ont volé une partie de leur emploi et de l’argent durement gagné.

« J’ai été kidnappé et j’ai dû acheter ma place en payant une rançon. C’est ce que nous vivons mais personne ne le voit et tout ce qu’on entend en fin de compte, c’est que nos salaires ont été suspendus », a déploré un enseignant victime d’un enlèvement.

Le récent enlèvement de deux enseignants à Njap-Nkambe par des séparatistes armés souligne la situation désastreuse à laquelle sont confrontés les éducateurs de la région.

Chacun aurait payé 1,5 million de FCFA pour garantir sa liberté.

Alors que la fête du Travail est commémorée au milieu de ces défis, il est urgent de veiller à la sécurité et au bien-être des travailleurs dans les régions du Cameroun touchées par le conflit.

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