Le Bâtonnier Me Eric Mbah Mbah a adressé une correspondance ferme au Préfet du département du Mfoundi en réaction à l’arrêté N°00001436 AP/JO6/SP pris le 16 juillet 2024. Cet arrêté, stipulant que toute personne appelant au soulèvement contre les institutions de la République ou engageant des manœuvres pouvant troubler l’ordre public est susceptible d’interdiction de séjour dans le Mfoundi, est jugé contraire aux droits et libertés fondamentaux.
Le Conseil de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun s’est déclaré outré par les dispositions de cet arrêté, qu’il considère en contradiction flagrante avec la Constitution du Cameroun. Selon Me Eric Mbah Mbah, cet arrêté viole les droits à la liberté d’expression et de circulation garantis par la Constitution ainsi que par les instruments internationaux.
La correspondance souligne que la Constitution du Cameroun dispose que tout homme a le droit de se fixer en tout lieu et de se déplacer librement, sous réserve des prescriptions légales relatives à l’ordre, à la sécurité et à la tranquillité publics. Or, le Bâtonnier estime que l’arrêté du Préfet usurpe les prérogatives du législateur en imposant des restrictions de manière arbitraire.
De plus, le Conseil de l’Ordre des Avocats estime que cet arrêté, au lieu de préserver l’ordre public, pourrait au contraire provoquer des troubles et être perçu comme une vexation injustifiée en période de paix fragile au Cameroun.
Ainsi, le Conseil de l’Ordre condamne avec la plus grande fermeté cette décision qu’il qualifie d’antidémocratique et appelle le Préfet du Mfoundi à rapporter l’arrêté. En cas de non-retrait, le Conseil envisage d’autoriser le Bâtonnier à entreprendre toutes les actions nécessaires pour préserver les valeurs républicaines et l’unité du peuple camerounais.

