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Coronavirus: confinement total une utopie pour de faibles économies?

Secrétaire exécutif du Nepad, l’Agence de développement de l’Union africaine, Dr. Ibrahim Assane Mayaki fait comprendre que le confinement doit être adapté à nos réalités économiques.

Alors que l’heure est au confinement général dans de nombreux pays développés ou émergents à travers le monde, dont l’Afrique du Sud où il vit, le Dr Ibrahim Assane Mayaki qui est le secrétaire exécutif du Nepad, l’Agence de développement de l’Union africaine est formel « les économies africaines ont un niveau d’informalité important.

Il y a la nécessité, pour ceux qui travaillent dans l’informel, d’avoir des revenus journaliers. Et c’est pour cela que ce confinement, comme solution, doit être adapté à nos réalités économiques. Nous ne pouvons pas confiner comme le font les pays développés », a-t-il poursuivi.

En faisant savoir qu’ «Il y a un certain nombre de pays africains qui ont commencé à avoir des solutions adaptées. Vous ne pouvez pas confiner la pauvreté», a-t-il ajouté.

Revoir nos politiques publiques de développement

Le Dr Ibrahim Assane Mayaki estime que « votre mode de confinement doit permettre à ce que les plus vulnérables dans les grandes villes aient accès à des produits essentiels ». A propos du plan d’urgence anti-coronavirus pour l’Afrique, Ibrahim Assane Mayaki rappelle que : « l’Afrique elle-même a pris les devants dans sa réponse au Covid-19 (…)

Il faut plutôt parler d’anticipation et de réaction à la crise(…) », a-t-il précisé avant d’indiquer : « Je ne connais pas d’autre région au monde où il y a eu une stratégie commune. L’Union africaine a le Cdc, qui est le Centre de prévention et de gestion des épidémies(…) ».

Le Dr. Ibrahim Assane Mayaki a fait remarquer que « Très vite, au mois de février, l’ensemble des ministres africains de la Santé ont été réunis à Addis-Abeba, ilSFont défini une feuille de route, et nous-mêmes, en tant qu’Agence de développement de l’Union africaine, nous travaillons sur cette feuille de route dans un certain nombre de domaines », a-t-il souligné dans une interview à Rfi.

Sur l’actualité relative à l’impact du covid19, Ibrahim Assane Mayaki est de ceux qui pensent qu’ « au-delà de la question du moratoire, au-delà de la question de l’annulation de la dette, le problème de fond qui va se poser, c’est comment revoir nos politiques publiques de développement après cette crise. Aujourd’hui, nous faisons face à un incendie et nous avons besoin de mesures immédiates ».

Innovation technologique et production locale

Le Secrétaire exécutif du Nepad déclare que « ce que cette crise nous fait comprendre, c’est que nos investissements dans le capital humain n’ont pas été assez élevés, assez intensifs, assez denses. Ce qui fait que nous nous retrouvons aujourd’hui dans un contexte de concurrence de crise.

Je prends le cas du Sahel, par exemple. Vous avez une crise alimentaire qui est dérivée d’une crise sécuritaire, vous avez les acridiens, vous avez une concurrence de crises à laquelle vient se rajouter la crise du Covid ».

Il est persuadé que « la manière dont nous avons construit nos États, la manière dont nos États interagissent avec le secteur privé, la société civile, avec les communautés locales, devront être revus et il nous appartient de réviser nos modes de fonctionnement ».

Le Dr Ibrahim Assane Mayaki dit avoir organisé récemment des séminaires sur le web avec des centaines d’entreprises moyennes africaines qui travaillent dans le domaine de la production de médicaments.

Il dit avoir constaté combien « il est impressionnant de voir comment elles mettent l’accent sur l’innovation technologique et comment elles sont prêtes à produire localement ».

Pour le Secrétaire exécutif du Nepad : «L’État doit encourager les entreprises moyennes africaines à produire. Dans notre cas, le Nepad, nous avons travaillé énormément sur les systèmes de régulation d’enregistrement des médicaments et nous avons fait des progrès considérables».

Reconversion dans la production de masque

Il a cité exemples des pays qui ont su s’adapter à la nouvelle donne en réorientant l’industrie locale : « que ce soit au Kenya ou en Tanzanie, des usines et des entreprises de textile se reconvertissent dans la production de masques. Nous ne pouvons pas être dans une situation où nous importons 90% de nos produits pharmaceutiques de l’extérieur.

Donc l’industrialisation est une nécessité absolue et ce sera une des conséquences sur laquelle seront jugés les leaders africains par rapport à la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale ». a-t-il conclu.

Source: la nouvelle expression

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