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Santé : le Covid-19, un défi de plus pour les drépanocytaires

La pandémie qui secoue le monde présente certains symptômes similaires à ceux de cette maladie chronique. Une difficulté potentielle pour la prise en charge des malades.

Les 10 règles d’or du malade de la drépanocytose, Anges Joël, Joséphine et Maxence, âgés de 16 ans, les maîtrisent sur le bout des doigts. « Boire beaucoup d’eau, se tenir au chaud, prendre son acide folique, éviter les jeux rudes, entre autres », récitent les trois élèves du Lycée bilingue d’Ekounou à Yaoundé, sous le regard attentionné de Lucie Andje Ndjambang, l’infirmière de l’établissement, et de Joséphine Tematio, chargée de la sensibilisation à l’institut européen de coopération et de développement (IECD).

Elles les connaissent bien, car cela fait quelques années que ces deux dames suivent l’évolution de l’état de santé de ces jeunes drépanocytaires. Aujourd’hui plus qu’hier, en cette période de pandémie à coronavirus, ils appliquent avec encore plus de sérieux et de zèle leur mantra de survie. Car à tout moment, une crise peut se déclencher, et le malade drépanocytaire se retrouve à affronter une détresse respiratoire, des courbatures ou des douleurs musculaires et articulaires. Des symptômes récurrents dans la liste des signes du Covid-19. De quoi semer la confusion auprès de certains personnels soignants, et causer la frayeur des hôpitaux chez les malades.

Pour les parents, il est hors de question que leurs enfants attrapent le coronavirus, en plus de la souffrance qu’ils ont déjà à endurer. Alors ils renforcent la surveillance. « Je préfère me charger des courses, même à la boutique d’à côté. Ainsi Joséphine n’a que rarement des contacts physiques avec d’autres personnes. Quand elle sort, elle porte son masque », déclare sa mère.

Les dispositions sont presque les mêmes pour tout le monde. « On prend d’énormes précautions. Anges Joël a fait un mois entier sans sortir de la maison », reconnaît Norbert Faha Keugne, son père. Justine Fanny Bengono, la mère de Maxence raconte la récente rechute de sa fille.

« Elle avait besoin d’une transfusion de sang car elle a fait une forte anémie, mais son médecin était à l’étranger, et avec les frontières fermées, il n’a pas pu revenir. Donc on a beaucoup échangé par téléphone. Le contexte du Covid-19 ne m’a pas encouragée à l’emmener à l’hôpital. Elle a pris un traitement traditionnel pour remonter son taux de globules rouges, et nous avons fait les examens dans une clinique proche », explique-t-elle. Ces mesures strictes ont payé jusque-là.

La drépanocytose est la première maladie génétique au monde, puisque l’OMS estime que 50 millions de personnes en sont atteintes. D’où l’importance de la journée mondiale célébrée chaque année le 19 juin. Au Cameroun, plus de 6 000 enfants naissent drépanocytaires par an, selon le Groupe d’étude de la drépanocytose (GEDREPACAM).

Un Camerounais sur quatre peut la transmettre à ses enfants. Pour faire reculer les chiffres, l’Etat à travers le ministère de la Santé publique, et ses partenaires que sont des organismes comme l’association française IECD ou encore la plateforme camerounaise « Convergence-Drépanocytose », prônent le dépistage des nouveau-nés pour assurer une longue vie aux malades.

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