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Le gouvernement toujours silencieux 24h après l’arrestation de Lucas Ayaba Cho en Norvège

L’arrestation médiatisée de Lucas Ayaba Cho, leader séparatiste des Forces de défense d’Ambazonie (ADF), a suscité de nombreuses interrogations, notamment en raison du silence inhabituel du gouvernement camerounais.

Habituellement prompt à communiquer via ses ministères de la Communication ou de l’Administration territoriale, le gouvernement n’a pour l’instant pas fait de déclaration officielle, laissant la radio nationale CRTV relayer l’information.

Cette attitude contraste fortement avec les précédentes arrestations de leaders séparatistes comme Sisiku Ayuk Tabe, pour lesquelles le gouvernement avait rapidement pris position et entamé des poursuites judiciaires.

L’absence de réaction cette fois-ci soulève des questions sur la stratégie adoptée par les autorités camerounaises vis-à-vis de Lucas Ayaba Cho, qui n’a jamais été officiellement désigné comme une menace directe pour la sécurité nationale.

Des liens suspects avec le gouvernement ?

Certaines opinions avancent que les opérations d’Ayaba Cho dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest auraient bénéficié d’une certaine complaisance de la part du gouvernement.

Des soupçons de connivence ont été alimentés par sa capacité à importer des armes sophistiquées au Cameroun et à mener des actions militaires malgré la forte présence des forces de défense camerounaises. Cette proximité présumée avec des acteurs internes pourrait expliquer son influence sur le terrain.

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Un chef séparatiste redouté

Ayaba Cho est considéré comme l’un des leaders séparatistes les plus influents et les plus redoutés. Il est le seul dirigeant de la diaspora à être retourné sur le sol camerounais, apparaissant à Dadi, Akwaya, avec certains de ses combattants. Comment il a pu opérer dans une zone hautement militarisée reste un mystère.

Ce retour sur le terrain a renforcé son pouvoir et la discipline de ses forces, lui permettant d’imposer une chaîne de commandement rigoureuse.

Sous ses ordres, les ADF ont commis plusieurs actions violentes, incluant des meurtres et des enlèvements. Le meurtre de l’ancien sous-préfet de Batibo, le massacre de Guzang et l’assassinat du sénateur Henry Kemende sont parmi les crimes les plus marquants attribués à Ayaba Cho et ses hommes.

Interrogations sur l’avenir

L’arrestation d’Ayaba Cho pourrait ouvrir une nouvelle phase de révélations concernant ses opérations et ses éventuelles connexions avec le gouvernement camerounais. Si des preuves de collaboration émergent au cours de son interrogatoire par les autorités norvégiennes, cela pourrait avoir des répercussions majeures sur la scène politique camerounaise.

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En l’absence d’une communication claire et cohérente du gouvernement, les spéculations vont bon train, et la population reste en attente de réponses officielles.

Qu’il y ait eu ou non des connivences entre Ayaba Cho et les autorités, une prise de parole du gouvernement semble désormais indispensable pour clarifier sa position et tracer une voie vers une paix durable dans les régions anglophones en crise.

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