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Issa Tchiroma déclare le 21 novembre « Jour de deuil national »

La confrontation post-électorale au Cameroun s’est fortement intensifiée mercredi, après que le président élu, Issa Tchiroma Bakary, a prononcé un discours solennel à la nation déclarant le vendredi 21 novembre 2025 Journée nationale de deuil – en hommage aux citoyens qui auraient été tués lors des manifestations contestant les résultats officiels de l’élection présidentielle.

Dans une déclaration ferme, M. Tchiroma a condamné ce qu’il a qualifié de « régime illégitime » qui, selon lui, continue d’ignorer la volonté du peuple exprimée lors de l’élection présidentielle du 12 octobre. D’après lui, des dizaines de civils – y compris des mineurs – ont été « traqués, battus, torturés et tués » pour avoir défendu leurs votes.

« Ils sont tombés pour que la vérité triomphe… Ils étaient camerounais. Ils étaient nos martyrs. » – Issa Tchiroma Bakary.

Appel à la grève générale au Cameroun

M. Tchiroma a ordonné à toutes les entreprises, administrations et institutions de suspendre leurs activités dans tout le pays vendredi, décrivant cette journée comme une commémoration et un acte de résistance.

Il a exhorté les Camerounais, y compris ceux de la diaspora, à observer une minute de silence nationale à midi et a appelé les chefs religieux à organiser des prières en l’honneur des défunts.

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« Ce ne sera pas un jour comme les autres. Ce sera un jour de silence, de souvenir, de réflexion et de résistance. »

Il a également annoncé la création d’un fonds de soutien aux victimes de la répression post-électorale, dont les détails seront communiqués ultérieurement.

Il dénonce la réponse du gouvernement comme une « mascarade ».

La semaine dernière, Tchiroma a lancé un ultimatum de 48 heures exigeant la libération de tous les détenus politiques. Certains mineurs ont depuis été libérés, une mesure qu’il a qualifiée d’« insuffisante » et de tentative de « tromper le peuple ».

« Il y a encore beaucoup trop de personnes en détention, et les arrestations se poursuivent. »

Un affrontement direct avec le pouvoir

Dans ses déclarations les plus incisives à ce jour, Tchiroma a réaffirmé sa prétention à la présidence, rejetant catégoriquement toute négociation ou compromis avec le gouvernement Biya, qui conserve le contrôle des institutions étatiques.

« Je ne reculerai pas. Je ne négocierai pas. Je ne capitulerai jamais. »

Il a accusé le gouvernement de parjure pour avoir prêté serment après qu’il a prétendument « volé une élection » – une déclaration qui, selon les analystes, trace plus clairement que jamais les lignes de front.

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Une nation divisée entre le droit de vote et la force

Avec deux revendications de pouvoir concurrentes – l’une soutenue par l’État, l’autre par des résultats électoraux contestés – le Cameroun reste plongé dans une crise constitutionnelle sans perspective de résolution.

Tchiroma a juré de consacrer le reste de sa vie à ce qu’il a appelé la « reconstruction morale et politique » du pays :

« J’ai reçu un mandat clair du peuple. Notre combat est pour la justice, la dignité et l’avenir du Cameroun. »

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