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Image choc à Yaoundé : les ouvriers de la BEAC assis au sol devant la Primature

Au petit matin du 11 novembre 2025, plus de 150 ouvriers du futur siège de la Beac ont convergé vers la Primature, lassés d’attendre des salaires impayés qui s’accumulent depuis parfois cinq mois.

Installés à même le sol, visages fermés, ils ont dénoncé des conditions de vie « inhumaines » et réclamé l’intervention directe du Premier ministre pour mettre fin à une situation qu’ils décrivent comme un abandon. Cette démonstration de détresse, rare à ce niveau institutionnel, révèle un malaise profond qui mine l’un des projets les plus emblématiques de la Cemac.

Depuis des semaines, le chantier, pourtant présenté comme un symbole de rigueur technique et de modernité, est le théâtre d’un climat social tendu. Les ouvriers rapportent des retards de paiement devenus récurrents, des logements précaires et une absence totale de suivi administratif.

Certains vivent dans des abris improvisés, incapables de retourner chez eux faute de moyens. D’autres évoquent des heures de travail dans des zones dangereuses sans primes correspondantes ni contrats réguliers. Derrière la façade de verre et d’acier en construction se dessine un quotidien de promesses non tenues et de pressions silencieuses.

Face à cette situation, les syndicats ont exigé une médiation urgente et un mécanisme transparent de gestion des rémunérations, dénonçant une négligence systémique. Pourtant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, renforçant la perception d’un État distant et peu soucieux du sort de ces travailleurs.

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Cette absence de réponse nourrit la crainte de représailles chez certains ouvriers, tandis que d’autres annoncent qu’ils refuseront de retourner sur le chantier tant que leurs droits ne seront pas respectés.

L’image forte de ces hommes assis devant la Primature interroge sur la gouvernance d’un projet censé incarner la stabilité financière régionale. Comment un chantier de cette envergure peut-il laisser dériver une telle crise sociale ?

Et surtout, combien de temps encore ces voix, déjà longtemps ignorées, devront-elles crier pour être entendues ? Les ouvriers ont choisi la lumière du pouvoir pour briser le silence : il appartient désormais à l’État de répondre avec la même clarté.

MMI

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