Bien que les résultats de la présidentielle camerounaise aient été officiellement proclamés le 27 octobre 2025, le débat est loin d’être clos.
Des investigations rendues publiques par le citoyen Daniel Essissima relancent les interrogations sur la fiabilité des chiffres, et plusieurs voix, dont celle de l’avocat et homme politique Christian Ntimbane Bomo, rappellent que le cadre légal permet encore de contester (ou du moins de rectifier) la décision du Conseil constitutionnel. À la clé : la possibilité d’un réexamen des résultats et, potentiellement, d’une nouvelle proclamation.
Au cœur de cette controverse, la notion de rectification d’erreur matérielle, prévue par les articles 16 et 17 de la loi du 21 avril 2004 organisant le Conseil constitutionnel. Ce mécanisme autorise tout candidat, ou toute personne ayant un intérêt légitime, à saisir l’institution pour corriger des erreurs de calcul susceptibles d’avoir influencé la décision finale.
La loi précise que cette démarche peut être introduite dans un délai d’un mois suivant la notification de la décision contestée et, surtout, que le Conseil constitutionnel peut également procéder à une rectification d’office s’il constate une anomalie manifeste. Ce recours n’est pas une voie d’appel, mais un levier technique pour corriger des chiffres erronés pouvant modifier l’issue du scrutin.
Christian Ntimbane Bomo va plus loin en invoquant un principe juridique fondamental : « la fraude corrompt tout ». Si les chiffres ayant servi à proclamer les résultats du 12 octobre sont entachés de falsification ou d’incohérences graves, estime-t-il, le Conseil constitutionnel pourrait s’affranchir de l’irrévocabilité habituelle de ses décisions.
Cette lecture ouvre la voie à un réexamen exceptionnel, justifié par la préservation de la transparence électorale et de la stabilité nationale. D’autant que des discordances notables seraient déjà documentées, notamment un écart d’environ 70 000 électeurs entre les chiffres publiés par Elecam avant le vote et ceux annoncés par le Conseil constitutionnel.
Pour ses partisans, cette démarche vise à restaurer la confiance dans le processus électoral et à clarifier une séquence qui continue de diviser l’opinion. Si des erreurs matérielles sont établies et corrigées, le Conseil constitutionnel serait tenu de proclamer de nouveaux résultats, conformément à l’article 6 de la Constitution.
Cela pourrait conduire à une nouvelle investiture, puisque la loi n’accorde pas un caractère irrévocable au serment déjà prêté par Paul Biya le 6 novembre 2025. Reste désormais à savoir si les candidats ou les partis politiques oseront saisir une nouvelle fois l’institution, dans un climat politique où chaque décision pourrait peser lourd sur la suite du processus démocratique.
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