Dans les rues du Cameroun, autour des marchés et aux gares routières, un fléau se propage. Pour seulement 100 francs, le whisky en sachet est devenu le refuge illusoire des jeunes chômeurs et désœuvrés, ainsi que des conducteurs de moto-taxi épuisés par la misère.
Une parenthèse enchantée, pensent-ils. En réalité, c’est un pas de plus vers l’autodestruction.
Ce liquide est loin d’être un alcool ordinaire. C’est un mélange toxique : alcool industriel, méthanol, colorants dangereux, résidus chimiques.
Un poison lent qui ravage le cerveau, détruit le foie et les reins, affecte la fertilité et altère le comportement, plongeant de nombreux jeunes dans la violence, l’irresponsabilité et la dépendance.
Aux stations de moto-taxi, la scène est devenue banale : un sachet avalé entre deux courses pour « tenir le coup », pour oublier le chômage, la faim, l’absence d’avenir.
Mais ce courage illusoire a un prix exorbitant : accidents, maladies graves, vies brisées, familles endeuillées.
Le danger est connu. Des lois existent, des interdictions sont en vigueur. Pourtant, sur le terrain, le silence, la complaisance et la recherche du profit permettent à ce poison de circuler librement, sacrifiant toute une génération.
Face à cette tragédie, l’indifférence n’est plus acceptable. Refuser d’acheter, sensibiliser les jeunes, interpeller les autorités, organiser une mobilisation citoyenne : chaque action compte.
Protéger les jeunes chômeurs et les conducteurs de moto-taxi, c’est protéger l’avenir même de nos villes.
S’exprimer, alerter, agir n’est pas un luxe. C’est une urgence.
Ne laissons pas notre jeunesse mourir pour rien. Cent francs ne devraient plus jamais coûter une vie.







