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Paul Biya propose un nouveau plan de relance à Alucam en faillite

Le Président camerounais Paul Biya a récemment signé un décret autorisant le Ministre de l’Economie à obtenir un prêt de 15 millions de dollars (CFA9,2 milliards) de l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC). Le prêt est en cours avec ce membre de la Banque islamique de développement (IsDB) depuis 2021 pour financer des acquisitions de matières premières pour le producteur d’acier public Alucam.

Cette mesure est un autre plan de sauvetage pour sortir le seul producteur d’acier de la région de Cemac de la faillite. La période sombre pour Alucam a commencé en 2014 lorsque la société canadienne Rio Tinto, qui contrôlait 46,7 % des actifs de la société, a annoncé son retrait. La situation a directement affecté les filiales d’Alucam Socatral (tôlerie) et Alubassa (ustensiles de cuisine).

En 2015, les actifs de Rio Tinto ont été transférés à l’État du Cameroun, qui cherche depuis un partenaire sans succès. Cela signifie que 8 ans après le lancement d’un appel à investisseurs, aucun partenaire stratégique ne semble s’intéresser à la société d’aluminium.

Baisse des exportations

En 2017, Alucam a connu une légère amélioration de ses activités, avec un bénéfice net de CFA2,2 milliards. Mais cette bonne dynamique a tourné court en janvier 2018 quand une soudaine perturbation énergétique a affaibli tous les réservoirs de la société, ralentissant les activités.

En conséquence, le chiffre d’affaires d’Alucam est passé de CFA123,4 milliards en 2017 à CFA99,2 milliards en 2018. Le résultat net est sorti avec un déficit de CFA10,8 milliards cette année-là et la société est même devenue l’un des clients les plus insolvables de la compagnie d’électricité Eneo.

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En juillet 2020, par exemple, lors d’une consultation avec les parties prenantes de l’industrie métallurgique à Yaoundé, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a annoncé une décision d’ouvrir temporairement le marché de la tôle pour combler le déficit, en raison du déclin de la production de Socatral, Filiale en tôle d’Alucam. « En raison de l’incident Alucam/Socatral, il y a actuellement un écart entre l’offre et la demande. Nous ouvrirons temporairement le marché », a expliqué le responsable.

Afin de remettre les choses sur les rails, le gouvernement a finalisé, le 4 décembre 2020, le projet d’absorption de Socatral par Alucam. La fusion-absorption a été ratifiée en 2021 et a conduit au transfert de tous les actifs et passifs de Socatral (CFA33,6 milliards) à Alucam (CFA15,9 milliards). Le capital de ce dernier a également été augmenté de plus de CFA2 milliards. Cependant, ce mouvement n’a pas été suffisant pour sortir Alucam de la zone de turbulence. L’Institut national de la statistique (INS) a indiqué que les exportations d’aluminium au Cameroun ont chuté de 34,7 % au premier semestre 2021, malgré la fusion-absorption susmentionnée.

Alucam fait face à des risques de dissolution

L’Etat du Cameroun négocie depuis 2022 avec un pool de trois banques européennes (le Fonds international de conservation tropicale (ITCF), le groupe financier franco-allemand BHF, et la banque d’investissement BPI) pour reconstruire les fonds propres d’Alucam, qui est passé de 5,9 milliards en 2019 à -8,3 milliards en 2020, en baisse de 240,8 %. Depuis cette date, les capitaux propres de la société sont inférieurs à la moitié de son capital de CFA 21 milliard.

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« La performance financière d’Alucam au cours de l’exercice 2020 a conduit la société à la faillite, malgré la fusion avec Socatral. Pour éviter les risques de dissolution, une reconstitution des fonds propres est nécessaire », a déclaré la Commission technique pour la réhabilitation des entreprises publiques et para-publiques (CTR) dans son rapport 2020. En effet, compte tenu de la situation, et en vertu de l’article 665 de l’Acte uniforme de l’Ohada sur le droit des sociétés commerciales et des groupements d’intérêt économique, l’État camerounais avait jusqu’en 2022 pour recapitaliser Alucam et porter ses fonds propres à au moins la moitié de son capital social (environ 10,5 milliards de FCFA). Selon l’article 667 du même acte, au-delà de ce délai, « toute partie intéressée peut intenter une action en justice pour demander la dissolution de la société ».

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