Le journaliste sportif Antonio Ateba a vivement critiqué les internationaux camerounais Michael Ngadeu, Christian Bassogog et Nicolas Moumi Ngamaleu, leur reprochant leurs prises de parole sur TikTok dans le contexte des tensions ayant opposé des acteurs du football camerounais.
Dans une tribune intitulée « La fin de l’illusion : quand le TikTok remplace le terrain », il dénonce une gestion publique de la crise qu’il juge préjudiciable à la cohésion de la sélection nationale.
Au cœur de cette controverse figure une lettre rendue publique à la veille d’un match important des Lions indomptables. Selon Antonio Ateba, ce texte, lu à minuit, aurait perturbé la préparation de l’équipe et soulevé des interrogations sur les conditions de sa rédaction.
Le journaliste met notamment en cause les joueurs qui ont pris part à des directs sur TikTok pour s’expliquer sur cet épisode. Il affirme que Michael Ngadeu, Christian Bassogog et Nicolas Moumi Ngamaleu auraient déclaré ne pas connaître l’auteur de la lettre. Une version des faits qui, selon lui, soulève des questions sur leur responsabilité dans cette affaire.
Lire la tribune de Antonio Ateba :
LA FIN DE L’ILLUSION : QUAND LE TIKTOK REMPLACE LE TERRAIN
La manipulation a un prix. Et il se paie cash, en carrière brisée et en sélection perdue. Que ceux qui ont cru jouer aux stratèges entre le Ministère des Sports et la Fédération Camerounaise de Football ouvrent enfin les yeux. Le calme est revenu, les institutions travaillent, le football reprend ses droits. Les seuls perdants, ce sont eux. Ces joueurs qui, à visage découvert, ont choisi de défier leur propre fédération, encouragés par une poignée de journalistes dont le fonds de commerce est la division et le chaos.
On se souvient de cette scène ubuesque. Une lettre lue à minuit, à la veille d’un match d’une importance capitale pour la Nation. Une lettre au français châtié, trop bien léché pour sortir de la plume d’un footballeur en activité, trahissant une matière grise extérieure au vestiaire.
Des joueurs instrumentalisés, poussés à lire un texte qu’ils n’ont pas écrit, pour servir des intérêts qui les dépassent.
Et aujourd’hui, quel spectacle affligeant. Les mêmes qui hier sabotaient la concentration d’un groupe à la veille d’une bataille, se retrouvent en live TikTok de 20 heures à minuit pour se dédouaner. On a écouté Ngadeu, Bassogog, Ngamaleu. Avec une légèreté déconcertante, ils jurent ne pas savoir qui a écrit cette fameuse lettre. Quelle irresponsabilité. Quelle immaturité. On lit un communiqué incendiaire qui engage toute une sélection à minuit, et le lendemain on prétend ne pas en connaître l’auteur. Le football camerounais mérite mieux que cette comédie de boulevard.
Dans ces mêmes directs, on perçoit la manœuvre. Tous les regards, toutes les insinuations convergent pour faire d’André Onana l’accusé idéal, le bouc émissaire de cette nuit de la honte. La ficelle est grosse. Elle insulte l’intelligence du public.
Et le plus grotesque reste cette volonté affichée de revenir en sélection nationale. Comment ? Par quelle magie ? Au moment où le coach Pagou s’attelle à bâtir patiemment une équipe disciplinée, soudée, humainement propre, avec des joueurs qui respectent le maillot, vous pensez pouvoir revenir comme si de rien n’était ? La réponse est non. Catégoriquement non.
Votre retour serait le retour du désordre. Le retour de la désobéissance, des sorties nocturnes en plein stage, des visites d’amis du quartier et de journalistes dans les chambres d’hôtel quand le corps doit se reposer. Vous avez montré votre indiscipline, vous avez montré que l’intérêt du groupe passe après vos petits calculs.
Il fut un temps où le footballeur camerounais inspirait le respect. La génération 1998 à 2010, avec ses titres et son prestige, ne se serait jamais abaissée à faire un live TikTok pour laver son linge sale devant des influenceurs. On les voyait sur les plateaux de Canal Plus, de TF1, des grandes chaînes, pour parler football, pour conseiller la jeunesse. Aujourd’hui, une génération qui n’a rien apporté au Cameroun, aucun trophée majeur, aucune épopée mémorable, a transformé TikTok en sa télévision officielle. Des footballeurs devenus TikTokeurs à plein temps, non pas pour éduquer leurs cadets sur l’exigence du haut niveau, sur la discipline du métier, mais pour distiller des mensonges en panels interminables.
C’est là toute la différence entre les grands et les petits. Les grands parlent sur le terrain. Les petits s’expliquent sur TikTok. Le peuple camerounais n’attend pas vos explications nocturnes. Il attend des joueurs disciplinés, respectueux, qui mouillent le maillot. Tant que vous n’aurez pas compris cela, la porte de la sélection restera fermée. Et ce sera justice.
Antonio Ateba journaliste sportif

