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Cameroun : Samuel Eto’o, au cœur des critiques, plie mais ne rompt pas

Moins de deux mois après son élection à la tête de la Fecafoot, Samuel Eto’o est critiqué. Retard du lancement du championnat national, attaques gouvernementales, CAN ratée et soucis familiaux en Espagne… L’ex-Lion indomptable ne peut plus compter que sur sa popularité.

Elu le 11 décembre dernier à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), après « une campagne digne d’une élection présidentielle », selon les mots du magazine The Continent, Samuel Eto’o n’est pas au bout de ses peines.

Au Cameroun, Eto’o a fait aujourd’hui office de paratonnerre pour le gouvernement qui, après des mois de scandales et de retards dans la préparation de la dernière Coupe d’Afrique des nations (CAN 2021), a décidé d’imputer au nouveau président de la Fecafoot tous les maux dont a souffert la compétition.

Un bras de fer entre Eto’o et le gouvernement

Avec un scandale lié aux tests de détection de la Covid-19 durant le mois de la CAN. Le Cameroun n’a annoncé que quatre cas de Covid-19 pendant le tournoi et a été accusé de « tricher en manipulant les tests ». Des accusations qu’Eto’o qualifiait de « malsaines ». Il avait même défendu le gouvernement camerounais dans ses déclarations, assurant que ce dernier ne se livrerait jamais à une telle pratique.

Mais l’ingratitude du gouvernement est marquante : le secrétaire général du ministère de la Communication, Félix Zogo, face aux nombreux scandales qui ont émaillé la CAN, assure que « tout ce qu’Eto’o a touché s’est soldé par un échec ».

« Il a été capitaine de l’équipe nationale, on sait ce qu’il en est advenu : 2010 en Afrique du Sud, 2014 au Brésil. Il nous a amené deux playboys ici en la personne de Seedorf et Kluivert. On sait ce qu’il en est advenu… », a lancé Zogo.

Une salve d’attaques qui ne doivent rien au hasard, au moment où Eto’o tente d’installer, comme nouveau sélectionneur des Lions Indomptables, l’ancien défenseur Rigobert Song. Eto’o voit s’opposer face à lui Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des Sports. Ce dernier envisage de prolonger le Portugais António Conceição à ce poste.

Le président de la Fecafoot rappelle que le choix du sélectionneur « relève de sa compétence ». Eto’o cherchait, ainsi, à remettre Kombi à sa place. Le 23 février, le comité exécutif de la Fecafoot, qui soutient Eto’o, délibérera sur l’éventuelle nomination de Song au poste. Un camouflet pour le gouvernement, si l’ex-Lion indomptable venait à déloger Conceição.

Même le général s’en mêle

Si Eto’o tient bon face aux attaques répétées des représentants de l’Etat, il doit désormais faire face à la gronde populaire après le retard du lancement du championnat national de football. Le premier match de la saison était prévu le 21 février 2022. Avec de nouvelles modalités : le championnat se jouera avec deux groupes de 13 et 12 clubs. Eto’o avait convaincu les présidents de clubs d’adopter ce nouveau fonctionnement.

Mais c’est finalement le général Pierre Semengue, président de la Ligue de football professionnel du Cameroun (LFPC), organe créé sur mesure pour le militaire en 2010, qui a la charge de l’organisation des championnats. Le général s’est opposé à l’idée de réforme d’Eto’o.

Seulement voilà, l’organe avait été dissout par le Tribunal arbitral du sport (TAS) en 2020. En guise de lot de consolation, Eto’o avait nommé Pierre Semengue comme président du Conseil transitoire du football professionnel. Le général cherchait à ce qu’Eto’o rétablisse la LFPC. Sans succès.

Ainsi donc, le championnat camerounais prendra quelques jours de retard. La nouvelle date des premiers matches n’a pas encore été précisée, mais le conflit intestin entre les deux hommes décalera forcément le déroulement de la compétition, dont Eto’o avait promis l’amélioration.

Un malheur n’arrive jamais seul

Pendant qu’Eto’o doit jongler avec tous ces problèmes, c’est sur le plan personnel que le président de la Fecafoot est touché. Le média sportif espagnol Marca dévoilait, le 17 février, qu’Eto’o avait été reconnu père d’une fille de 22 ans par la justice. Il aurait été condamné à verser une pension mensuelle de 1 400 euros à la jeune femme, Erika Do Rosario Nieves, dont il avait connu la mère lorsqu’il jouait encore au Deportivo Leganés à Madrid.

Un scandale qui date de 1999. Eto’o avait refusé de reconnaitre Erika Do Rosario Nieves. 22 ans plus tard, des tests ADN auraient prouvé la parenté.

A un mois du match de barrage pour la Coupe du monde entre le Cameroun et l’Algérie, la presse algérienne en profite elle aussi pour faire pression sur Eto’o. Le changement de stade décidé par la Fecafoot, qui a insisté pour que la rencontre du 25 mars prochain se déroule sur la pelouse de Japoma au Cameroun, bien que moins bonne que dans d’autres enceintes, a suscité la colère des supporters des Fennecs, qui gardent un souvenir amer des conditions de déroulement de la CAN.

Le journal sportif algérien Compétition déplore la situation : « On a tous vu comment Eto’o a fait le forcing pour faire passer le choix de Japoma. Malgré les réticences de la FIFA, il a atteint son objectif comme il l’avait atteint fin décembre quand il a fait plier Infantino et la CAF pour valider leur CAN et les dates initialement prévues ».

Le Journal de l’Afrique

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