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Scandale au Barreau : des avocats exigent la démission de Me Gbaka Ernest Acho après une agression présumée

De nombreux avocats camerounais réclament la démission du président de l’Assemblée générale du Barreau du Cameroun, Me Gbaka Ernest Acho, suite à une agression physique présumée contre un confrère lors d’une Assemblée générale du Barreau, désormais reportée, qui devait se tenir le vendredi 30 janvier 2026 à Yaoundé.

L’incident s’est produit au Complexe sportif polyvalent de Yaoundé, où des avocats venus de tout le pays étaient réunis pour une Assemblée générale ordinaire afin d’examiner et de voter le budget de fonctionnement du Barreau et d’autres questions. La séance n’a cependant pas pu se tenir faute de quorum, la loi du Barreau exigeant la présence d’au moins la moitié des avocats inscrits, soit environ 2 000.

Créances de l’incident

Selon des témoins présents sur les lieux, les événements ayant conduit à l’agression ont débuté par un désaccord concernant les responsabilités de secrétariat lors de l’Assemblée générale.

Conformément à la loi, le secrétaire général du Barreau du Cameroun, Me Zangue Serge Martin, est responsable de toutes les tâches de secrétariat pendant les Assemblées générales. Ces tâches comprennent l’établissement du registre de présence et la gestion des protocoles administratifs lors de ces réunions.

Avant la session du 30 janvier, Me Zangue a officiellement informé la hiérarchie du Barreau et les avocats qu’il assumerait personnellement ces fonctions. Dans son communiqué, publié à la veille de l’Assemblée, il a cité les dispositions du règlement intérieur du Barreau du Cameroun qui lui confèrent ce mandat.

Cependant, le Président de l’Assemblée générale, Me Gbaka Ernest Acho, aurait déjà constitué un secrétariat distinct et établi son propre registre de présence. Ce chevauchement a créé des tensions sur place.

Altercation dans la salle de l’Assemblée

Selon des témoins, un vif échange de mots a éclaté entre Me Gbaka Ernest et Me Zangue Serge dans la salle de l’Assemblée. Le désaccord a rapidement attiré l’attention des avocats présents pour la réunion.

Au cours de la confrontation, Me Walters Shashan Birghan Mbinglo, chef de cabinet du Président du Barreau du Cameroun, Me Mbah Eric, est intervenu pour apaiser la situation. Selon certaines sources, son intervention exprimait la crainte que rien ne soit accompli si les deux responsables poursuivaient leur échange houleux.

Cette intervention aurait provoqué la colère de Me Gbaka Ernest. Il aurait réprimandé Me Shashan, remettant en question sa présence et son droit de parole alors que de hauts responsables du barreau traitaient de la question. Quelques instants plus tard, sous les yeux des avocats et des stagiaires, le président de l’Assemblée générale aurait giflé Me Shashan.

Réactions immédiates et réunion de crise

L’agression a suscité l’indignation parmi les avocats présents, dont beaucoup ont exprimé leur déception et leur désapprobation face à l’incident impliquant le président de l’Assemblée générale et ont exigé des sanctions immédiates à son encontre. Cet incident serait sans précédent.

L’Assemblée générale a été officiellement ajournée à une date ultérieure. L’ajournement s’est déroulé en présence d’un représentant du ministre d’État, du ministre de la Justice et du Gardien des Sceaux.

Mesures juridiques et disciplinaires possibles

Suite à l’incident, les avocats ont publiquement exigé la démission de Me Gbaka Ernest Acho de son poste de président de l’Assemblée générale.

Selon des sources juridiques, plusieurs actions sont envisageables, y compris des poursuites disciplinaires et pénales. Conformément au règlement du barreau, les sanctions disciplinaires peuvent aller de l’avertissement ou du blâme à la suspension ou à la radiation, en fonction des conclusions de l’enquête.

À ce jour, le barreau du Cameroun n’a publié aucune déclaration officielle concernant l’incident, mais la pression s’accentue au sein de la profession juridique en faveur de la transparence et du respect de la déontologie.

Pour un barreau qui s’est déjà exprimé avec force et a agi dans de nombreux cas d’agressions d’avocats par les forces de l’ordre, par exemple, cet incident représente un véritable défi et les attentes sont élevées quant aux mesures qu’il prendra.

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