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Budget 2022 : vers une consolidation des acquis de la décentralisation

C’est l’une des priorités de l’action du gouvernement dévoilée par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, au cours de la cérémonie de lancement du budget de l’Etat le 5 janvier à Garoua.

Garoua, capitale régionale du Nord, 5 janvier 2022. Le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, procède au lancement solennel du budget de l’Etat et des autres entités publiques au titre de l’exercice 2022.

Cette démarche permet au ministère des Finances, en collaboration avec d’autres départements ministériels notamment le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), le ministère des Marchés publics (Minmap), et le ministère de la décentralisation et du développement local (Mindevel), de faire le point sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des mesures de politiques budgétaires édictées dans le cadre de l’exécution du budget 2021.

Il s’agissait également de présenter aux différents acteurs de la chaîne budgétaire les principales innovations de la circulaire du Minfi, pour une exécution optimale des budgets publics au titre de l’exercice 2022.

Concernant effectivement la loi des Finances 2022, rappelons qu’elle a été promulguée le 16 décembre 2021 par le chef de l’Etat, et rendue exécutoire et exécutable depuis le 1er janvier.

« Sa mise en œuvre va s’effectuer dans un contexte difficile marqué par la persistance de la crise sécuritaire à nos frontières et les incertitudes liées à ta maîtrise de ta crise sanitaire mondiale dont tes conséquences continuent de peser sur notre économie », a reconnu Louis Paul Motaze.

Du coup, l’action du gouvernement sera, comme en 2021, orientée vers la poursuite de la mise en œuvre de la stratégie globale de riposte sanitaire contre la Covid-19 dont un accent sera mis sur la vaccination.

Selon le gouvernement, son action sera également tournée vers la poursuite de la mise en place de la Couverture santé universelle avec pour priorité, la prise en charge des pathologies touchant particulièrement les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans.

Compte tenu des menaces sécuritaires dans nos frontières, la loi de Finances 2022 a aussi prévu des actions pour renforcer les mesures de sécurités et entend poursuivre la mise en œuvre des mesures de résorption de la crise par l’opérationnalisation du plan présidentiel de reconstruction des régions du Nord-Ouest, du Sud- Ouest et de l’Extrême-Nord.

Innovations

L’autre priorité du gouvernement au cours de l’année 2022 est la consolidation des acquis de la décentralisation et le renforcement de son processus de mise en œuvre. Le président Biya a d’ailleurs récemment signé dans ce sens quatre décrets dont trois sont exclusivement consacrés au transfert des compétences dans les domaines de l’urbanisme et habitat, tourisme et de loisirs. Il faut y ajouter l’environnement.

« A travers ces textes, il (Paul Biya Ndlr) donne un véritable coup d’accélérateur à la décentralisation et nous invite à définir les modalités pratiques de transferts des ressources y afférentes ainsi que les conditions de suivi et de contrôle », a précisé le Minfi.

La loi de finances 2022 a, s’il faut parler d’innovation, élargi le champ de compétences des Collectivités territoriales décentralisées (Ctd) bénéficiaires d’une dotation générale de la décentralisation aux Communautés urbaines, en augmentant l’enveloppe de 232,1 milliards de F en 2021, à 240,2 milliards de F en 2022, soit une augmentation de 3,5%.

Le gouvernement entend également poursuivre de manière intensive sa politique d’import-substitution entamée en 2021. L’objectif étant, apprend-on, de donner aux producteurs locaux les marges de manœuvres nécessaires à une production locale massive, rentable et à la portée du consommateur. Les secteurs concernés sont l’agriculture, l’élevage, la santé humaine et animale, et la transformation locale du bois.

Pour ce faire, indique Louis Paul Motaze, il est prévu une exonération totale des droits et taxes de douane sur les serres destinées à l’agriculture, les semences végétales et animales améliorées, les vaccins pour la médecine humaine et animale, les médicaments à usage vétérinaire, les équipements, matériels et outils, non disponibles localement, utilisés dans le cadre de la « transformation plus poussée » du bois.

Par contre, souligne-t-on, certains biens importés dont l’offre locale est abondante et suffisante ou qui présentent des externalités négatives seront taxés encore plus. Il s’agit notamment du thé, café, les fruits comestibles, le poivre, le piment, les pommes de terre, le miel, le beurre de cacao, les viandes et abats importés ainsi que le bois exporté sous forme de grumes.

Respect des mesures structurelles

L’autre grand défi qui attend le gouvernement au cours de cette année qui a entamé sa deuxième semaine, est de respecter les engagements pris dans le cadre du nouveau Programme économique et financier conclu avec le Fonds monétaire international (Fmi) pour la période 2021- 2023.

Il s’agira également pour le budget de l’Etat pour l’année 2022 de mettre en œuvre les mesures structurelles contenues dans la feuille de route des Programmes d’appuis budgétaires négociés avec les partenaires internationaux tels que la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et l’Agence française de développement.

Et pour atteindre ces objectifs, l’enveloppe globale de la loi de finances de l’exercice 2022 est de 5 752,4 milliards de F contre 5 480,4 milliards de F en 2021. Soit une augmentation de 272 milliards en valeurs absolue et de 5% en valeur relative. Le début effectif de l’exécution du budget de l’Etat pour l’exercice 2022, était donc fortement attendu pour venir tordre le cou aux anciennes méthodes qui ont jusqu’ici montré leurs limites.

Mais au niveau des ministères, aucun signe de son exécution n’est perceptible car les chefs de départements ministériels veulent s’assurer de la totale maîtrise de sa complexité par toutes les parties prenantes dans son exécution. Le ministre des Finances rassure du moins qu’en plus du manuel de référence relatif à l’exécution du budget de l’Etat et des établissements publics, un manuel de référence pour l’exécution des budgets des Ctd a été élaboré et transmis aux concernés.

« Ces outils constituent de véritables guides pédagogiques mis à la disposition de tous les acteurs afin de faciliter l’exécution des recettes et des dépenses », a martelé Louis Paul Motaze.

Le Messager

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