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Conflit foncier au PAD : l’éclairage de Célestin Bedzigui

Le président du Pal et ancien cadre du port retrace l’histoire de l’extension de cette société d’Etat.

La compréhension de ce qui a tendance à devenir une crise sociale sur fond d’injustices requiert une connaissance du contexte historique de développement du Port de Douala et de l’occupation de la zone de Youpwe.

Tout commence au tout début des années 70. À l’époque, les Ports sont sous la tutelle de la Direction des Ports et Voies Navigables du Ministère des Transports.

M. Simon Ngann Yonn, Ingénieur des Ponts et Chaussées, Directeur, initie une réforme qui aboutit à la création de l’Office des Ports et Voies Navigables dont il devient le premier Directeur Général.

À cette époque, les eaux du Wouri s’étendaient juste au bas de fa falaise de l’Hôtel Méridien, dans une zone qui hébergeait une cité de cadres du port et la Marina qui était un petit port de plaisance.

Le nouveau DG de l’Onpc engage dès sa prise de fonctions, le développement du projet d’extension du port de Douala dont la charge opérationnelle revient au Directeur Général Adjoint, Michel Lebrishual, Ingénieur Général des Ponts et Chaussées qui met en place une cellule Prospective et Développement que, jeune cadre, j’intègre avant d’être affecté plus tard à la Direction Administrative et Financière.

J’y trouve des aînés arrivés quelques temps avant moi, Emmanuel Bityeki, ingénieur Centralien, David Minkousse, Ingénieur des Ponts et Chaussées, Mvondo Bernardin, diplômé du MIT, Joseph Ndi, Diplômé de Sup de Co Paris, Raymond Olomo, Diplômé en traduction.

Les orientations définies par notre cellule auront les articulations principales suivantes:

– Approfondir le chenal en le faisant passer de la côte -4 mètres à la côte – 7 métrés;

– Gagner du terrain sur la mer en récupérant du sable du lit du fleuve par le dragage du chenal pour créer des terre-pleins qui seront affectés en zone polyvalente devant permettre la création d’une zone industrielle dont l’occupant le plus emblématique à l’époque sera ELF, une zone de transit UDEAC et domestique,

Une base élargie de la Marine Nationale,

– Doubler le nombre de quai généraliste jouxtant la capitainerie ;

– Créer un terminal conteneur,

– Renforcer du port de pêche en amont ;

* Étendre le terminal minéralier sur la rive Bonaberi ;

– Remplacer la darse flottante par le Chantier National ;

– Créer un bras mort côté rive Deido en amont du pont pour une extension des zones exploitables;

– Aménager de l’accès à (a zone de mangrove en aval à Youpwe pour le développement des activités de pêches traditionnelles, de cabotage avec les pays voisins et l’occupation de cette zone par les populations dans un environnement semi-urbanisé.

C’est le schéma plus haut que le Président Ahidjo agréera, Lin soin et. un souci particulier étant mis sur la possibilité et le droit laissé aux populations autochtones, actives et résidentielles de partager paisiblement l’occupation des zones gagnées sur la mer et à aménager.

Ce sera l’entreprise hollandaise Bos and Khalis qui sera le maître d’œuvre du dragage et de ces terre-pleins dont l’affectation sera la suivante :

– le domaine portuaire se limitera aux terre- pleins industriels et à la zone dite « UDEAC », la limite Ouest étant sur une emprise de quelques centaines de mètres, sans empiéter sur la zone de Youpwe.

– la Communauté Urbaine aura la main sur les voies d’accès et dont notamment le rond- point Youpwe.

– de l’entrée dans Youpwe jusqu’au marché et à la zone de mangrove, c’était une zone relevant du domaine public de l’Etat dont la propriété était attribuée à qui mettrait les espaces en valeur. Des cartes topographiques portant sur ces délimitations ont été établies à l’époque et sont disponibles dans les archives du Port.

En conclusion, nous voulons que l’opinion soit éclairée et informée que la zone occupée par le quartier Youpwe n’a jamais était inclue dans la zone portuaire telle que définie au moment de l’extension du Port de Douala au début des années 1970. Toute clôture ou mur construit en s’adossant à une telle prétention relèverait d’un empiètement léonin. La nécessité de sauvegarder les droits acquis par les uns et les autres commandes la prise en compte de cette vérité.

Sa Majesté Célestin Bedzigui

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