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Comment l’Asie est devenu le nouvel eldorado du football mondial

Après la chine au début des années 2010, l’Arabie Saoudite attire de plus en plus les footballeurs des championnats européens faisant du continent asiatique le nouvel eldorado du football mondial.

Christiano Ronaldo, Karim Benzema, Ngolo Nkante, Seko Fofana, Hakim Ziyech, Marcelo Brozovic, Edouard Mendy, Aboubakar Vincent, pour ne citer que ceux-ci sont des noms des footballeurs que l’Arabie Saoudite a réussi à prendre à l’Europe.

Des joueurs qui pourtant n’étaient en aucun cas prédestinés à poursuivre ou terminer leurs carrières dans ce pays. Pourquoi un tel revirement, des offres financières qui ne se refusent pas bien que Lionnel Messi ait réussi l’exploit de se soustraire à cette nouvelle destination dorée.

L’Arabie Saoudite comme la Chine bien avant

Dans un souci de promouvoir l’image de son pays, l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole brut au monde et plus grande puissance économique du monde arabe a décidé de suivre l’exemple du Qatar et de la Chine qui avant elle ont attiré les regards sur eux en dépensant des sommes folles dans le sport mondial en général et dans le football en particulier.

Multiplication de l’organisation de compétitions sportives dans le désert saoudien (un Grand Prix de Formule 1, un ePrix (Formule électrique), le rallye-raid Dakar, le Saudi Tour cycliste…), achats de clubs de football à l’instar de Newcastle en Premier League et bientôt Manchester United, achat de joueurs à des sommes importantes avec des salaires faramineux, tout y passe.

La politique du prince héritier Mohamed Ben Salmane, étant plus qu’équivoque : promouvoir son pays sur la scène du football international avec la vision du prince héritier d’inscrire le « championnat saoudien dans le top 10 mondial ». « L’objectif est de mettre en place une ligue très forte et compétitive et d’élever le niveau des clubs saoudiens », affirme de son côté un responsable du gouvernement saoudien.

Parlant d’organisation des événements sportifs, le royaume a aussi été désigné en octobre dernier pour accueillir les Jeux asiatiques d’hiver 2029. Un événement qui servira aux saoudien avec toute cette manne financière à dépenser de répétition car le Prince héritier souhaite organiser une Coupe du monde de football en 2030 ou 2034. Pour arriver à se fins, l’Arabie Saoudite multiplie, sur le continent africain et ailleurs, les accords de coopération et de développement du football, pour tenter de séduire les fédérations dans la perspective du Congrès de la FIFA.

En plus les saoudiens se sont lancés dans une quête de stars du football question de rivaliser avec les plus grand clubs du monde avec des offres difficilement refusables par les joueurs. Ce qui complique aujourd’hui la tâche des clubs européens qui doivent cravacher pour acquérir des joueurs de classes mondiales surtout ceux qui sont proches ou ont dépassé la trentaine.

Un échec programmé ?

Si l’exode des joueurs de talent vers la Saudi Pro League augmente la visibilité de ce championnat en termes d’images, beaucoup de spécialistes pensent que ça ne suffira pas pour faire de ce championnat un des meilleurs au monde.

Quand on connaît l’échec chinois avec un championnat en dessous de la moyenne, qui dans les années 2004 avait commencé une vaste campagne similaire question de créer un exode de stars en direction de ses arènes à l’instar de Nicolas Anelka, Didier Drogba, Carlos Teves, Seydou Keita où même Guillaume Hoareau.

Pareil pour le Qatar qui avait fait signer de 2004 à 2018 une pléiade de stars qui avaient fait le choix de rejoindre le Moyen-Orient au crépuscule de leur carrière. On peut citer les exemples Marcel Desailly, Franck Leboeuf, Juninho, Luiz Gustavo, Éver Banega, David Ospina ou encore Bafétimbi Gomis. Ces expériences ont échoué. La raison de ces échecs est simple. Le volet sportif. Certains spécialistes comparent le niveau des championnats chinois et qataris, comme celui de l’Arabie Saoudite aujourd’hui, au championnat amateur de National 1 – la Ligue 3 – et au championnat professionnel de Ligue 2 en France.

Recruter une star du football pour le faire jouer à ce niveau, c’est lui demander d’abandonner ses ambitions sportives et sa carrière, contre une rémunération hors norme. Des conditions que seuls les joueurs en fin de carrière accepteront. Rare sont ces jeunes poussent aux dents longues qui visent des palmarès élogieux et même des récompenses individuelles comme le ballon d’or qui l’accepteront.

Par ailleurs, pour avoir une équipe nationale performante, capable de faire briller son pays dans des compétitions internationales majeures, il faut pouvoir compter sur un système solide de formation de ses jeunes joueurs.

Et sur un championnat leur permettant, une fois formés, de s’aguerrir pour atteindre in fine le très haut niveau. Les grands pays européens de football, comme l’Allemagne, l’Angleterre, l’Espagne, la France et l’Italie, bénéficient de ces deux atouts. La force de l’un peut compenser la faiblesse de l’autre.

Un pays comme le Japon l’a vite compris. Pionnier dans l’attraction des stars à l’instar des joueurs comme Patrick Mboma à l’époque, les japonais ont très vite compris qu’il fallait mettre les moyens sur la formation.

En attendant de voir ce que cette politique du Prince héritier donnera dans quelques années, certains spécialistes sont pessimistes et fermes sur l’échec programmé.

A l’instar de Thierry Granturco avocat aux Barreaux de Paris et Bruxelles, spécialiste de Droit du sport et des nouvelles technologies qui est actif dans le milieu du football professionnel depuis 30 ans après avoir lui-même joué au haut niveau à l’Olympique Lyonnais (OL) qui déclarait dans une parution « L’Arabie Saoudite ne deviendra pas l’eldorado du football mondial.

Mais elle participera à financer indirectement le football mondial, et en particulier européen, en permettant sans le vouloir nécessairement aux clubs du vieux continent de bénéficier de ses largesses. L’important n’est-il pas de participer ? »

Ulrich Simo, Crtv

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