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Climat social : les évêques du Cameroun interpellent les pouvoirs publics

Réunis les 26 et 27 avril derniers à Mvolye dans le cadre de la 47 ème assemblée plénière de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, les prélats ont appelés le Gouvernement à écouter un peu plus le peuple qui crie sa colère et son mal-être.

« Ce qui ne s’évalue pas ne s’améliore que très difficilement », a-t-on coutume de dire. C’est pour avoir compris le sens de cet aphorisme que les évêques du Cameroun, au lendemain du pèlerinage effectué les 23 et 24 avril derniers sur le site où les premiers missionnaires catholiques allemands ont mis pied pour la première fois et se sont installés vers la fin XIX siècle en terre camerounaise, ont décidé d’évaluer le chemin parcouru et envisager des perspectives pour l’avenir.

Après avoir prié pour la paix au Cameroun et en Afrique au sein de la paroisse Marie- Reine des Apôtres de Marienberg dans le département de la Sanaga Maritime dans la région du Littoral, il était donc important pour les évêques et les religieux de faire le point des activités de l’Eglise catholique au Cameroun ces dernières années.

Surtout au regard du contexte marqué par les troubles sociopolitiques, la pandémie à Covid 19 et plusieurs autres difficultés auxquelles sont confrontées les camerounais. Saisissant le prétexte de tenue de la 47e plénière de la Conférence épiscopale nationale qui se veut un cadre d’évaluation annuelle des activités de ce regroupement des évêques, religieux et laïcs, les prélats ont rappelé que cette assisse est une dynamique de progrès au sein de l’Eglise à « mettre plus de vie au sein de la communauté religieuse ».

Tribalisme et haine

Conscient que le Cameroun est sous un volcan, l’Eglise catholique va en guerre contre les démons de l’insécurité qui tiennent en tenaille depuis plusieurs années déjà, les régions du Nord-ouest, du Sud- Ouest et de l’Extrême-nord. Pire, « depuis quelques jours, les camerounais font face à la flambée des prix des produits de premières nécessité ainsi que la montée vertigineuse d’un tribalisme et une haine visant à opposer les pauvres aux autres. D’autres formes d’injustice sociales sont le lot quotidien des citoyens. Le manque d’eau potable met considérablement la vie des populations en danger. Vivre c’est autre choses que survivre ». Ce triste constat est de Monseigneur Abraham Kome, évêque du diocèse de Bafang par ailleurs président en exercice de la Conférence épiscopale nationale.

Dans la foulée, les évêques appellent les pouvoirs publics à ne pas sous-estimer le mécontentement de la majorité des camerounais. « Nous devons actualiser nos idées. Nous étions tout récemment à Mariemberg afin d’orienter nos énergies spirituelles dans la conquête de la paix et du vivre ensemble au Cameroun. Nous ne pouvons pas quand même ignorer que cette année c’est le cinquantenaire de l’unité nationale. C’est pourquoi nous appelons à la communion de tous les camerounais. Il y’a des enjeux sociaux importants ; c’est pourquoi on en parle », a laissé entendre Mgr Jean Mbarga, archevêque métropolitain de Yaoundé.

Le Messager

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