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Cameroun : le MRC dénonce l’instrumentalisation tribale faite autour de l’affaire Dikolo

DÉCLARATION SUR LES ÉVICTIONS DE BALI / DIKOLO, LA COHABITATION ENTRE LES CITOYENS CAMEROUNAIS ET L’AVENIR DE L’INVESTISSEMENT NATIONAL ET ÉTRANGER AU CAMEROUN.

« Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) suit avec grand intérêt le sort des personnes expulsées de leurs maisons à Bali – Dikolo, Douala, le 14 mai 2022.

Il faut noter que cette situation est le résultat de la gourmandise habituelle de certains fonctionnaires remportée par la frénésie d’une monopolisation insatiable de la propriété publique et privée. En effet, ils ont préféré choisir ce site habité par des paisibles citoyens avec des titres fonciers disant inviolables, alors que le plateau de Joss, où l’Etat est censé avoir une réserve foncière et qui semble plus approprié pour un projet de ce la nature et l’échelle, sont partagées arrogamment entre les copains usurpateurs du pouvoir.

Avec tout le respect que je vous dois, le MRC estime que la méthode qui a conduit à la démolition spectaculaire des maisons est brutale et caractéristique du régime RDPC qui a pris le contrôle de notre pays. Dans une affaire aussi délicate, pourquoi le gouvernement a-t-il refusé de clarifier les choses afin de dissiper tous les malentendus avec toutes les parties, avant de procéder aux démolitions ?

Maintenant que les démolitions ont été faites et que certaines personnes estiment que leurs droits n’ont pas été respectés ou pleinement pris en compte, il est urgent que le gouvernement en place explique tout le processus qui a conduit à cette opération immobilière, maintenant un s ource de controverse qui pourrait nuire à la paix sociale et à l’investissement dans notre pays.

Dans une vidéo visible sur les réseaux sociaux, le promoteur du projet hôtelier prévu sur le site contesté affirme avoir travaillé en étroite collaboration avec les chefs traditionnels locaux, les autorités publiques locales, le gouvernement et la présidence de la République afin de prendre en compte les intérêts légitimes des personnes concernées et ont acquis le terrain en question pour 30 millions de dollars soit environ 18 milliards de francs CFA pour 2ha, 63 a, 30 ca.

Cependant, une liste de 63 personnes expropriées et indemnisées par un décret du 9 janvier 2020 du premier ministre, circulant actuellement sur les réseaux sociaux, montre que seulement 322. 597,019 francs CFA (trois cent vingt deux millions cinq cent quatre-vingt-dix sept mille neuf francs CFA) auraient été versés aux personnes expulsées.

Sur la base de ces deux informations en circulation, il apparaît que l’Etat aurait payé moins de 1,79% des 18 milliards de francs CFA qu’il aurait reçus de l’acquéreur du terrain. Sur la base de ce prix de vente de 18 milliards de francs CFA pour 2 ha, 63a, 30 ca, le prix au m2 serait d’environ 700 000 francs CFA.

Compte tenu de la disproportion entre le montant que l’État aurait reçu et le montant qui aurait été versé aux personnes expulsées, il est urgent que le gouvernement explique comment cette opération a été réalisée, ce qui place les gens en conflit avec un investisseur qui pourrait être de bonne foi.

Cette opération suggère que l’État, par l’intermédiaire de ses représentants, y compris à un très haut niveau, et les chefs traditionnels locaux ont accepté de dépouiller les personnes expulsées des terres contestées.

Le MRC croit que cette affaire qui a toute l’apparence d’un scandale est un coup sérieux pour l’investissement national et étranger au Cameroun. Il rappelle l’urgence de la réforme agraire (qui doit accompagner la réforme de l’État) présentée par son candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2018.

Le MRC dénonce l’instrumentalisation tribale faite autour de cette affaire purement foncière et économique.

Le MRC note, en l’occurrence, l’attitude d’attente des chefs traditionnels locaux, les mêmes qui, dans une sortie guerrière signée au nom dit des communautés sawa, se sont substitués aux autorités administratives compétentes o interdire les Marches Pacifiques du 22 septembre 2020, et publiquement et en toute impunité menacent de représailles contre les Marcheurs pacifiques qui ont demandé entre autre le respect des lois de notre pays par le régime CPDM.

Le MRC estime que pour préserver tous les intérêts des propriétaires légitimes des parcelles de terrain expropriées par l’Etat, ainsi que l’investissement des promoteurs du projet hôtelier, qu’ils soient nationaux ou étrangers, il est urgent ent qu’un commun et indépendant commission d’enquête composée de magistrats, parlementaires et personnalités de la société civile soit mise en place pour faire rapidement la lumière sur cette question. Cette commission devra être en charge, notamment :

– établir la régularité des procédures d’expropriation ;
– vérifier l’authenticité des titres fonciers ;
– identifier et authentifier les propriétaires légitimes des parcelles de terrain et les relier aux 63 noms de personnes inscrites sur le décret du premier ministre du 9 janvier 2020 ;
– vérifier la véracité des allégations faites par le promoteur du projet concernant les 30 millions de dollars, soit près de 18 milliards de francs CFA, qu’il a versés à l’Etat pour acquérir les 2 ha, 63 a, 30 ca ;
– expliquer, si son paiement est avéré, pourquoi seule une infime partie est allée aux propriétaires légitimes des parcelles contestées ;
– Et en cas de dysfonctionnement, de proposer les mesures à prendre pour réparer sans tarder les dégâts subis par les personnes spoliées.

Ce n’est qu’à ce prix que ce projet important pour le développement de notre pays et la création d’emplois peut être préservé, en même temps les intérêts légitimes de ses promoteurs ainsi que l’ensemble des populations camerounaises, et non o f une communauté ethnique ».

Fait à Yaoundé le 21 mai 2022
Le président national
Maurice Kamto

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