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Qui était Pierre Kamdem Ninyim, le plus jeune ministre Africain de l’histoire ?

Kamdem Ninyim, plus jeune ministre africain à seulement 23 ans, parlementaire, chef Baham, est un homme politique camerounais, condamné et exécuté à Bafoussam sur la place publique le 3 janvier 1963.

Enfance, éducation

Fils du chef traditionnel de Baham, Max Kamhoua, il est envoyé très jeune à Paris, au lycée Blaise-Pascal dans le XVIe arrondissement. Samuel Kamé, aussi étudiant en France et comme lui fils de Baham l’aurait longtemps parrainé. Il s’est peu à peu rapproché des milieux « progressistes » parisiens et, comme beaucoup des compatriotes de son âge, s’intéresse davantage au projet nationaliste qu’à celui des colons.

L’administration cherche à en faire le successeur de son père et l’agent docile de sa politique coloniale. Lorsque le chef traditionnel de Baham meurt, le 23 mai 1954, c’est Kamdem Ninyim qui est placé sur le trône. Il quitte Paris pour les cérémonies d’intronisation à Baham.

Louis-Paul Aujoulat veut en faire le nouveau chef Baham, chefferie au leadership contesté, et épicentre de la contestation nationaliste en pays Bamiléké.

Carrière

Pierre Kandem Ninyim a été Chef Baham en succédant à son père en 1954, Ministre de la santé publique et de la population à seulement 23 ans dans le premier gouvernement de Charles Assalé et député apparenté Front populaire pour l’unité et la paix (FPUP) qui fini par rejoindre les rangs de l’Union Camerounaise (UC) d’Ahmadou Ahidjo en 1961.
Politique

Dès son retour précipité de France, il ne cesse de se rapprocher des milieux nationalistes, d’accueillir au sein de son palais les réunions clandestines du mouvement nationaliste et d’encourager ses « sujets » à la désobéissance civile.
Très populaire en pays Bamiléké, il est bientôt rejoint par d’autres jeunes chefs traditionnels de la région tel le chef Marcel Feze de Badenkop et le chef Jean-Rameau Sokoudjou de Bamendjou, Kamdem Ninyim est un allié pour Soppo Priso.

Soupçonné d’avoir reçu la promesse de Moumié d’être ministre de la défense en cas de victoire et d’organiser un maquis à l’Ouest avec Paul Momo, un climat de méfiance s’installe entre lui et le régime.

Capture, destitution et exécution

Il est arrêté manu militari, le 24 novembre 1956, et inculpé pour entre autres motifs : possession d’armes, incitation à la désobéissance et « reconstitution de ligue dissoute » (l’UPC). Cette arrestation cause un montée des violences dans le maquis en pays Bamiléké. Trois pelotons de gardes camerounais sont envoyés à Baham pour effectuer cette arrestation.
Trois mois plus tard, le 23 février 1957, le jeune chef traditionnel est officiellement destitué par le pouvoir colonial au profit de son frère Jean Marie Téguia.

Kamdem Ninyim sera jugé au mois d’octobre 1963, condamné à mort, et fusillé le 3 janvier 1964 à Bafoussam sur la place publique.

PS : La Namibienne Emma Theofilus a également nommé à 23 ans en 2020 mais vice-ministre.

DJAFSIA TARA MAHMOUD
#Lobservateur

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