L’homme politique Joseph Espoir Biyong s’inquiète du coût des contentieux opposant l’État camerounais à plusieurs entreprises étrangères et dénonce une gouvernance qu’il juge responsable de lourdes conséquences financières pour le pays.
Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, il affirme que le Cameroun doit faire face à plus de 446 milliards de francs CFA liés à trois affaires concernant les secteurs pétrolier, minier et des infrastructures.
Joseph Espoir Biyong cite notamment 42,8 milliards de francs CFA réclamés par Sahara Energy pour des livraisons de pétrole à la Société nationale de raffinage (SONARA) entre 2013 et 2016, 51 milliards attribués au groupe italien Piccini dans le contentieux relatif au complexe sportif d’Olembé, ainsi que 353 milliards concernant le différend avec la société australienne Sundance autour du projet minier de Mbalam.
S’appuyant sur ces dossiers, il estime que ces contentieux révèlent, selon lui, un problème plus profond dans la gestion des engagements de l’État.
Lire la tribune de Joseph Espoir Biyong :
« LA DÉCENCE DE L’ÉTAT EST LE SOCLE DE LA MORALE PUBLIQUE.
Aujourd’hui, nous apprenons que notre pays est condamné à payer plus de 446 milliards de FCFA.
– 42,8 milliards à la société Sahara Energy pour du pétrole livré à la SONARA entre 2013 et 2016 et jamais payé.
– 51 milliards au groupe italien Piccini pour expropriation illégale et rupture abusive du contrat du Stade d’Olembé.
– 353 milliards à l’entreprise australienne Sundance pour le fiasco du projet minier de Mbalam.
Pétrole, mines, BTP… trois secteurs différents, trois continents différents, mais un seul et même verdict: l’État du Cameroun ne respecte pas ses engagements.
Mince, comment en sommes-nous arrivés là ?
Ce n’est pas de la malchance. C’est le résultat d’une gouvernance par l’incompétence, le mépris et l’impunité.
Quand un simple retard de paiement fait exploser une facture à cause des intérêts et des pertes de change, ce n’est plus une erreur, c’est une faute. Une faute qui coûte des écoles, des hôpitaux et des routes à nous-mêmes et à nos enfants.
Et pendant ce temps, que fait le régime ? Silence radio.
Aucune explication, aucune conférence de presse jusqu’à date. Aucun responsable sanctionné. Aucune leçon tirée. On demande simplement au Ministère des Finances, donc au contribuable, de payer l’addition.
Quand un État est systématiquement condamné par tous les tribunaux internationaux pour abus de pouvoir, non-respect de ses engagements et non-paiement de ses dettes, ce n’est plus un État de droit, c’est la preuve d’un État voyou qui agit en marge des lois et des traités internationaux.
Un État qui viole ses contrats ne peut pas attirer les investisseurs. Un État qui se fait condamner partout détruit la crédibilité et l’image de tout un peuple.
Il ne s’agit pas de 3 affaires isolées. Il s’agit d’un système.
Le système de l’approximation. Le système où on confie les dossiers pétroliers à des gens qui ne comprennent rien à la finance pétrolière. Le système où on résilie des contrats de milliards sans en mesurer les conséquences.
46% de dette sur le PIB, un programme avec le FMI, et aujourd’hui on ajoute 446 milliards de pénalités à payer. Qui va payer ? C’est vous. C’est nous.
Le patriotisme aujourd’hui, ce n’est pas de se taire pour protéger l’image du pays. Le patriotisme, c’est de dire la vérité pour sauver le pays.
Nous avons besoin de reconstruire un État décent. Un État qui honore sa parole. Un État où la compétence remplace le copinage et les réseaux. Un État où chaque franc dépensé est tracé.
Un autre Cameroun est possible. Un Cameroun qui respecte ses engagements, qui respecte son peuple et qui se fait respecter dans le monde.
Et ce Cameroun-là, nous devons le construire ensemble ».

