Devant la justice britannique, quatre anciens négociants pétroliers de Glencore ont nié, lundi 10 novembre, les accusations de corruption portées contre eux dans le cadre d’un vaste scandale impliquant plusieurs pays africains, dont le Cameroun, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.
Martin Wakefield, David Perez, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga, poursuivis pour complot et paiements illicites présumés entre 2007 et 2014, ont tous plaidé non coupable devant un tribunal londonien. Leur procès, prévu pour octobre 2027, pourrait durer jusqu’à six mois et s’annonce comme un moment clé pour comprendre les pratiques douteuses du géant suisse du négoce de matières premières.
Les accusations portées par le Serious Fraud Office (SFO) britannique sont lourdes : Glencore est soupçonnée d’avoir versé des pots-de-vin à des responsables publics africains pour obtenir des contrats pétroliers avantageux. Martin Wakefield fait face à trois chefs d’accusation couvrant le Cameroun, le Nigeria et la Côte d’Ivoire, tandis que David Perez en conteste deux, liés au Cameroun et à la Côte d’Ivoire.
Les deux hommes sont également poursuivis pour avoir falsifié des documents de facturation entre 2007 et 2011, afin de maquiller ces paiements sous couvert de “frais de service”. Deux autres cadres du groupe, Alex Beard et Andrew Gibson, inculpés en 2024, ont eux aussi indiqué leur intention de plaider non coupable.
Au Cameroun, les échos de cette affaire résonnent toujours dans le vide. Malgré l’implication directe du pays dans le dossier, aucune poursuite locale n’a encore été engagée. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) assure “suivre de très près” la procédure britannique et avoir saisi la justice camerounaise, mais sans résultat visible.
Cette inertie suscite de vives critiques parmi les observateurs et acteurs de la société civile, qui dénoncent un manque de volonté politique à affronter la corruption dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Cette affaire illustre une fois de plus le contraste entre la rigueur judiciaire des pays occidentaux et la lenteur (voire la complaisance) des institutions africaines face aux scandales financiers internationaux.
Alors que le Royaume-Uni s’apprête à juger d’anciens cadres de Glencore, le Cameroun, lui, reste prisonnier d’un silence embarrassant. Un mutisme d’autant plus dérangeant qu’il nourrit l’impression d’impunité au sommet de l’État et fragilise, un peu plus, la crédibilité du pays dans sa lutte contre la corruption.
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