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Autoroute Kribi-Lolabe : l’entreprise CHEC va exploiter l’infrastructure pendant 30 ans

L’entreprise chinoise CHEC a été chargée d’assurer l’exploitation et la maintenance du tronçon de 38,5 km desservant le port de Kribi. L’enjeu pour l’Etat est de reprendre dans 30 ans une infrastructure encore en état de fonctionnement.

Le Cameroun tient sa toute première autoroute qui a été mise en service ce 29 juillet 2022. A l’heure de célébrer la construction du tronçon de 38,5 km qui dessert le port en eau profonde Kribi, il n’est pas exclu de se demander dans quel état sera cette infrastructure dans 30 ans, au terme de l’exploitation assurée par Entreprise China Harbour Engineering Company (CHEC). La gestion de l’autoroute Kribi-Lolabe a été confiée à ce concessionnaire dans le cadre d’un contrat de Partenariat public-privé (Ppp) signé avec l’Etat du Cameroun depuis le 30 décembre 2020.

Le ministère des Travaux publics assure que le partenaire privé a été assigné à atteindre des objectifs de performance et de niveau de service. Il s’agit par exemple des inspections visuelles sur les diverses parties de l’autoroute ou encore des inspections détaillées des ouvrages d’art et d’assainissement. L’enjeu est de repérer puis réparer toute dégradation.

Cela devra se faire à des fréquences données ou selon des périodicités connues. L’entreprise CHEC est aussi astreinte à assurer le nettoyage de chaque partie de (‘infrastructure à des fréquences indiquées. Elle ira jusqu’à maintenir la propreté des abords et des aires ; sans compter l’entretien des espaces verts à un rythme régulier.

« La maintenance d’une infrastructure comme l’autoroute se fait au fil de l’eau. On n’attend pas qu’elle arrive à la fin de vie pour engager une action dessus. L’entreprise veille et répare les premiers défauts dès qu’ils apparaissent. C’est ainsi que toutes les choses s’entretiennent », explique un ancien cadre du ministère des Travaux publics.

Pour cet ingénieur du génie civil, il n’est jamais superflu de. repasser une couche d’imperméabilité dès que le besoin se fait ressentir. C’est bon aussi de vérifier si le curage fonctionne bien, s’il n’y a pas des arrachements sur la chaussée ou s’il y a un replâtrage à faire. L’expert croit savoir qu’au bout de quelques années, l’entreprise CHEC pourra repasser un film ou une couche quelconque.

En assurant ainsi la maintenance et l’entretien cette autoroute, le partenaire privé assumera une responsabilité qui est juridiquement établie. L’enjeu est de garantir à l’infrastructure une vie au-delà de 30 ans, lorsque l’Etat du Cameroun aura repris l’exploitation. Seul un audit permettra d’être fixé sur cette seconde vie, pensent plusieurs experts. Si les routes nationales ont généralement une durée de vie allant de 15 à 20 ans, les autoroutes tiennent jusqu’à 25 ou 30 ans.

Il faudra alors veiller que l’entreprise restitue une infrastructure en état de fonctionnement pour approximativement la même durée. D’où l’importance de faire un audit qui établit clairement ce qui doit être remis en état avant la rétrocession de l’autoroute. « Il serait bête de reprendre une route pour aller la faire réparer », prévient un ingénieur.

Poste de péage automatique

Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, assure que le contrat a été « âprement » discuté avec l’entreprise chinoise CHEC, grâce à « l’expertise précieuse », souligne- t-il, du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (Carpa), un organisme de l’Etat dont l’une des missions est d’assister les administrations publiques sur des questions relatives aux projets publics à réaliser dans le cadre d’un contrat de partenariat.

Au terme du contrat avec la Chinoise CHEC, l’autoroute Kribi-Lolabe a été construite avec une enveloppe d’environ 250 milliards F.Cfa financée à 85% sur un crédit accordé par la banque d’éxport et d’import de Chine (Exim Bank China).

Les 15% restants ont été apportés par le partenaire CHEC qui a ainsi couvert la quote-part du Cameroun à ce projet. Dès la mise en service de l’infrastructure, le concessionnaire en assure exploitation et la maintenance pendant 30 ans. Pour garantir les recettes, un poste de péage automatique a été construit au point kilométrique 25, dans la localité de Mbeka’a.

Le ministère des Finances a d’ores et déjà fixé les frais de traversée de l’autoroute. Les moto- cycles ou motocyclettes à trois roues paient 600 F.Cfa. Les véhicules de tourisme d’une capacité de 9 places ou moins, y compris les pick-up, s’acquittent d’un ticket de 1 200 F.Cfa.

Les frais passent à 2 200 F.Cfa pour les camionnettes et les bus de transport de moins de 20 places. Quant aux camions moyens et bus de transport d’une capacité de plus de 20 places, le tarif est fixé à 2 800 Fcfa. Enfin, les grands camions à quatre essieux ou plus, passent le péage contre la somme de 5 600 F.Cfa.

« A travers le péage, l’entreprise voudra récupérer son investissement et faire une marge bénéficiaire. L’Etat devra s’assurer que dans 30 ans, son partenaire restitue une autoroute en état de fonctionnement », conseille un expert.

Dans tous les cas, le ministre Nganou Djoumessi a été clair lors de la cérémonie de mise en service de l’autoroute Kribi-Lolabe : « l’exploitation et la maintenance des ouvrages autoroutiers commande que la gestion de ces infrastructures soient détachées des circuits administratifs ordinaires ; ce sera dans le cadre des contrats de Partenariat public-privé conformément à notre règlementation. »

C’est donc acté pour l’autoroute Yaoundé-Douala dont le tronçon de 60 km est prêt et attend son poste de péage pour être mis en service.

Le Jour

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