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Cameroun : récit de la contestation post-électorale de 2018 (Acte 1)

Depuis la fin de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 au Cameroun, échéance électorale marquée, officiellement, par la victoire du candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Paul Biya, -72%- sur celui du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), Maurice Kamto,-14%- , le leader national du Mrc, les cadres du directoire du parti et des militants avaient décidé de lancer les marches nationales à la résistance au hold-up électoral.

C’est ainsi que dès le 26 janvier 2019, le ton avait été donné dans les grandes villes camerounaises (Yaoundé et Douala), ainsi que dans les villes de Bafoussam, Bafang, Dschang, etc. Les premiers mouvements de contestation post-électorale avaient eu lieu dans la capitale économique entraînant un cortège d’arrestations.

Ce samedi-là, Célestin Djamen,ancien Secrétaire national en charge des droits de l’homme du Mrc, Michèle Ndoki, actuelle vice-présidente nationale du mouvement des femmes aujourd’hui en retrait, et des manifestants avaient été heurtés, voire violentés par les forces de maintien de l’ordre. Que ce soit à Douala ou à Yaoundé, des groupes de contestataires avaient été interpellés.

Alain Fogue, trésorier national du Mrc, Paul Éric Kingue, ancien président national du Mouvement patriotique pour un Cameroun nouveau(Mpcn), Gaston Serval Abe, plus connu sous le pseudonyme Valsero, allié du du président national du Mrc à cette échéance électorale, et d’autres grappes de manifestants avaient été arrêtés qui au centre ville de Yaoundé qui dans certains points stratégiques de la tenue des actions de protestation et conduits, tous, au commissariat central no1.

Avaient échappé à ce premier cycle d’interpellation, Olivier Bibou Nissack, porte-parole de M. Kamto, Thierry Okala Ebode, trésorier national adjoint du Mrc, ainsi que d’autres cadres du parti non des moindres.

Dès le lundi, 28 janvier 2019, le leader national du Mrc décide de faire le déplacement de la ville de Douala en compagnie d’un de ses alliés à la présidentielle, en l’occurrence Christian Penda Ekoka, alors leader du mouvement « Agir », aujourd’hui décédé-Paix à son âme-.

L’objectif de cette migration dans la capitale économique était d’aller réconforter ses camarades de parti, dont certains avaient été conduits, de toute urgence, dans des hôpitaux publics, à l’instar de Célestin Djamen, interné à l’hôpital général de Douala, tout autant que Guy Laurent Kouam, militant du Mrc à la section communale du parti à Douala Vème.

Arrivés à Douala en mi-journée, le président national du Mrc, le leader du mouvement « Agir », rejoints par A. Dzongang et une foule de militants et de sympathisants organisent, de manière fortuite, une marche, dont le point de chute de l’itinéraire est l’hôpital général de Douala, où sont internés C. Djamen, G.L. Kouam et cie.

Informé que le point focal de la mobilisation des militants du Mrc à Douala se situe en la résidence de Albert Dzongang, alors président de la Dynamique, autre allié de M. Kamto à la dernière présidentielle, le Délégué régional à la sûreté nationale pour le Littoral instruit ses éléments d’organiser la battue en soirée au domicile de l’ancien élu du Rdpc, où se trouvaient plus de 100 militants, sympathisants, ainsi que des journalistes.

Illico presto, M. Kamto, A. Dzongang, C. Penda Ekoka, M. Ndoki et plus d’une centaine de manifestants avaient été embarqués, manu militari, et conduits, dans la nuit du 28 au 29 janvier 2019, à Yaoundé, où ils avaient été transférés qui au Gso(Groupement spécial d’opérations) sis à Mvan, qui au commissariat central no1 à Nlongkak, qui à la Direction régionale de la police judiciaire du Centre. C. Djamen, G. L. Kouam et d’autres figures du parti internés à l’hôpital général de Douala avaient été, eux aussi, déportés vers le siège des institutions de la République dans le même cortège que celui de leur leader et camarades de parti.

Tout avait été orchestré en fin de soirée du 28 janvier 2019 au mépris des droits et de l’état clinique morbide des patients. Même les amis et proches des militants internés qui étaient venus, ce soir-là, leur rendre visite avaient été interdits d’accéder à cette formation hospitalière.

Offusqués par cette déconvenue, les visiteurs étaient retournés chez eux ahuris avec leurs denrées alimentaires et leur besace de fruits attendant, impatiemment, le sort qui sera réservé à leurs proches.

Quelques jours après, la tête de proue du Mrc et près de 600 militants et sympathisants de manière globale avaient été inculpés, puis écroués à la prison centrale de Yaoundé. C’est quelques semaines après que M. Kamto, C. Penda Ekoka, P.E. Kingue, A. Dzongang, M. Ndoki, C. Djamen et Valsero avaient été transférés à la prison principale de Yaoundé.

Dans la foulée de la traque massive des militants au domicile de Dzongang situé au niveau de Ancien dépôt Guinness dans l’arrondissement de Douala Vème, deux journalistes, en posture de reporter couvrant cette actualité politique sur le terrain, avaient, eux aussi, été embarqués par force puis traînés dans la capitale métropolitaine.

Il s’agit de Théodore Tchopa et de David Eyengue Nzima, tous les deux journalistes au quotidien « Le jour ». Identifiés comme tels, Ils avaient été libérés le 31 janvier 2019, puis avaient rejoint leur poste de travail dans la capitale économique. Ces derniers avaient poussé un ouf de soulagement.

Ce qui avait été curieux ce jour-là, l’aide-domestique de A. Dzongang, une dame, avait été identifiée, mais avait été maintenue en prison. Avait-elle un lien avec l’organisation des marches nationales liées à la résistance au hold-up électoral ? Que nenni!

Serge Aimé Bikoi

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