Alors que l’annonce du rachat d’ENEO par l’État du Cameroun suscite un vif enthousiasme dans une partie de l’opinion, plusieurs voix appellent à la prudence.
L’analyste Moussa Njoya estime que cette décision, loin de résoudre les pénuries d’électricité, ne touche pas le cœur du problème. Selon lui, la distribution assurée par ENEO n’est qu’un maillon final d’une chaîne beaucoup plus large, où interviennent des acteurs comme EDC, SONATREL, KPDC, DPDC ou encore NHPC.
« Ce sont eux qui déterminent réellement si l’énergie est disponible ou non », rappelle-t-il dans une publication sur Meta.
« LE RACHAT D’ENEO NE CHANGERA RIEN !!!
Je vois des gens jubiler de l’acquisition d’Eneo par l’État du Cameroun… Et je comprends alors toute leur ignorance de la complexité du secteur de l’électricité au Cameroun.
En effet, Eneo n’est que le dernier acteur d’une longue chaîne composée des intervenants composites tels que EDC, SONATREL, KPDC, DPDC, NHPC, etc. Et ce sont ceux-ci qui sont les plus déterminants et les plus problématiques dans la disponibilité ou pas de l’énergie électrique au Cameroun !
Donc, nationaliser ENEO, le distributeur, en ne cherchant pas à « maîtriser » l’ensemble de ces autres acteurs majeurs, afin de les canaliser dans une entité unique comme cela était le cas du temps de la SONEL, c’est un peu comme si tu achetais un grand dépôt de boissons et commençais à crier partout dans le quartier que la pénurie de boissons est désormais finie, alors que les brasseries sont encore entre les mains d’autres personnes qui te dominent !
C’est au minimum de la pure folie… Mais davantage de la pire fumisterie !!! » écrit Moussa Njoya.
Le gouvernement camerounais vient de franchir une étape majeure dans sa volonté de reprendre le contrôle du secteur énergétique national. Le fonds d’investissement britannique Actis a accepté l’offre de 78 milliards FCFA (environ 119 millions d’euros) proposée par l’État du Cameroun pour le rachat de sa participation majoritaire de 51 % dans la société Energy of Cameroon (Eneo), principal opérateur du secteur de l’électricité dans le pays.
Ce rachat porte désormais à 95 % la part de l’État dans Eneo, contre 5 % pour le personnel, renforçant ainsi sa position stratégique dans le secteur de l’énergie.
Avec ce rachat, le Cameroun amorce une reprise en main de son secteur électrique, mais les défis restent immenses. Le gouvernement a annoncé un Plan de redressement ambitieux prévoyant de mobiliser 6 000 milliards FCFA d’investissements entre 2023 et 2030 pour restructurer les dettes, moderniser les équipements et renforcer la production et la distribution.
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