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Bernard Ouandji : « les intérêts économiques de la France au Cameroun sont en train de reculer »

L’économiste et homme politique vient d’accorder une interview au journal Ouest Echos à l’occasion de la visite au Cameroun du Chef de l’Etat français Emmanuel Macron.

Ouest Echos : Monsieur Bernard Ouandji, en ce jour où le chef d’Etat français Emmanuel Macron effectue une visite au Cameroun, que faites-vous à l’Ouest alors que vous devriez être à Yaoundé ?

Bernard Wandji : Merci bien de l’opportunité que vous m’offrez pour parler de cette actualité dans votre journal. Vous savez bien que l’Ouest c’est ma région. J’y ai mon village et je viens assez souvent pour des obligations familiales, je me suis retrouvé au village en réunion de famille et je ne pouvais pas me soustraire n’importe comment, avant de quitter Yaoundé, j’ai laissé un message écrit à l’intention du président Emmanuel Macron et du président Paul Biya via les médias.

Je me suis appesanti sur l’aspect économique de sa visite et lorsque, vous préparez un entretien, vous essayez de vous mettre dans la tête du vis-à-vis et c’est ce que j’ai appris à TON U. Je me mets dans la tête d’un Français ou d’un conseiller qui se met dans la tête que, qu’est-ce qui nous préoccupe par rapport au Cameroun et j’ai trouvé pour me résumer, que les intérêts économiques de la France au Cameroun en termes relatifs sont en train de reculer et en termes absolus, le volume augmente par exemple, la construction du barrage de Natchigal, qui est un gros projet.

Mais en termes relatifs, la part du marché de la France au Cameroun recule sérieusemerit et je pensé c’est quelque chose qui devrait préoccuper le conseiller du président Français. Les exemples sont multiples, vous savez que depuis près de 1999,1e gouvernement du Cameroun avait refusé de renouveler le contrat d’assistance technique qui permettait à Total d’encadrer et le management la Sonara, pour le résultat de ce que nous avions tous vu, c’est-à-dire d’abord l’incendie, parce que si c’était la Total qui encadrait la Sonara, c’est que six mois après l’incendie Total devrait déjà tout réparer. Puis que Total contrôle une centaine de raffinerie à travers le monde et ils ont des stocks, des relations privilégiées avec des fournisseurs du matériel et tout ce que cela comporte.

Ce qui nous a amené à importer du carburant pour le résultat que vous voyez tous maintenant. Donc, de nombreux exemples sont visibles et palpables. Le plus récent, l’immixtion des entreprises françaises dans le management du port de Douala et je dis ça parce que, dans la délégation qui accompagne le président Emmanuel Macron, se trouve son bras droit qui est le secrétaire général de l’Elysée monsieur Alexis Scolaire et quand vous savez qui il est, vous allez comprendre que le port de Douala sera à l’ordre du jour de la visite du chef de l’Etat français parce que, c’est ce secrétaire qui suit personnellement le dossier du port de Douala.

Son épouse est même partie prenante dans le dossier. Je sais que, les deux chefs d’Etat vont négocier et vous savez qu’il y a depuis au moins six mois avant môme la guerre en Ukraine, des raretés sur le marché, ainsi que sur les marchandises et du coup, cela a eu un impact avec les conditions de transport des marchandises suite aux bouleversements qui ont été opérés au management du port, donc cela se fait ressentir petit à petit et cela doit être corrigé.

O.E : Parlant toujours de la visite du président Français Emmanuel Macron au Cameroun, certaines personnes disent que la succession du président Paul Biya sera à l’ordre du jour. Quel est votre avis en tant que homme politique ?

B.O : c’est peut-être liée à la succession d’autant puisque j’avais appris il y a trois ans que le chef de l’Etat son Excellence Paul Biya avait confié à des proches qu’il organise la Can et il se retire et depuis ce temps, on attend et la Can s’est bien déroulée. Il a été acclamé, il a reçu tous les honneurs, toute la gratitude de la population et maintenant, il lui revient de réaliser sa promesse. Maintenant, s’il se retire au cas où il en viendrait, c’est les jeux des institutions qui doivent primer.

C’est-à- dire, quelles doivent fonctionner et cette institution qui a été mise en place pour gérer toute succession ou toute vacance, c’est le Sénat, par conséquent qui va jouer son rôle dans un schéma de succession de vacance en supervisant les élections de 2025.

