Les données compilées par MMI News indiquent qu’entre septembre 2025 et janvier 2026, la présidence camerounaise a autorisé des emprunts totalisant plus de 2 300 milliards de francs CFA.
Ces fonds sont empruntés auprès d’institutions financières nationales et internationales, conformément aux différents décrets signés par le président Paul Biya, récemment réélu pour un huitième mandat controversé.
Ce montant vient alourdir la dette nationale du pays, qui, selon le gouvernement, s’élevait à plus de 14 000 milliards de francs CFA en septembre 2025.
Projets financés par les emprunts récents
Le dernier emprunt, d’un montant supérieur à 1 600 milliards de francs CFA, autorisé par la présidence, était censé financer des projets de développement et apurer des dettes. Cependant, la présidence n’a fourni aucune précision quant aux projets concernés ni aux paiements en cours.
Ce manque de transparence soulève une fois de plus des inquiétudes quant à la finalité de ces emprunts. Depuis son entrée en fonction, le président Paul Biya a fait de la lutte contre la corruption et de la promotion de la transparence un axe majeur de sa politique de reddition de comptes.
Cependant, ces problèmes continuent de peser sur son gouvernement, qui dure depuis 43 ans. Pendant la pandémie de Covid-19 et la Coupe d’Afrique des Nations 2021, des emprunts ont été contractés pour financer la construction d’infrastructures et lutter contre la pandémie, mais une partie de ces fonds a disparu.
Le gouvernement a ouvert une enquête qui, à ce jour, n’a abouti à aucune condamnation.
Sally Ndape, militante des droits humains, a déclaré que, depuis 43 ans, le Cameroun subit un cycle d’emprunts sans aucune transparence ni reddition de comptes.
« La semaine dernière encore, on annonçait le lancement de budgets sectoriels, avec des chiffres impressionnants mis en avant, mais où sont les progrès concrets pour les citoyens ? », s’est-elle interrogée, ajoutant que les dispositions fiscales de la nouvelle loi de finances suscitent une indignation justifiée, laissant de nombreuses questions sans réponse et des préoccupations non prises en compte.
« En tant que citoyenne, j’exige des explications transparentes, sans crainte d’intimidation, et j’attends des réponses complètes qui répondent à nos besoins. Il est impératif de rompre ce cercle vicieux qui consiste à accabler les citoyens de taxes tandis que des fonctionnaires corrompus vivent dans le luxe grâce à des fonds empruntés », a-t-elle déclaré.
« L’absence de contrôle et de responsabilité parmi les ministres et les dirigeants locaux contribue largement aux difficultés de notre nation, et il est temps que cela change », a-t-elle ajouté.
Pour elle, le Cameroun a besoin d’une véritable réforme de l’ensemble du système, fondée sur une réelle responsabilité et une transparence totale.
Cependant, selon la présidence, les emprunts précédents étaient destinés à moderniser le secteur de l’éducation de base, à fournir de l’eau potable dans certaines localités, à construire des systèmes solaires pour l’électrification rurale, à construire des routes, à installer des caméras de surveillance à Douala et à moderniser le CDC et Sodocoton, entre autres.
Malgré ces emprunts massifs, nombreux sont ceux qui se plaignent de ne pas ressentir l’impact des projets pour lesquels le gouvernement affirme avoir contracté ces emprunts.
Comment les prêts seront-ils remboursés ?
Ces emprunts massifs auront probablement un impact considérable sur les citoyens, car la plupart des projets ne sont pas des activités génératrices de revenus. À titre d’exemple, un emprunt récent de 1 600 milliards de francs sera en partie utilisé pour apurer la dette publique.
Cela signifie que le gouvernement ne pourra rembourser un tel prêt qu’en augmentant les impôts des citoyens, déjà fortement pénalisés par la hausse du coût de la vie.
Sur les 13 emprunts contractés par le gouvernement entre septembre de l’année dernière et janvier de cette année, aucun montant n’a été alloué au financement de la construction d’une industrie génératrice de revenus.
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