La tension monte entre Samuel Eto’o et l’État camerounais, ravivant les souvenirs de la première convention Minjes-Fécafoot, mise en place par le président Iya Mohamed en 2000.
À cette époque, une convention avait été signée en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour éviter les conflits perpétuels entre la Fécafoot et l’État. Cette convention prévoyait une répartition claire des retombées financières liées à la participation des Lions Indomptables aux compétitions internationales et aux revenus générés par les droits de retransmission et le sponsoring.
Selon les termes de cette première convention, les recettes issues des compétitions internationales devaient être partagées ainsi : 55 % pour le Ministère des Sports et de l’Éducation Physique (Minsep) et 45 % pour la Fécafoot. Les revenus du sponsoring et des droits de retransmission étaient répartis entre les joueurs et encadreurs (25 %), la Fécafoot (60 %), le Trésor public (5 %) et les infrastructures (10 %). Cette transparence a permis au Cameroun de remporter la CAN 2000, les Jeux Olympiques et la CAN 2002.
En 2015, une nouvelle convention a été signée, incluant la possibilité pour l’État de mettre à disposition des encadreurs à la Fécafoot. Le Gouvernement devait continuer à financer les dépenses des sélections nationales, assurant ainsi la stabilité et la transparence des financements.
Cependant, depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la présidence de la Fécafoot, de nouvelles controverses ont émergé. Eto’o et son équipe insistent pour maintenir le technicien belge et son adjoint, en dépit des directives de l’État. Cela semble être lié au budget prévisionnel des matchs de qualification pour la Coupe du Monde 2026, où des montants astronomiques sont alloués, suscitant des interrogations sur de possibles détournements de fonds.
Des accusations de favoritisme et de malversations financières pèsent sur Eto’o. Une compagnie de location d’avions, supposément liée à Eto’o, rafle tous les contrats de voyage sans appel d’offres, facturant des montants exorbitants. Par exemple, le voyage aller-retour pour une délégation de 50 personnes à Luanda coûte 400 millions de FCFA, soit 8 millions de FCFA par personne. Les billets d’avion de joueurs sont facturés à des prix excessifs, comme les 12 millions de FCFA pour le voyage de Nouhou Tolo de Seattle à Yaoundé. Même les glaçons pour la cryogénie sont facturés à un million de FCFA.
Face à ces allégations, Eto’o semble déterminé à garder le contrôle des finances, malgré les critiques croissantes. La situation soulève des questions sur la transparence et l’intégrité de la gestion financière à la Fécafoot, et les supporters ainsi que les citoyens camerounais attendent des réponses claires.
Alors que le Cameroun s’apprête à affronter le Cap Vert et l’Angola dans les prochaines semaines, les enjeux financiers et la gestion des fonds publics restent au cœur des préoccupations. Les autorités devront prendre des mesures pour garantir la transparence et l’usage approprié des ressources destinées à soutenir les équipes nationales.
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