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Cameroun : 30 ans du Sdf, qu’est devenu Pa’a John ?

1990-2020. la courbe classique des noyés de Rimbaud, qui descendaient dormir…à reculons. 26 mai 90, ivre de popularité, grisé par l’abus du 8.2 le chairman a tracé sa route vers la sortie, tenu en laisse et rongé de l’intérieur par le pouvoir et le NOSO. Quel gâchis !!!

25 décembre 2011, jour de Noël. Le palais de Ntarikon, dans un rituel immuable, ouvre ses portes aux populations : voisins, amis, familles et tous ceux qui passaient par là, pour célébrer en mangeant et buvant, la fête de la Nativité. Pour la réception des convives, une demi-douzaine de bœufs et des dizaines de volailles en provenance des fermes du chairman.

Dimanche 15 janvier 2012, dans une sorte de remake en plus sélect, Fru Ndi reçoit ses cadres et militants du Sdf, pour fêter avec eux la fin de l’année. On se demande alors quand lâchera-t-il la rampe pour laisser le Sdf aborder un nouveau développement de son destin ? Et qui sera son héritier ? La question, quoique non posée est au bout des lèvres, surtout celles des cadres du Sdf.

John Fru Ndi est né le 7 Juillet 1941, à Baba II, entre Mbouda et Santa. Son entrée par la grande porte dans l’opposition politique s’est faite de manière tragique un 26 mai 1990 au commercial avenue de Bamenda où une jeune fille de moins de 20 ans, Helena Juliet Sikod et cinq autres victimes ont perdu la vie au cours du lancement du Sdf. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont.

Certes il n’a pas «réussi » en politique, puisqu’il n’est pas devenu président de la République, objectif qui a été de tout temps au bout d’une trajectoire saccadée. Mais l’homme a su gérer sa vie, devenant un business man et un gentleman farmer des plus respectés. Ni député, ni maire, de quoi vit-il ? Un salaire avait été statutairement prévu pour son entretien, mais l’homme est passé outre, se contentant d’accepter une dotation des élus du parti pour ses déplacements, l’entretien des véhicules et les charges domestiques courantes.

Tout ceci n’est que broutille. On sait qu’il était avant le NOSO l’une des plus grosses fortunes du Nord-Ouest. Le leader de l’opposition, John Fru Ndi aurait « accumulé une fortune de plus de 125 millions de dollars », dont «plus de 70 % de l’argent provient de ses deals politiques avec le chef de l’État camerounais en fonction», en particulier «entre juin 2002 et 2005», soutient un site internet. Mais John Fru Ndi a toujours nié. Homme d’affaires avisé, Fru Ndi est propriétaire de l’immeuble de 04 niveaux abritant l’agence du Pmuc Nord-Ouest.

Dans un article publié en août 2002 par « Le front Indépendant », l’ancien premier vice-président démissionnaire, Saïdou Yaya Maïdadi dénonçait les prix de loyers anormalement élevés payés par le Pmuc pour l’immeuble de la famille Fru Ndi au Commercial Avenue de Bamenda. Pour Maïdadi, c’est un moyen souterrain «de donner l’argent au chef de l’opposition» à des fins qu’on peut imaginer.

D’autres sources internes au Sdf affirment que la regrettée Rose Fru Ndi qui tenait un super marché dans une aile de l’immeuble de son mari, était la représentante exclusive de “La clé du Château” à Bamenda. Une façon pour le Groupe Castel, un des piliers, avec Elf, Bolloré, etc., de la Françafrique, de donner des « fromages » à la famille du chef du Sdf, sans que nulle part la signature de ce dernier ne puisse apparaître.

Au-delà de la légende, les téléspectateurs ont constaté que pendant la visite des stands des expositions au dernier, rare et lointain comice agro-pastoral, le président Biya s’est arrêté devant une magnifique vache. John Fru Ndi est connu comme éleveur et acteur du monde agropastoral, propriétaire d’un immense ranch à Wum raod dans le département de la Menchum, à 80 km plus au nord de Bamenda avec dit-on, un cheptel de plus de 600 bovins et des centaines de caprins. Toujours à Wum, au lieu-dit Obang, il possède une des plus grandes fermes du pays, ainsi que d’autres unités agro-pastorales de moindre dimension…

20 années durant, le destin a lié le palais d’Etoudi au palais de Ntarikon où les visites se font rares aujourd’hui. Plus de meetings, plus de poing levé, plus d’interviewes. Malheur aux vaincus!

Quel gâchis disent mezzo voce les victimes du 8.2. Et les autres. Sur le sang de la vestale de 16 ans qui s’écoule toujours le long de sa mémoire oubliée s’élevait l’espoir de tout un peuple qui aspire toujours au changement du changement ! Le grand prêtre s’appelait Ni John Fru Ndi. L’autre s’appellera comment ? Car ce changement différé arrivera quand même.

Trompé matin, midi et soir et même les jours fériés, que restera-t-il de Pa’a John ? Une révolution de palais ? Personne n’en veut plus !!!

Edouard Kingue

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