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Drame d’OIembé : les familles des victimes abandonnées par le gouvernement

La levée de corps de ces camerounais morts lors de la bousculade d’OIembé prévue ce jeudi 17 février 2021 se fait dans un concert de plaintes des familles lésées par l’Etat du Cameroun.

Les familles des huit personnes décédées dans la bousculade d’OIembé du 24 janvier 2022 sont inconsolables. Ces derniers ne savent pas à quel saint se vouer. Car ils sont dépassés par tout ce qui leur arrive dans leur vie en ce moment.

Après la disparition de leurs proches dans des circonstances troubles le 24 janvier 2022 dernier, ces familles éplorées sont encore plongées dans une profonde douleur. Une douleur qui s’est amplifiée au regard de l’actualité qui entoure le décès de ces supporters des Lions Indomptables.

Convaincues que l’Etat du Cameroun devrait les aider à accompagner dignement leurs morts, ces derniers sont surpris à 48 heures de l’inhumation de leurs proches du silence des responsables du gouvernement. Et plus précisément de celui du ministre des Sports et de l’Education Physique, patron de la politique sportive au Cameroun.

En première ligne après la survenue de ce drame le 24 janvier 2022 dernier, le Pr Narcisse Mouelle Kombi qui s’était empressé de faire des grandes déclarations est absent. Idem pour le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.

Celui-ci avait lui aussi annoncé les messages de condoléances du Chef de l’Etat aux familles des victimes et les décisions prises par ce derniers pour prendre en charge toutes les victimes de cette bousculade qui s’était déroulée à l’entrée Sud du stade omnisports d’OIembé lors du match Cameroun contre les Comores comptant pour les 8èmes de finale de la 33èmes édition de la Coupe d’Afrique des nations.

A quelques heures de ces cérémonies mortuaires, les familles sont abandonnées à elles-mêmes. Elles se débrouillent chacune comme peut pour enterrer dignement le frère, la sœur, le père ou le fils décédé dans ce tragique accident. Sans moyens, elles sont en train de jongler avec des amis comme elles pour y parvenir. C’est le cas des proches de la famille Siatou Pierre Dadi, commerçant vendeur des chaussures au marché Mokolo.

« Siatou se battait ici, il vendait les chaussures pour nourrir sa petite famille. On ne savait pas que c’est comme ça qu’il allait nous quitter brusquement. Ses amis se sont réunis pour demander qu’on lui rende un dernier hommage. Ils ont cotisé de l’argent pour faire des tricots pour un dernier hommage. Pour eux, il doit continuer à vivre», raconte son frère aîné au micro d’Equinoxe télévision.

Au sujet de l’appui pour les obsèques du gouvernement, jusqu’à présent, rien ne filtre. Aucune manifestation des responsables de l’Etat du Cameroun n’est signalée. Ces familles qui espéraient une indemnisation ou encore des frais mortuaires pour leurs proches disparus sont plutôt surprises du mutisme qui entoure le sujet. Les responsables du gouvernement camerounais sont peu disert sur le sujet et ne l’évoque même pas. Ce qui fâche les responsables des familles endeuillées.

«J’avais demandé au ministre des Sports et de l’éducation physique pourquoi faire attendre l’enterrement du corps d’une personne morte dans ce genre de condition. Nous sommes des bantous et une personne qui meurt de manière étouffée doit être rapidement enterrée conformément aux us et coutumes. Le ministre des sports m’a répondu qu’il fallait que l’on dégage des responsabilités pénales avant de libérer le corps. Il nous a demandé d’être patients. Voilà on a laissé les corps à la morgue pendant des semaines. Qui va payer ces frais donc», s’interroge Achille Wouakeu, frère aîné de l’une des victimes décédées.

En plus de lui, les responsables des sept autres victimes de ce drame sont dans la même situation, abandonnés à leur triste sort par l’Etat du Cameroun. Regrettant amèrement ce calvaire qu’ils subissent, ces derniers ne cessent de rappeler que les membres de leur famille sont décédés parce qu’ils allaient supporter les Lions Indomptables du Cameroun. Ils déclarent tous que l’Etat les a piégés en évoquant comme raison l’enquête ouverte.

«On devait déjà enterrer nos morts depuis», affirment ces derniers encore en état de choc. Les plus cyniques d’entre eux pensent que l’Etat du Cameroun les a calmés parce qu’il ne voulait pas que la coupe d’Afrique des nations soit perturbée par le deuil.

«Maintenant c’est fini on peut nous abandonner», lance-t-il. Toutes éplorées, ces familles qui attendent à bras ouvert un geste de l’Etat, déclarent n’avoir encore rien reçu des 50 millions de francs Cfa que les Lions Indomptables ont remis aux familles de victimes de cette catastrophe après les quarts de finale remportés devant la Gambie.

La Nouvelle Expression

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