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Formation professionnelle : Issa Tchiroma Bakary crève l’abcès

Lors de l’ouverture d’un forum sur l’emploi, ce 31 janvier à Douala, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle a encourage les parents d’orienter leurs enfants vers les centres d’apprentissage spécialisés.

Le modèle d’enseignement général et des filières non spécialisées est révolu. Et pour cause, le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop), Issa Tchiroma Bakary exhorte les parents à inscrire leurs enfants dans des centres de formations professionnelles. Il a fait cette déclaration forte lors de l’ouverture d’un forum sur l’emploi à Douala, ce lundi 31 janvier 2021.

« Vous envoyez vos enfants dans des facultés qui forment pour des gens qui ne travailleront jamais. Vous envoyez les enfants dans la faculté d’Histoire-Géo, je n’ai rien contre. Mais si vous envoyez vos enfants ils vont vous rapporter une maîtrise en Histoire-Géo ou en lettres grecques ou modernes, ils viendront avec ces diplômes là et ils ne travailleront jamais », a-t-il lancé à l’assistance.

En effet, au Cameroun, la formation professionnelle ne représente à peine que 0,025% du budget alloué à l’éducation. Pourtant, l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) recommande aux États de consacrer 20% de leur budget alloué à l’éducation à la formation professionnelle. Même si un rapport de la Banque mondiale, la pandémie de la Covid-19 a fragilisé la vie sociale des populations camerounaises, et a été à la base de la perte de plusieurs emplois.

Pour l’exercice budgétaire de 2021, le Minefop s’est contenté d’une enveloppe de 18,712 milliards fcfa. Un montant en baisse de 1,512 milliard Fcfa par rapport à l’exercice précédent. De cette enveloppe, un peu plus de 13 milliards Fcfa étaient affectés au fonctionnement pour seulement 258 millions Fcfa consacrés aux bourses et stages.

Pour l’année 2022, l’enveloppe est estimée à 21,44 milliards. Cela ne permet pas d’atteindre un niveau d’adéquation parfait entre la formation et le marché de l’emploi, surtout dans ces deux domaines où la demande est la plus importante. Autant d’éléments qui conduisent plus d’un à adouber la pensée de Issa Tchiroma Bakary. Dans la mesure où jusqu’ici, la formation au sein des établissements d’enseignements secondaires ne cadre pas toujours avec les réalités du marché de l’emploi.

D’où sans l’intervention publique, dans l’optique de repenser l’éducation et d’accompagner les entreprises du secteur informel, le sous-emploi pourrait continuer de masquer le chômage et la pauvreté, tares sociales à conséquences fâcheuses pour l’avenir de la jeunesse.

Info Matin

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