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Affaire Sébastien Ebala : la mise en garde de l’Organisation mondiale contre la torture

Dans une déclaration conjointe rendue publique le 8 juillet dernier, l’Ong qui travaille avec 200 organisations membres qui luttent pour mettre fin à la torture et aux mauvais traitements dans le monde, s’indigne contre le calvaire infligé au lanceur d’alertes par des éléments de la Sécurité militaire. L’intégralité du communiqué.

Un mois après sa sortie de prison le 27 mai 2022, le lanceur d’alerte Sébastien Ebala fait l’objet de menaces envers son intégrité physique de la part du commandant de la Sécurité militaire (Semil) du Cameroun, le colonel Joël Émile Bamkoui. Ces menaces interviennent après les révélations de M. Ebala sur des actes de torture subis en détention.

Le groupe d’intervention judiciaire Sos-Torture en Afrique (Gij) fondé par l’Organisation mondiale contre la torture (Omet) invite les autorités camerounaises à diligenter une enquête impartiale et indépendante sur ces allégations et à accorder à Sébastien Ebala la protection due aux victimes et aux témoins de torture. Le GIJ se réserve le droit de saisir le comité des Nations Unies contre la torture si ces actes restent impunis.

À sa sortie de prison et après la dénonciation des actes de torture qu’il y a subis, M. Ebala a reçu des appels du colonel Joël Émile Bamkoui, menaçant de l’arrêter à nouveau pour le torturer. « Le 22 juin vers 17 h30, il m’a appelé pendant 10 minutes et m’a menacé devant ma femme et mes enfants. Il m’a dit : « Tu vas retourner en prison. Je vais m’occuper de toi, et ce sera pire que la dernière fois. Tu es qui pour parler de moi ? Tu es déséquilibré et tu verras ce que tu mérites. C’était effrayant », a relaté Sébastien Ebala.

Depuis 2019, M. Ebata publie des vidéos en ligne pour dénoncer les violations des droits humains dans son pays. Ces assertions lui ont valu d’être arrêté et torturé pendant des heures puis maintenu en garde à vue pendant 41 jours sans aucun contact avec le monde extérieur dans une cellule insalubre et dans des conditions inhumaines. Il a ensuite été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme pour « propagation de fausses nouvelles et outrage au président.

Le témoignage de M. Ebala sur la torture dont il a été victime est particulièrement inquiétant. Il existerait un espace derrière le bureau du commandant de la SEMIL appelé le “Labo”, qui lui servirait de lieu de torture. Ces allégations font écho à d’autres témoignages reçus par l’Omct et devraient faire l’objet d’enquêtes immédiates, tel que préconisé par le Comité contre la torture en 2017.

Le GIJ invite les autorités camerounaises ainsi que tout autre acteur en position d’agir à : garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique de M. Sébastien Ebala et des membres de sa famille ; mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Sébastien Ebala ; diligenter immédiatement des enquêtes indépendantes et impartiales sur les allégations d’actes de torture et de mauvais traitement qu’il aurait subis pendant sa détention ; juger et punir tes auteurs de ces actes s’ils sont reconnus coupables et octroyer à M. Ebala des réparations le cas échéant.

Le Messager

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