À Maroua, capitale de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, le marché noir du carburant, connu localement sous le nom de « Zoua-Zoua », est devenu le théâtre d’une concurrence féroce et anarchique, le long des grands axes routiers et dans les quartiers populaires.
Les vendeurs affichent des prix griffonnés sur des panneaux ou des ardoises, allant de 600 francs CFA à seulement 450 francs le litre, bien en dessous des prix officiels à la pompe, alors même que le carburant provient des mêmes réseaux d’approvisionnement informels.
Cette volatilité des prix a exacerbé la méfiance des automobilistes et des motocyclistes, qui s’interrogent non seulement sur les fluctuations des tarifs, mais aussi sur la quantité et la qualité réelles du carburant vendu.
Nombreux sont ceux qui se plaignent de recevoir du carburant dans des bouteilles en plastique recyclées qui se déforment au soleil, faussant les mesures et pénalisant les acheteurs.
« Payer moins cher ne signifie pas avoir la même quantité ni la même qualité », constate un client régulier. « Il n’y a aucune norme ici. »
Ce commerce comporte des risques importants : mélanges frelatés, qualité incertaine et graves dangers mécaniques et de sécurité pour les véhicules et les usagers.
Pourtant, pour de nombreux habitants de Maroua, le zoua-zoua demeure une source essentielle – bien que précaire – de carburant abordable.
En l’absence de réglementation et de tarification stable, les consommateurs évoluent dans un marché chaotique où les guerres des prix et les mesures imprécises sont devenues la norme.
Les autorités locales n’ont pas encore pris de mesures efficaces pour encadrer ce secteur informel, devenu à la fois sensible et stratégique, laissant les usagers face à un dilemme : prix abordable ou sécurité, faute d’alternatives officielles.
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