Ce n’est pas une histoire de personne, c’est une question qui répond à la fois aux institutions, car le sénat, les régions, est le résultat de projets que. nous cadres de l’Upc avions présenté au Rdpc en Septembre 1992 et le sénat étant un contre poids et devant être le creuset des revendications régionales et je suis désolé qu’actuellement, on a plein’ de revendication dans les régionales qui sortent de l’Est, du Nord, du Sud sans passer par le Sénat.

Donc toutes ces revendications des régionales doivent passer par le Sénat et dans le jeu constitutionnel qui avait été élaboré en 1992, c’est le président du Sénat qui assure la transition et on ne cherche pas à savoir quel est son nom. Or, il se trouve que pour des raisons de géopolitiques internes, les présidents de Sénat sortent de tel endroit, les vices présidents sortent d’un» autre endroit et -cela doit être respecté dans cet ordre là.

O.E : Vous savons que vous êtes économiste de formation, parlons du carburant qui fait des choux pros en ce moment !

B.O : Je connais très bien le dossier concernant le pétrole, puisque ce sont les premiers dossiers qui m’avaient été confiés en 1977, quand je suis revenu de mes études aux Etas Unis et à l’époque, personnellement j’avais proposé que l’on adopte la formule Américaine qu’on appelle  » Rifaining fils « , c’est à dire quelqu’un est propriétaire d’une raffinerie qui est le matériel et puis tout un chacun peut apporter son brute pour raffiner moyennant d’une commission qu’on appelle le  » fils  » et ceux qui exploitent le pétrole brut viennent et c’est comme le moulin à maïs où chacun vient avec son seau de maïs et paye 200 ou 100 fCfa et c’est comme ça que la raffinerie aurait dû fonctionner.

On a plutôt adopté le système français où le prioritaire de la quincaillerie est en même temps propriétaire du brut, ça veut dire donc que les pertes des deux s’accumulent. Il se trouve qu’en 2013 le contrat de la Total est fini et puis on a nationalisé le management de la Sonara au moment où ce contrat finit, la Sanara ne devait pas d’argent aux fournisseursétrangers. En cinq ans, la Sonara doit un milliard d’Euro aux fournisseurs étrangers c’est à dire 600 milliards de francs Cfa.

Justement, Il faut se poser des questions et chercher à savoir ce qui n’a pas marché et comment résoudre ce problème. C’est le travail du président de la république, mais il faut mettre le doigt là où cela se trouve, notre secteur pétrolier a perdu tout son assistance technique et cela. donne les calamités auxquelles nous assistons aujourd’hui à cause de cette assistance technique.

O.E : Quel commentaire faites du nouveau directeur national de la Beau, ainsi de la mise en circulation des nouveaux billets de Banque ?

B.O : Je dois d’abord publiquement adresser mes chaleureuses félicitations au nouveau directeur national de la Beac,qui est un homme compétent. 1| a fait ses classes et cela fait environ 40 ans qu’il est là-bas. Je le connais très bien. Dans le temps, nous avions déjà eu des opportunités d’échanger ensemble. Donc c’est un homme qui est ouvert aux échanges, humble. Je salue véritablement sa nomination en tant que personne et je salue le choix parce que, c’est quelqu’un qui connait la maison, bien les rouages et il sera un très bon interlocuteur pour les hommes d’affaires et les citoyens.

Concernant les billets de la Beac, je ne vais pastrop en parler parce que c’est eux-mêmes qui savent pourquoi il n’y a pas de pièces, ainsi les billets qui deviennent vieux jusqu’à atteindre la qualité de chiffon. Dans les pays européens, lorsque vous versez de l’argent dans une banque, on fait retourner tous les vieux billets à la banque centrale et quand vous faites des chèques, on vous remet toujours des billets neufs.

Ici au Cameroun vous vous rendez dans une banque et faites un versement et immédiatement, l’a caissière reprend les vieux billets pour servir les clients qui sont venus faire des retraits. Donc ça c’est une moquerie, parce que même si des billets sont vieux n’importe comment, cela n’atteint pas les deux pour cent de la charge de la Beac et pour cela, il faut respecter les citoyens, ainsi que les consommateurs de la zone.

Ouest Echos

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