Cameroun Actuel

Université de Buea : chaos autour des frais de scolarité après la fin du paiement en ligne

Étudier à Buea aujourd’hui, c’est affronter des embouteillages de plus en plus denses. La ville, qui ne compte qu’un seul boulevard principal, connaît une croissance démographique continue, favorisant la construction de nouveaux bâtiments et l’essor automobile, sans planification urbaine ni infrastructures routières adéquates.

Plus de 25 000 étudiants de l’Université de Buea (UB), première université publique anglo-saxonne du Cameroun, située à Buea, font face à des files d’attente interminables devant les banques pour payer leurs frais de scolarité. Depuis l’année universitaire 2024/2025, la direction de l’UB a suspendu le paiement en ligne, invoquant un manque de transparence de la part des opérateurs de téléphonie mobile partenaires de la plateforme numérique.

Des comptes bancaires distincts ont été attribués aux facultés de l’UB pour effectuer ces paiements. Devant une banque du centre-ville de Molyko, des étudiants confient arriver avant l’aube. L’un d’eux, souhaitant rester anonyme, explique n’avoir pu payer qu’après midi, malgré son arrivée avant 6 heures du matin. D’autres, se présentant comme des étudiants de première année, attendaient depuis deux heures, alors que les cours avaient déjà commencé.

Lire aussi >  Yaoundé : des kidnappeurs tuent une étudiante de 23 ans de l'université de Buea, quelques semaines après avoir obtenu une rançon

Une fois les frais de scolarité réglés, le processus n’est pas encore terminé. Les étudiants doivent se rendre dans leur faculté pour un contrôle, où ils auront accès à leur plateforme numérique pour l’inscription aux cours et la consultation de leurs résultats.

Le vice-chancelier de l’UB, le professeur Ngomo Horace Manga, a expliqué que cette mesure visait à garantir la transparence de la gestion financière de l’établissement. Il a souligné plusieurs problèmes rencontrés par l’université lors de la mise en place du paiement numérique des frais de scolarité. Parmi ceux-ci figuraient la difficulté à établir un nombre précis d’étudiants payant leurs frais de scolarité, la lenteur des prestataires de services et la facilité avec laquelle des étudiants mal intentionnés pouvaient falsifier les reçus.

« Il faut savoir qu’avec MTN, nous avons rencontré des problèmes. Nous n’avons pas pu vérifier l’authenticité des reçus de certains étudiants. Nous n’avions pas accès à une liste exhaustive des personnes ayant payé », a expliqué le professeur Ngomo.

Le processus désormais utilisé avec les banques, a-t-il affirmé, est plus fiable et permet une meilleure traçabilité. Il a toutefois admis que des retards dans le paiement des frais bancaires étaient survenus, dus en partie au non-respect des accords par certaines banques. Il s’est exprimé après l’inscription de plus de 12 000 étudiants à l’université, le 22 novembre 2025. Le vice-chancelier de l’UB a affirmé que des mesures étaient prises pour remédier à la situation.

Lire aussi >  Cameroun : protestation groupée des Ong après la sanction de Me Agbor Mballa à l'Université de Buéa
Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci