Le ministre des Mines affirme que les réserves d’or s’élèvent à 1 500 kg, tandis que le Conseil mondial de l’or en recense zéro. Le gouvernement camerounais indique avoir mis en place des mesures pour lutter contre la contrebande d’or.
À la suite d’une réunion avec la compagnie minière nationale, les opérateurs du secteur minier et les titulaires de permis d’exploitation artisanale semi-mécanisée, le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry, a annoncé qu’à compter du 20 février, le gouvernement procédera au retrait et à la fermeture des sites appartenant à tous les titulaires de permis semi-mécanisés non conformes.
Cette action est conforme à l’article 168(2) de la loi n° 2023/014 du 19 décembre 2023 relative au Code minier.
Selon le ministre, les mineurs artisanaux autorisés doivent opérer dans le cadre d’un système en circuit fermé ou présenter un accord de partenariat avec un opérateur disposant d’un tel système et le soumettre à son approbation.
Contrebande d’or
Avant la mise en œuvre de ces mesures, le ministère faisait l’objet d’un examen minutieux concernant ses exportations d’or.
Un rapport de 2023 soumis à l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE) a révélé que les autorités douanières camerounaises avaient déclaré 22,3 kg d’or, tandis que les statistiques internationales indiquaient que 15,2 tonnes d’or déclarées comme provenant du Cameroun avaient été exportées vers les Émirats arabes unis.
Face à cet écart, le ministère des Mines a précisé qu’il n’était responsable que de la définition et de la mise en œuvre de la politique minière. La Société nationale des mines (SONAMINES) est chargée de la gestion et du contrôle de la production d’or et détient les droits exclusifs de sa commercialisation.
« Par ailleurs, la production d’or au Cameroun provient principalement de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée. Comme c’est souvent le cas dans d’autres pays africains, ces activités artisanales sont fréquemment menées sans étude de faisabilité préalable, ce qui empêche l’État de prévoir la production avec précision », a déclaré le ministre.
« La SONAMINES perçoit la taxe minière consolidée (en nature) et les droits d’exportation pour le compte de l’État, sur la base de déclarations dont l’exactitude et la transparence sont douteuses. De plus, bien qu’elle dispose de droits exclusifs sur la commercialisation de l’or, la SONAMINES ne possède actuellement pas les ressources financières et technologiques nécessaires pour acheter la totalité de l’or produit par les opérateurs privés ni pour contrôler efficacement la production », a-t-il ajouté.
Selon Fuh Calistus, ces écarts proviennent des difficultés rencontrées pour surveiller les frontières terrestres poreuses, largement utilisées par les opérateurs. Il a souligné que ces frontières sont également empruntées par des opérateurs des pays voisins pour transporter de l’or vers les Émirats arabes unis, ce qui aggrave encore les problèmes.
Cette situation a motivé la récente réunion et les mesures mises en place pour lutter contre la contrebande. Selon Me Akere Muna, ce manque de transparence coûte des milliards de francs CFA à l’État camerounais.
1 500 kg en réserve
Le ministre a également indiqué que les mesures prises ces dernières années ont permis d’accroître les réserves d’or du Cameroun, qui sont passées de 37 kg à 1 500 kg. Cependant, le Conseil mondial de l’or indique que le Cameroun ne possède aucune réserve d’or.
Le volume des réserves est enregistré comme étant nul, un chiffre qui contredit les statistiques fournies par le ministre Fuh Calistus.







