Les contestations post-électorales continuent d’agiter la scène politique camerounaise. Pierre Kwemo, candidat de l’Union des mouvements socialistes (UMS) à la présidentielle du 12 octobre 2025, dénonce dans les colonnes du magazine Jeune Afrique un « vol électoral » d’une ampleur inédite.
Selon lui, près de 120 000 voix lui auraient été soustraites, dont 80 000 dans le département du Haut-Nkam, son fief politique où il exerce en tant que député, et 40 000 supplémentaires dans les départements du Moungo et du Wouri. « Ils m’ont pris près de 120 000 voix… J’ai les chiffres », affirme-t-il, assurant disposer de preuves détaillées pour étayer ces accusations.
Pierre Kwemo ne se limite pas à dénoncer la perte supposée de voix. Il met également en lumière des anomalies qu’il juge « inexplicables » dans l’évolution du nombre de votants entre la présidentielle de 2018 et celle de 2025. Dans certaines circonscriptions, les hausses seraient vertigineuses : 800 % dans le Nord-Ouest et 243 % dans le Sud-Ouest, deux régions déjà citées par plusieurs observateurs pour des irrégularités récurrentes.
À l’inverse, des baisses significatives sont relevées dans le Sud et le Centre, tandis que l’Extrême-Nord enregistrerait une réduction de 8 % du corps électoral, un décalage qui, selon lui, renforce les soupçons de manipulation.
Ces nouvelles accusations viennent s’ajouter aux conclusions d’une autre enquête menée parallèlement sur le processus électoral. Selon cette investigation, l’organe en charge des élections, ELECAM, aurait soustrait 837 113 voix au candidat Issa Tchiroma Bakary et 371 544 voix aux autres candidats, soit un total de 1 208 657 voix contestées.
Des chiffres qui, s’ils étaient confirmés, remettraient profondément en question la crédibilité du scrutin présidentiel et le niveau de transparence affiché par les autorités électorales.
Alors que les candidats lésés réclament plus de clarté et exigent l’ouverture d’audits indépendants, cette nouvelle vague de dénonciations ravive les tensions et alimente les doutes sur la sincérité du vote. Pour l’heure, ELECAM n’a fourni aucune réponse détaillée aux accusations précises portées par Pierre Kwemo.
Dans un climat déjà fragile, ces révélations pourraient bien prolonger la crise de confiance qui entoure la présidentielle de 2025 et relancer le débat national sur la réforme du système électoral.
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