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Cameroun : la ville de Yaoundé rencontre des problèmes dans la gestion des ordures ménagères

Malgré les gros efforts consentis par le gouvernement, les communes, les Ong et entreprise de ramassage, la gestion des ordures reste un casse-tête dans nos villes.

On rencontre des bacs à ordures pleins au point où les populations n’ont pas de choix que de jeter les ordures par terre ou alors de brûler. Dans les marchés de la ville de Yaoundé, des tas d’immondices s’étalent à perte de vue. Des sachets plastiques de tous les gabarits et de toutes les couleurs, des morceaux de cartons, chaussures usées, vieux vêtements, déchets alimentaires, bouteilles sont visibles. Aucun endroit où le regard se pose sans voir des détritus. Il faut bien du courage aux éboueurs d’Hysacam, l’entreprise de collecte et de traitement des ordures, pour s’attaquer au nettoyage de cet espace commercial.

Armés de râteaux, pelles, fourches, balais, ils se mettent à l’ouvrage avec ardeur. « C’est comme ça ici à l’Avenue Kennedy tous les jours. On a beau nettoyer dans la nuit, en journée les commerçants et leurs clients se chargent de salir. Personne ne fait l’effort d’aller jusqu’au bac à ordures. On jette tout par terre », relève, dépité, un des éboueurs.

Depuis le retour des fortes pluies, les immondices font désormais partie du paysage. Terrains vagues, cours d’eaux, caniveaux, trottoirs, rues… les populations se servent de tout pour évacuer leurs déchets.

« La situation est très grave en saison des pluies parce que beaucoup ne font plus l’effort de pousser jusqu’au bac à ordures. Dès qu’il y a une averse un peu forte, on déverse tout dans le ruisseau d’à côté ou même dans les rigoles, avec les conséquences que vous constatez avec moi », se plaint un habitant du quartier Oyom-Abang dégageant les immondices que la pluie a charriées vers l’entrée de son domicile.

Selon des données internationales, chaque individu adulte produit environ 370 Kg de déchets par an. Nos modes de vie, d’alimentation et de consommation, facteurs contribuant à l’augmentation des emballages et donc des déchets, y sont pour beaucoup. Parallèlement, les capacités individuelles d’élimination et de stockage des déchets ne cessent de diminuer chaque année dans nos villes.

« A la campagne, le système est simple : chacun gère ses ordures dans sa concession sans gêner le voisin. Dès le bas âge, chaque villageois sait où se trouve le point de collecte et de destruction des déchets. En ville, ces valeurs-là sont ‘perdues. Personne ne se sent responsable de la propreté et de l’assainissement des espaces communs. C’est pour ça que vous pouvez voir des peaux de banane, plastiques et bouteilles jetées depuis une voiture, sans que personne ne s’en émeuve », dénonce un jeune étudiant de géographie dont le mémoire de fin d’étude porte sur la problématique de la gestion des ordures dans la ville de Bafang, Ouest-Cameroun.

Avec ses travaux, chacun des habitants de cette ville et bien au- delà devrait prendre conscience de l’impact de son geste quand il jette son emballage de bâton de manioc ou des peaux de mangue en dehors de la poubelle.

La communauté urbaine de Yaoundé a engagé une campagne de sensibilisation en affichant des banderoles qui invitent les populations à lutter contre l’insalubrité sous toutes ses formes. Mais cette sensibilisation reste insuffisante, les enfants étant les principales personnes ayant la charge de vider les poubelles ; ne serait-il pas nécessaire de mettre un accent particulier dans les programmes scolaires en faveur de la préservation de l’environnement afin d’amener les enfants/élèves à devenir des acteurs de premier rang ? Car ce sont les habitudes et comportements qu’il faut changer et ce dès le bas âge.

Echos Santé

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