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100 depouilles du Covid-19 en souffrance au Cameroun

Pour certaines personnalités avisées, les bilans annoncés périodiquement par le gouvernement seraient loin de réfléter la réalité.

A la date du 04 mai 2020, le bilan officiel de la situation épidémiologique au Cameroun faisait état de 2163 cas de contagions et de 964 guérisons du coronavirus, dont les premiers cas au Cameroun, officiellement, remontent à mars dernier. Curieusement, le nombre de décès n’a pas augmenté et stagnait à 64, tel que l’annonçait déjà lors de la précédente mise au point par le ministère de la Santé publique.

Le même jour, un éminent prêtre du diocèse de Douala, dont l’implication dans la stratégie diocésaine de réponse au Covid-19 ne fait aucun doute, faisait des déclaration assez surprenantes.

“Dans certaines structures sanitaires à Douala, il y a des médecins qui ne sont pas pris en charge, qui sont exposés. Même la simple chloroquine il n’y en a pas dans certaines institutions. Que dire des tests? Il n’y en a pas. Les médecins n’ont pas les équipements qu’il faut avant de recevoir ces personnes (malades). Il y en a qui vivent, ils ne savent même pas s’ils sont exposés ou non, et il y en a qui le sont. C’est après qu’on découvre que ce sont des malades de cette affaire. Entre temps, le fait a été fait et on n’a pas encore atteint le pic. »

Ce curé s’alarmait alors de la propagation à grande échelle de la pandémie, de la balade des patients d’un centre hospitalier à l’autre, avec tout ce que cela comportait comme risques de contagion des personnes saines. Peut-être faut-il y voir la cause de la désaffection des habitants de la ville et leur méfiance à l’égard des hôpitaux, tel que le constatait à son tour le directeur de l’hôpital Laquintinie de Douala.

Lequel disait alors redouter que des Camerounais, y compris ceux souffrant d’autres pathologies, aient préféré rester chez eux et crever dans le silence, plutôt que de courir le risque d’aller se faire infecter dans les hôpitaux.’Toujours est-il que ces craintes ne sont pas totalement injustifiées.

Tenez : le 24 avril, soit moins de deux semaines avant le dernier bilan mentionné ci-dessus, l’inspecteur général des services du gouverneur du Littoral, agissant par délégation et par ordre, signait une note adressée au délégué régional des Forêts et de la Faune, avec ampliation au ministre de l’Administration territoriale, à son homologue des Forêts et de la Faune, et de la Santé publique.

Dans ledit communiqué administratif portant la mention « Très urgent », Aboubakar Njikarn, administrateur civil principal, hors échelle, demande au délégué régional des Forêts et de la Faune de « bien vouloir mettre à la disposition de la Mairie de la ville de Douala des matériaux (planches) nécessaires à la fabrication de cent (100) cercueils destinés à l’enterrement des dépouilles abandonnées des victimes de ladite pandémie » par les familles.

La lettre dont l’urgence est particulièrement signalée, fait suite aux hautes instructions du chef de l’État « en vue de réserver une digne inhumation aux personnes décédées des suites de la pandémie de Covid-19 ». On le voit, il y a comme un profond précipice entre les chiffres officiels communiqués et la triste réalité du terrain, dans la gestion de cette épidémie.

Source: Le Jour

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