Le ministère des Travaux publics a annoncé une hausse spectaculaire de 38,5 % du budget destiné à l’entretien des routes communales pour l’exercice 2026, portant l’enveloppe à 16,1 milliards de FCFA contre 11,6 milliards en 2025.
Cette décision, présentée lors des réunions préparatoires du budget à Yaoundé le 3 novembre dernier, traduit une volonté de redonner un second souffle à un réseau routier qui, bien qu’il représente 81 % du linéaire national, reste dans un état alarmant. À ce jour, moins d’un quart (24,2 %) de ces routes sont jugées en bon ou moyen état, selon les experts du ministère.
Derrière cette hausse budgétaire se cache pourtant une réalité plus nuancée. Si l’effort du gouvernement semble louable, il demeure très en deçà des besoins réels.
En 2025, le Fonds routier évaluait à 1 097 milliards de FCFA le montant nécessaire pour assurer l’entretien des quelque 39 000 km de routes communales et ouvrages d’art. En comparaison, les 100 milliards de FCFA mobilisés cette même année, provenant du budget d’investissements publics (BIP) et du Fonds routier, ne couvrent que moins de 10 % des besoins identifiés.
Cette disproportion criante entre les ambitions et les moyens interroge sur la stratégie globale d’entretien routier au Cameroun. Malgré les promesses budgétaires, les communes continuent de dépendre de financements insuffisants, souvent versés avec retard, limitant l’efficacité des programmes de maintenance. Les conséquences sont visibles : dégradation accélérée des voies, isolement de certaines localités et hausse du coût de transport des produits agricoles.
Face à cette situation, les observateurs appellent à une réforme structurelle du financement routier. Car sans une révision profonde des mécanismes de collecte et d’allocation des fonds, la hausse de 38,5 % annoncée risque de n’être qu’un geste symbolique. Le défi du Cameroun n’est plus seulement de mobiliser plus de ressources, mais surtout de les utiliser avec transparence et efficacité pour reconnecter durablement ses territoires.
- Gaz domestique : le Cameroun veut taxer les bouteilles importées à 12,5 % - 4 décembre 2025
- Marc Brys défie la FECAFOOT : « je suis toujours sélectionneur » - 4 décembre 2025
- Enlèvement du journaliste Blasius Nji : la presse anglophone se soulève à Bamenda - 4 décembre 2025







